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out d’abord, rap­pe­lons­nous que si la prise et le trai­te­ment des basses élec­triques peuvent s’ap­puyer sur quelques-uns des prin­cipes que nous avions évo­qués avec les gui­tares am­pli­fiées, la contre­basse, elle, se dé­marque to­ta­le­ment de cette fa­mille d’ins­tru­ments puis­qu’elle est is­sue du monde clas­sique et qu’elle a été conçue sur la base d’une dif­fu­sion acous­tique et, qui plus est, pour être es­sen­tiel­le­ment jouée à l’ar­chet ! Nous re­vien­drons en pro­fon­deur sur cette uti­li­sa­tion plus clas­sique lorsque nous abor­de­rons la prise de son des cordes. Au­jourd’hui, concen­trons-nous sur son usage un peu dé­tour­né dans le jazz et la mu­sique acous­tique, en piz­zi­ca­to (cordes pin­cées).

Il faut sa­voir que si his­to­ri­que­ment la contre­basse (fi­gure 1) est la toute pre­mière à être uti­li­sée pour jouer la ligne de basse dans une for­ma­tion mo­derne (sans ou­blier tout de même le tu­ba et l’hé­li­con dans les or­chestres de rue), a prio­ri, elle n’est pas tout à fait adap­tée à cette fonc­tion du fait de son ren­de­ment très faible. Dif­fi­cile pour elle de lut­ter avec une bat­te­rie et c’est sou­vent dans des contextes as­sez nuan­cés qu’elle trou­ve­ra fi­na­le­ment sa place ! Par ailleurs, elle com­porte quelques par­ti­cu­la­ri­tés qui la si­tuent à la fron­tière des basses et des ins­tru­ments de per­cus­sion. L’en­ve­loppe qui est pro­duite par l’en­semble « cordes pin­cées + caisse de ré­so­nance » ne res­semble à au­cune autre et c’est elle qui as­sure l’iden­ti­té unique de cet ins­tru­ment dans les si­tua­tions où on le pré­fère. Po­sez la ques­tion à un jazz­man, il vous ré­pon­dra im­man­qua­ble­ment que la « grand-mère » (nom af­fec­tueux qu’on lui donne sou­vent !) reste ir­rem­pla­çable dans un trio ou un quin­tet de jazz acous­tique. Du fait même du rôle pré­do­mi­nant de la caisse de ré­so­nance et de la table d’har­mo­nie, son am­pli­fi­ca­tion obli­ga­toire est sou­vent dé­li­cate et ne rend pas tou­jours hom­mage à la lu­the­rie de l’ins­tru­ment.

Cel­lule ou mi­cro ?

L’in­dis­pen­sable pick-up pié­zo­élec­trique, ou cel­lule, qui l’ac­com­pagne est sou­vent di­rec­te­ment mon­té sur le che­va­let de

l’ins­tru­ment, et il reste par dé­fi­ni­tion un sys­tème im­par­fait et qua­si in­com­pa­tible avec une uti­li­sa­tion de l’ar­chet, même oc­ca­sion­nelle ! Si l’uti­li­té de la cel­lule sur scène est in­dis­cu­table puisque sa trans­mis­sion so­li­dienne n’est pas sen­sible au lar­sen, ses qua­li­tés de­meurent li­mi­tées du fait même de sa concep­tion (fi­gure 2). Il pro­duit na­tu­rel­le­ment un son as­sez poin­tu et il faut sou­vent le tra­vailler de ma­nière ap­puyée pour ré­ta­blir un équi­libre spec­tral plus va­lo­ri­sant.

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