Mas­te­ri­ser on­line ?

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De­puis deux ans, une ap­pli­ca­tion dé­ve­lop­pée par la so­cié­té Mix­ge­nius sus­cite toutes les in­ter­ro­ga­tions, ain­si que les com­men­taires les plus di­thy­ram­biques comme les plus acerbes. Si les in­ter­nautes se dé­chaînent, c’est que le mas­te­ring est consi­dé­ré comme le graal de la pro­duc­tion mu­si­cale, avec un « pro­cess » qui reste tein­té d’un sa­voir-faire qu’on ima­gine mal exé­cu­té par un ro­bot, fût-il in­tel­li­gent… et pour­tant !

mixage pour­ront être abor­dés en home-stu­dio, au­tant le mas­te­ring de­mande une grosse ex­pé­rience, ain­si que des ou­tils spé­ci­fiques en hard­ware ou des ap­pli­ca­tions spé­cia­li­sées comme Wa­veLab 9 de Stein­berg et Ozone d’iZo­tope. Des lieux la­bel­li­sés, comme les studios Ab­bey Road, pra­tiquent éga­le­ment un mas­te­ring « à la carte » où l’on peut faire trai­ter son mor­ceau, mais pour un ré­sul­tat plu­tôt oné­reux et pas tou­jours à la hau­teur de la ré­pu­ta­tion sup­po­sée du lieu !

LANDR

Mais avec LANDR, rien de tout ça et on au­ra du mal à trou­ver une dé­marche plus simple et plus ac­ces­sible. Le soft, dé­ve­lop­pé à l’uni­ver­si­té Queen Ma­ry de Londres, se base en ef­fet sur les tech­no­lo­gies du cloud, de la big da­ta et du ma­chine lear­ning. Re­pris par Mix­ge­nius de­puis 2014, la start-up ca­na­dienne a conçu un ser­vice ul­tra fonc­tion­nel où sim­pli­ci­té rime avec mar­ke­ting pour un trai­te­ment « in­tel­li­gent » sans au­cune in­ter­ven­tion hu­maine. C’est en ef­fet un al­go­rithme qui va ana­ly­ser le titre choi­si et le com­pa­rer à une base de don­nées de plu­sieurs mil­liers de fi­chiers afin de pro­po­ser le

mas­te­ring le mieux adap­té (fi­gure 1). Tout com­mence par un simple glis­ser/dé­po­ser d’un fi­chier Wav ou MP3 et, au bout de quelques se­condes, le ré­sul­tat est com­pa­ré en al­ter­nance à l’ori­gi­nal sur une por­tion de l’au­dio (fi­gure 2). Dans un se­cond temps, on pour­ra ache­ter le mas­ter com­plet et le té­lé­char­ger à l’uni­té sui­vant dif­fé­rents for­mats (MP3 192/320 kbps jus­qu’au Wav HD). LANDR offre une pre­mière op­tion gra­tuite com­pre­nant deux MP3 192 kbps par mois après créa­tion d’un compte et pro­pose trois for­mules d’abon­ne­ment payantes au mois ou à l’an­née, per­met­tant d’ac­cé­der pro­gres­si­ve­ment à des ta­rifs ré­duits. Le ser­vice as­sure éga­le­ment le trans­fert vers Sound­Cloud en par­tage pri­vé et four­nit une ap­pli Win­dows (> 7) pour fa­ci­li­ter l’in­té­gra­tion dans la DAW en di­ri­geant les fi­chiers « Ex­port » vers un dos­sier de sau­ve­garde de LANDR avant leur mas­te­ri­sa­tion au­to­ma­tique.

Ren­du au­dio

Trois ni­veaux d’in­ten­si­té sont pro­po­sés qui peuvent éga­le­ment être briè­ve­ment com­pa­rés (fi­gure 3). LANDR conseille de les ap­pli­quer sui­vant les genres mu­si­caux, « Low »

pour le jazz ou la folk, « Me­dium » pour le pop/rock et « High » pour la tech­no / hip hop. Ils cor­res­pondent à dif­fé­rents de­grés de com­pres­sion et, contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait sup­po­ser, l’al­go­rithme ne se contente pas d’ap­pli­quer un « pre­set » de type com­pres­seur/li­mi­teur/EQ, mais adapte le ren­du au mor­ceau pour des ré­sul­tats qui, sans être équi­va­lents à un trai­te­ment per­son­na­li­sé, per­mettent néan­moins de va­lo­ri­ser à chaque fois les titres de fa­çon sur­pre­nante, y com­pris en for­mat MP3 com­pres­sé. Le mieux se­ra donc d’en faire l’ex­pé­rience par vous­même, sa­chant qu’il existe aus­si plu­sieurs ap­pli­ca­tions al­ter­na­tives en ligne comme Maxi­mal Sound, CloudBounce ou The Au­dio Hunt. Bon mas­ter ! Fran­çois Bou­che­ry

al­ler plus loin…

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