Tren­temøl­ler

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Fixion [In My Room]

« J’adore l’idée de pou­voir construire un monde ima­gi­naire grâce à la mu­sique » , af­firme le pro­duc­teur da­nois An­ders Tren­temøl­ler. Ce goût pour des doses de fic­tion se re­trouve al­bum après al­bum dans une dis­co­gra­phie qui ne manque pas de par­ti pris. Plu­tôt que de ten­ter de se re­nou­ve­ler en sur­fant sur de nou­velles so­no­ri­tés qui ne lui res­sem­ble­raient pas, Tren­temøl­ler pré­fère conser­ver ce qu’il a ac­quis en va­riant angles et ap­proches. Après Lost, dé­jà mar­qué par le rock et le post-punk, il ne prend pas ses dis­tances avec la mé­lan­co­lie de la cold wave. Au contraire, avec moins de chan­teurs que sur le pré­dé­ces­seur, il ré­in­ves­tit avec ap­pé­tit le même es­pace so­nore, tente avec ses ma­chines et des ins­tru­men­tistes de concur­ren­cer le cé­lé­bré pro­duc­teur Mar­tin Han­nett (Joy Di­vi­sion, no­tam­ment) ni­veau at­mo­sphères en­voû­tantes. Sans se mon­trer aus­si pré­cur­seur, il y ar­rive sou­vent, que ce soit sur des ins­tru­men­taux tels que la pro­ces­sion so­len­nelle de « Si­nus » ou sur des chan­sons comme « The Ri­ver » et « Re­de­fine » res­pec­ti­ve­ment in­car­nées par Jehn­ny Beth de Sa­vages et Ma­rie Fis­ker. Ex­plo­rant avec dé­lice les am­biances lu­gubres, Tren­temøl­ler ne se ra­mol­lit ce­pen­dant pas, la tré­pi­dante fin de l’al­bum le confirme. Les fi­dèles va­li­de­ront, les ama­teurs de cla­viers froids et de lignes de basse gron­dantes éga­le­ment.

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