The Ins­pec­tor Clu­zo ru­ral at­ti­tude !

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De­puis 2008 le duo gas­con The Ins­pec­tor Clu­zo nous livre un blues rock éner­gique et sans conces­sions. Leur cin­quième al­bum ne dé­roge pas à la règle et com­prend en prime un do­cu­men­taire en DVD sur le groupe. To­ta­le­ment aty­piques dans le mi­lieu mu­si­cal, Laurent La­crouts (chant, gui­tare) et Ma­thieu Jour­dain (bat­te­rie), outre leur propre la­bel, dis­posent d’une ex­ploi­ta­tion de 200 oies… Entre deux ga­vages, nous leur avons po­sé quelques ques­tions…

Quelle est l’his­toire d’Ins­pec­tor Clu­zo ?

The Ins­pec­tor Clu­zo : Dans notre an­cien groupe (NdlR : Wol­fun­kind) où on était quatre, lorsque le groupe s’est ar­rê­té au dé­part du chan­teur, on a dé­ci­dé de conti­nuer à faire de la mu­sique. Ain­si est né le groupe The Ins­pec­tor Clu­zo en 2008, mais sans le bas­siste car on en avait dé­jà chan­gé quatre fois et on se re­trou­vait tou­jours à faire le « spar­ring part­ners » pour les for­mer. Du coup, on s’est aper­çu que notre jeu s’était res­ser­ré et qu’il n’y avait plus la place pour un bas­siste. Pour les concerts, on en est à 858 dates en huit ans dans 44 pays ! Com­ment s’est réa­li­sée la pro­duc­tion de l’al­bum Rock­far­mers ?

On a ache­té une vieille MCI-So­ny de 79 qu’on a dans notre la­bel-stu­dio-ferme, au mi­lieu des oi­sons qui gran­dissent, des conserves de notre ferme « Lou Casse », des tee-shirts et des bu­reaux du la­bel « Fuck The Bass Player Re­cords » qui gère notre car­rière au quo­ti­dien (nous + deux per­sonnes en gros). C’est à l’an­cienne. Le stu­dio est dans le la­bel comme à la Stax… On se sert des ar­moires où sont pla­cées les conserves de la ferme (que l’on vend au mar­ché) pour at­té­nuer le son et des stocks d’al­bums du la­bel. On a peu de ma­tos mais ce ne sont que des trucs vin­tage ou à lampe. Pour la gratte, c’est un seul mi­cro et

pré­amp à lampe Tube-Tech. Pour la bat­te­rie, on prend des mi­cros à ru­ban Au­dio-Tech­ni­ca qui nous ont été don­nés au Ja­pon ; on tra­vaille à l’amé­ri­caine, soit à la prise. Si on veut une prise jazz, on met deux mi­cros, voire un si on veut un truc rock 70’s. On en met trois si on veut plus « close mi­cking ». Par­fois on en met cinq, mais c’est rare car la mu­sique a be­soin de res­pi­rer pour avoir des har­mo­niques. On se laisse en fait gui­der par nos oreilles pour pla­cer les mi­cros. On tra­vaille avec notre so­no­ri­sa­teur live, car on se connaît bien et on se marre bien. On aime bien aus­si mettre des mi­cros dans les toi­lettes pour avoir des ré­verbs na­tu­relles, etc. Bref, du bou­lot à l’an­cienne… On joue live deux/trois prises et on choi­sit. On ne cor­rige rien sur l’or­di­na­teur. On s’en sert juste comme ma­gné­to, car on ne veut pas avoir de bandes ; trop com­pli­qué pour la syn­cro. On pense en huit pistes, et on se donne huit pistes pour construire la chan­son, ce qui nous force à avoir des ar­ran­ge­ments har­mo­niques et des com­pos bé­ton. Tout est pen­sé à la source. Le mixage a été fait par Vance Po­well (Ra­con­teurs, Sea­sick Steve, Jack White) à Na­sh­ville, sur bandes (il a trans­fé­ré) et tout est fait en ana­lo­gique. Au­cune ré­verb de l’al­bum n’est un plug, ce ne sont que des tape échos ou springs. Lui-même d’ailleurs ré­duit les pistes. C’est le prin­cipe du vrai ana­logue. Mais pour ce­la il faut peu de sources, et il faut que ce soit dé­jà co­lo­ré et écrit à la source. On joue en­semble de­puis 21 ans et on re­pousse sans cesse les li­mites de notre ryth­mique. Un son et une ryth­mique or­ga­nique maî­tri­sée, faut que ça bouge mais que ce soit vou­lu pour que ça serve la chan­son. Bref, l’in­verse du me­tal ou de l’élec­tro et leurs cô­tés cli­niques même s’il y a de bons trucs dans cha­cun… Thier­ry De­mou­gin

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