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ue ce soit pour les ins­tru­ments ou les ou­tils des tech­niques du son, les tech­no­lo­gies nu­mé­riques nous pro­posent des « si­mu­la­tions » de plus en plus convain­cantes. Pour­tant, il reste tou­jours « des ir­ré­duc­tibles » pour qui les ins­tru­ments ana­lo­giques ne pour­ront ja­mais être rem­pla­cés. Est-ce en­core vrai­ment rai­son­nable ?

Jouer l’ex­cep­tion…

L’in­dus­tria­li­sa­tion de la fac­ture ins­tru­men­tale élec­trique et élec­tro­nique du mi­lieu des an­nées 70 sui­vie par l’ar­ri­vée de l’in­for­ma­tique mu­si­cale au­rait pu avoir rai­son des pre­miers ins­tru­ments élec­triques conçus de ma­nière sou­vent qua­si ar­ti­sa­nale dans les an­nées 60… L’ar­ri­vée du tran­sis­tor et en­suite la nu­mé­ri­sa­tion ont ren­du fiables et bien plus lé­gers des ins­tru­ments qui, sou­vent, ne l’étaient pas, en même temps qu’ils sup­pri­maient les « fra­gi­li­tés » fonc­tion­nelles dont nombre d’entre eux étaient cou­tu­miers… Mais n’est-ce pas cette « fra­gi­li­té » qui fait leur po­pu­la­ri­té et leur cote tou­jours ac­tuelle, ajou­tée à la sen­sa­tion de jouer un ins­tru­ment for­cé­ment unique ?

La mé­moire ou l’ou­bli ?

Cette dé­marche de re­cherche d’un ins­tru­ment vin­tage ne trouve, cu­rieu­se­ment, pas son « pen­dant » pour la ma­jo­ri­té des ins­tru­ments clas­siques. Sans doute parce que le temps a fait aus­si da­van­tage son oeuvre dans leur per­fec­tion­ne­ment : le pia­no-forte fut as­su­ré­ment une ré­vo­lu­tion mu­si­cale in­dis­cu­table par rap­port au cla­ve­cin, mais si l’on ex­cepte les res­ti­tu­tions sur ins­tru­ments d’époque, il n’y au­ra pro­ba­ble­ment pas beau­coup de mu­si­ciens pour le re­gret­ter au­jourd’hui face à un grand pia­no de concert mo­derne ! De là à consi­dé­rer que les ins­tru­ments élec­triques ont at­teint « la per­fec­tion » dès leur lan­ce­ment, il n’y a qu’un pas que… nous ne fran­chi­rons pas ! Mais sans doute les ins­tru­ments « in­dignes » de pas­ser à la pos­té­ri­té sont-ils dé­jà ou­bliés, la fuite en avant du com­merce de l’ins­tru­ment com­men­cée dans les an­nées 60 ayant été im­pi­toyable pour tous ceux qui n’ont pas eu l’heur de plaire de ma­nière in­con­di­tion­nelle…

Un vé­ri­table an­cêtre

L’uti­li­sa­tion dans un ré­per­toire « sa­vant » d’un ins­tru­ment pour res­ti­tuer l’oeuvre à l’iden­tique est une obli­ga­tion que s’im­posent les mu­si­ciens : les cla­vié­ristes pen­se­ront ins­tan­ta­né­ment au rôle du cla­ve­cin ! Mais peut-être moins à l’Onde Mar­te­not (fi­gure 1), in­ven­tée par Mau­rice Mar­te­not en 1918 et pré­sen­tée en pu­blic à l’Opé­ra de Pa­ris dix ans plus tard… Ar­thur Ho­neg­ger, Oli­vier Mes­siaen, An­dré Jo­li­vet, Guy Rei­bel, Da­rius Mil­haud, entre autres, ont écrit pour l’Onde, mais on la trouve aus­si dans les or­ches­tra­tions réa­li­sées pour Jacques Brel ou dans dif­fé­rentes chan­sons de Léo Fer­ré, Jean Fer­rat ou en­core uti­li­sée par Ra­dio­head, Yann Tier­sen, Ar­thur H, Daft Punk… Conçu sur le prin­cipe de la mise en ré­so­nance d’une triode, le sys­tème se­ra tran­sis­to­ri­sé au mi­lieu des an­nées 70. Il uti­lise trois dif­fu­seurs spé­ci­fiques, le « prin­ci­pal », une en­ceinte tra­di­tion­nelle par­fois équi­pée de ja­lou­sies sur sa face avant, le « gong » où la mem­brane du haut-par­leur est rem­pla­cée par une sur­face mé­tal­lique et en­fin

Une Onde Mar­te­not « ré­cente » (tran­sis­to­ri­sée). L’ins­tru­ment est uti­li­sé avec des dif­fu­seurs so­nores qui ca­rac­té­risent alors le son de l’ins­tru­ment. Moog Ether­wave The­re­mins… Une « re­lec­ture » ac­tuelle du thé­ré­mine d’ori­gine…

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