The Frightnrs

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No­thing More To Say [Dap­tone Re­cords / Dif­fer-Ant]

Com­men­çons par la très mau­vaise nou­velle : ce­ci res­te­ra comme le pre­mier et le der­nier al­bum de cette for­ma­tion new-yor­kaise. Son chan­teur Dan Klein est mort en juin der­nier, près d’un an après que sa sclé­rose lui a été diag­nos­ti­quée. Une in­for­ma­tion tra­gique après l’écoute de ce No­thing More To Say fa­ta­le­ment fi­nal et pour­tant plein de vie. En po­si­ti­vant, on se ré­joui­ra qu’il ait pu faire un tour en stu­dio pour gra­ver avec ses potes cette di­zaine de chan­sons. De son vi­bra­to plain­tif qui rap­pelle le croo­ner ja­maï­cain Ho­race An­dy, Klein en­lu­mine cette col­lec­tion de mor­ceaux de rock stea­dy sans âge, que l’on croi­rait da­tés de l’époque où les Wai­lers de Mar­ley & Tosh se fai­saient rou­ler par le pa­tron de Stu­dio One. Car, oui, contrai­re­ment aux autres ar­tistes de Dap­tone, plu­tôt bran­chés re­vi­val soul, The Frightnrs tentent de faire re­vivre l’âge d’or du tout dé­but du reg­gae. Une per­for­mance at­teinte grâce à des com­po­si­tions simples mais sa­vou­reuses, ser­vies par un par­ti pris so­nore roots sans faute. Les ins­tru­ments se dis­tinguent les uns des autres, la ryth­mique, les riffs de gui­tare ou de pia­no sonnent de ma­nière im­pec­cable, sans ar­ti­fices. À les en­tendre aus­si proches, on peut fa­ci­le­ment ima­gi­ner les Frightnrs jouer à l’in­fi­ni leurs perles de groove mé­lan­co­lique.

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