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Peux‐tu nous ré­su­mer ton par­cours mu­si­cal ?

Ro­bert Glas­per : J’ai com­men­cé avec ma mère, qui était une chan­teuse de gos­pel et de blues, je l’ai sou­vent ac­com­pa­gnée à l’église vers l’âge de 12 ans et dans les clubs de Hous­ton au Texas. Plus tard, j’ai étu­dié au dé­par­te­ment de jazz de The New School à New York où j’ai ren­con­tré le chan­teur soul Bi­lal qui m’a ame­né à col­la­bo­rer avec des ar­tistes comme Ka­nye West ou Me­shell Nde­geo­cel­lo. Quel est ton set sur scène et ton ma­tos « per­so » à la mai­son ?

Mon set forme un angle droit avec en face de moi un Ya­ma­ha Mo­tif ES8 et un Rhodes sur le cô­té, au-des­sus du­quel il y a éga­le­ment un Mo­tif ES7. À la mai­son j’ai très peu de cla­viers en plus, juste un pia­no acous­tique Stein­way et un Mi­ni­moog d’époque que j’uti­lise es­sen­tiel­le­ment pour l’en­re­gis­tre­ment des al­bums. En in­for­ma­tique mu­si­cale, je tra­vaille sur Lo­gic avec Me­lo­dyne, mais je n’uti­lise pas de com­pu­ter sur scène. Quels titres vas‐tu jouer ce soir ?

Mon der­nier al­bum Co­ve­red, comme son nom l’in­dique, est ba­sé sur des re­prises en trio jazz dans une for­mule pu­re­ment acous­tique où nous ar­ran­geons des tubes de Ra­dio­head, Jo­ni Mit­chell, John Le­gend, Har­ry Be­la­fonte ou Ken­drick La­mar. Ce soir avec Ro­bert Glas­per Ex­pe­riment, je vais jouer plu­tôt les titres de l’al­bum pré­cé­dent, Black Ra­dio 2, sor­ti en 2013 chez Blue Note. Où as‐tu connu les mu­si­ciens d’Ex­pe­riment ?

Il y a le chan­teur Ca­sey Ben­ja­min qui uti­lise le timbre mé­tal­lique du vo­co­deur et joue aus­si du sax, ain­si que le bat­teur Mark Co­len­burg. Je les ai connus tous les deux à la fac de New York. Der­rick Hodge, que j’ai sur­nom­mé « l’ange de la basse », était un si­de­man pour de nom­breux ar­tistes soul et hip hop de la scène new-yor­kaise. Trouves‐tu le pu­blic fran­çais ré­cep­tif à ta mu­sique ?

Tout à fait ! Dans le cadre d’un fes­ti­val, c’est évi­dem­ment as­sez dif­fé­rent d’un concert où les gens payent leur ti­cket pour voir mon propre show, mais ils sont en gé­né­ral très ré­cep­tifs. Moins que les Amé­ri­cains bien sûr, ou même que les An­glais qui com­prennent mon hu­mour ! Je fré­quente Pa­ris de­puis le dé­but des an­nées 2000 et je suis ve­nu très sou­vent en France, no­tam­ment faire des jams au Sun­set. Y a‐t‐il une dif­fé­rence au­jourd’hui entre faire de la mu­sique aux US ou en Eu­rope ?

Tout le monde tra­vaille avec des ma­chines ac­tuel­le­ment, ça n’a pas vrai­ment d’im­por­tance que tu tournes en Eu­rope, en Asie ou aux États-Unis.

Il existe aus­si un fort cou­rant de world mu­sic qui par­court la pla­nète, mais le vé­ri­table pro­blème est la dif­fi­cul­té à pro­po­ser de la vraie mu­sique live, car l’or­di­na­teur et les MPC ont ren­du le pu­blic dé­pen­dant. Ve­nant du jazz, on a fait tous nos en­re­gis­tre­ments en di­rect, sans uti­li­ser de loops, et on a quand même réus­si à être n°2 dans les charts juste der­rière Jus­tin Tim­ber­lake ! Quelle est la ca­rac­té­ris­tique de Black Ra­dio 2 que tu in­ter­prètes ce soir ?

Par rap­port au pre­mier Black Ra­dio avec le­quel on a ob­te­nu le Gram­my, l’al­bum est plus orien­té soul / hip hop / R’n’B que jazz, bien qu’on ait conser­vé quelques am­biances comme sur les titres avec No­rah Jones et Eric Ro­ber­son où Ca­sey fait son so­lo de sax. Mal­gré la di­ver­si­té des fea­tu­rings, ce n’est pas un al­bum de « guests », car j’ai écrit la ma­jo­ri­té des pa­roles et aus­si com­po­sé plus de titres ori­gi­naux que sur le pre­mier créé à par­tir de « boeufs » sur des re­prises. On a aus­si vou­lu réa­li­ser les mor­ceaux avec un seul groupe dans la ma­jo­ri­té des prises. Il y a une co­hé­rence et un fil conduc­teur, jus­qu’à en­re­gis­trer dans le même stu­dio où Mi­chael Jack­son a réa­li­sé Off The Wall, qui reste à mes yeux son al­bum le plus ho­mo­gène. Com­ment as‐tu réus­si à adap­ter les titres à la scène sans tous les in­ter­prètes ?

Il y a des chan­sons dif­fi­ciles à adap­ter comme « Calls » avec Jill Scott au chant qu’on évite parce que ça ne son­ne­rait pas au vo­co­deur et quelques autres qui ont dû être re­tra­vaillées spé­cia­le­ment, comme « Lo­ve­ly Day » ou « I Stand Alone ». Fran­çois Bou­che­ry

Ca­sey Ben­ja­min.

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