Fu­turs Ex Fu­turs Ex

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e nom an­nonce dé­jà la cou­leur, une pas­sion fa­çon « Je t’aime, moi non plus », et ce ne se­ra pas le mor­ceau « Je Te Hais » qui dé­men­ti­ra ! N’em­pêche que c’est la pas­sion qui gagne, et puis c’est ça d’être libre ! Fu­turs Ex, ça sent l’his­to­rique aus­si, une his­toire de potes sur la­quelle le temps n’a pas vrai­ment d’em­prise : RXC (ex-WC3), Pat Ke­bra (ex-Ober­kampf) et Thier­ry Gaulme (ex-At­ten­tat Rock), res­pec­ti­ve­ment chan­teur/bas­siste, gui­ta­riste/chan­teur et bat­teur, donnent nais­sance à des com­pos qui, dans leur fré­né­sie aven­tu­rière, pren­dront soin de mû­rir à l’ombre, pen­dant qu’un EP dé­voi­le­ra uni­que­ment quatre de ces titres au grand jour. Sauf que le vrai grand jour c’est au­jourd’hui, quelques an­nées plus tard, avec cet al­bum mas­te­ri­sé pour l’oc­ca­sion et qui nous livre tout cette fois. Un punk rock pure souche avec sa poigne im­pé­ris­sable, qui pro­fite en plus du re­cul et des der­niers soins tech­no­lo­giques. Chaque mor­ceau a sa pe­tite his­toire, les uns et les autres étant réa­li­sés en di­vers en­droits au gré des op­por­tu­ni­tés, et le home-stu­dio de Thier­ry, antre ma­li­cieu­se­ment nom­mé Le Bruit, n’a pas fait l’im­passe au mi­lieu de pres­ta­tions faites en stu­dios pro. Cu­base, carte son RME, pré­amp Uni­ver­sal Au­dio, en­re­gis­treur Ale­sis HD24, table de mixage EAA, mi­cros Shure, AKG, Schoeps, Neu­mann ont don­né plein pot. Le mon­tage et la mas­te­ri­sa­tion 2016 re­viennent à Ber­nard Na­tier, une poin­ture aux ma­nettes ex stu­dio Ga­rage main­te­nant nom­mé La Fu­gi­tive. Voi­là comment on se re­trouve avec un cock­tail pi­quant à sou­hait réunis­sant bons textes épi­cés à la dé­ri­sion, ton et hargne dans le chant, gui­tares per­ti­nentes et im­per­ti­nentes, ryth­mique so­lide… « No fu­ture » qu’ils di­saient, l’es­prit keu­pon ren­du éter­nel s’en passe, là on bouffe le pré­sent à pleines oreilles !

KR : Cet al­bum nous fait dé­cou­vrir des mor­ceaux aux dates et lieux de nais­sance dif­fé­rents, avec des réa­li­sa­tions ini­tiales faites en stu­dio pro pour cer­tains et home-stu­dio pour d’autres. Ces ori­gines stu­dios pro / home-stu­dio se sont-elles tra­duites par de grosses dif­fé­rences au mo­ment de la mas­te­ri­sa­tion 2016 ? Qu’a-t-il fal­lu ma­jo­ri­tai­re­ment rec­ti­fier pour ar­ri­ver à un bon éta­lon­nage du tout ?

Ber­nard Na­tier : La dé­marche pour cette ré­édi­tion de Fu­turs Ex fut es­sen­tiel­le­ment ar­tis­tique, on a pro­cé­dé à de nom­breux mon­tages pour rendre le pro­jet plus « essentiel », sup­pri­mer des pas­sages re­don­dants afin d’être plus ef­fi­caces. En termes de son, l’ori­gine du pro­jet a peu d’im­por­tance, on se concentre sur ce qu’on a et on es­saye d’en ti­rer le meilleur. Cer­tains home-stu­dios ont des équi­pe­ments de tout pre­mier choix, tout dé­pend des oreilles qui pi­lotent… et dans ce cas, rien à en­vier à cer­taines pro­duc­tions, l’es­prit était là… Fu­turs Ex se conjugue bel et bien au temps pré­sent, avec un rayon­ne­ment sur les plates-formes nu­mé­riques en plus d’une distribution phy­sique, ain­si que sur les ra­dios lo­cales. Dé­coule-t-il beau­coup d’avan­tages du fait d’exis­ter sur les plates-formes nu­mé­riques et les ra­dios lo­cales ? Quels sont les re­tours ?

Pat Ke­bra : Une distribution phy­sique est très im­por­tante et per­met

d’ob­te­nir éga­le­ment de bons ar­ticles en presse na­tio­nale. La distribution nu­mé­rique donne une bonne vi­si­bi­li­té mais ne rap­porte pas grand-chose ! Quelques di­zaines d’eu­ros tout au plus pour des groupes qui se bougent ! C’est as­sez ca­tas­tro­phique… Mais j’aime bien le concept et le pro­fes­sion­na­lisme de la pré­sen­ta­tion avec le lec­teur nu­mé­rique que tu peux ex­por­ter. Pour ce qui est des ra­dios, elles sont des ac­teurs dans la pro­mo d’un al­bum. Mais ac­tuel­le­ment les pas­sages sur les ra­dios lo­cales ne sont pas ré­mu­né­rés par la Sa­cem bien que ces der­nières lui paient de gros for­faits. Celle-ci ne re­verse pas les sommes aux ar­tistes qui y sont dif­fu­sés du fait que ce­la ne re­pré­sente pas des mon­tants suf­fi­sam­ment im­por­tants à son échelle ; des sommes qui restent ce­pen­dant im­por­tantes à l’échelle des ar­tistes. Les codes ISRC in­té­grés main­te­nant dans les CD offrent pour­tant une tra­ça­bi­li­té fa­ci­le­ment ex­ploi­table. La Sa­cem donne ain­si nos droits, ceux des ar­tistes in­dés ma­jo­ri­tai­re­ment dif­fu­sés sur les ra­dios lo­cales, aux plus gros ven­deurs tels que Jean-Jacques Gold­man ou John­ny Hal­ly­day ! Je pense qu’elle ne de­vrait plus prendre ces for­faits aux ra­dios lo­cales si elle ne sou­haite pas s’oc­cu­per da­van­tage de leur ré­par­ti­tion. Oli­via Clain

c’est aus­si un 45t vi­nyle : es­prit keu­pon jus­qu’à l’au­dace de la cou­leur !

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