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Votre his­toire ?

Be­noît Sa­vard : Le groupe est né à Pi­galle, au fond d’une classe de l’école de mu­siques ac­tuelles ATLA. D’abord très acous­tique, on a fait nos armes dans les rues de Mont­martre, dans le mé­tro, dans les pe­tits ca­fés-concerts pa­ri­siens. Puis, face au pu­blic crois­sant, nous sommes pas­sés dans de plus grandes salles, dans les fes­ti­vals, par­tout en France puis en Eu­rope. On passe la moi­tié de notre temps en Al­le­magne. Ber­lin est de­ve­nue une ré­si­dence se­con­daire. On a fait aus­si quelques pays de l’Est, Ré­pu­blique Tchèque, Hon­grie, Croa­tie, et plus proche Ita­lie, Bel­gique, An­gle­terre, Suisse… La chan­son fran­çaise s’ex­porte bien et ce n’est pas pour nous dé­plaire. Après Dan­ser Sur Les Toits et Ma­dones, on vient de sor­tir notre troi­sième al­bum, Li­ber­té Chérie, qui plaît bien en France et à l’étran­ger. C’est un plai­sir de sa­voir que ta mu­sique tra­verse les fron­tières et les cultures. Vos in­fluences ?

On ne peut pas nier l’hé­ri­tage de la chan­son fran­çaise dite « clas­sique » comme Bras­sens, Gains­bourg, Brel… et plus ré­cente – VRP, Têtes Raides, Rue Ké­ta­nou… – et à tout ça s’ajoutent des in­fluences world, mu­siques de l’Est, his­pa­ni­santes, ma­nouches, et quelques touches de rock et d'élec­tro. Votre ma­tos ?

Sur scène, nous uti­li­sons des gui­tares type fla­men­ca, Ya­ma­ha et Ta­ka­mine, une Gib­son 339 et une Stra­to­cas­ter. Mais aus­si une basse Fen­der Jazz Bass, une contre­basse et une bat­te­rie bien four­nie en per­cus­sions. Nous em­me­nons aus­si un sam­pleur Ro­land SPD-SX bien rem­pli. Pour com­plé­ter, ci­tons deux saxo­phones Sel­mer, al­to et so­pra­no, un pia­no à bre­telles de fac­ture cor­ré­zienne et trois paires de cordes vo­cales. Quelles ont été les ins­pi­ra­tions pour ce troi­sième al­bum Li­ber­té Chérie ?

Comme pour tous les al­bums, et beau­coup d’ar­tistes, on s’ins­pire de ce qui nous en­toure et de ce que l’on en res­sent. Sur ces deux der­nières an­nées, il y a eu beau­coup d’évé­ne­ments po­li­tiques et so­cié­taux aux­quels on n’a pas pu res­ter in­sen­sibles. Le mor­ceau « Li­ber­té Chérie » a été écrit juste après les attentats contre Char­lie Heb­do, il a pris mal­heu­reu­se­ment en­core plus de sens après le Ba­ta­clan. « Entre Chez Moi » a sui­vi les évé­ne­ments de Lam­pe­du­sa, les crises des ré­fu­giés. « J’crois Plus En l’Homme » est né après des scan­dales po­li­tiques et hu­ma­ni­taires. Il y a aus­si des chan­sons plus « lé­gères » mais qui ré­agissent tou­jours à un en­vi­ron­ne­ment sen­si­bi­li­sant : « Paris En Vé­lo », « I Don’t Speak En­glish », « Sois Belle Et Tais-Toi »… On n’est pas en manque de su­jets sen­sibles dans la so­cié­té d’au­jourd’hui… Comment s’est réa­li­sée la pro­duc­tion de l’al­bum ?

D’abord, on a ma­quet­té tout à la mai­son et dans notre stu­dio, avec Live d’Able­ton. Puis, pour la pro­duc­tion, on laisse faire les pros. On a bos­sé avec Laurent Jaïs du stu­dio D à Da­vout et avec Ca­mille Bal­lon (Tom Fire) dans son Fire Room Stu­dio, qui n’est ja­mais avare de cla­viers et d’or­ne­men­ta­tions bien élec­tro. On a en­re­gis­tré d’abord la base live : bat­te­rie, basse et gui­tares. Toute la ryth­mique se fait comme ça, avec voix et mé­lo­dies té­moins. En­suite, là-des­sus on a en­re­gis­tré toutes les voix et mé­lo­dies dé­fi­ni­tives, les so­los, etc. Il ar­rive aus­si qu’une prise té­moin ré­vèle plus de sen­si­bi­li­té et d’émo­tion qu’une prise en « re-re », du coup on fait quand même des prises té­moins de qua­li­té, on n’est ja­mais à l’abri d’en gar­der une. On a fait toute la par­tie live pen­dant quatre jours au stu­dio La Scène à Paris, un stu­dio ma­gni­fique et idéal pour du live à quatre ou cinq per­sonnes. Puis tous les « rere » ont été faits à Da­vout avec Laurent ou chez Ca­mille. Le mix a été ef­fec­tué par Laurent Jaïs aus­si, qui est éga­le­ment beau­coup in­ter­ve­nu en réa­li­sa­tion. On aime bien tou­jours avoir l’oreille « ex­té­rieure » du réal’ qui va nous em­me­ner vers des ter­rains qu’on n’ose pas for­cé­ment fou­ler. Dans la fra­gi­li­té, dans l’in­con­fort de l’aven­ture ap­pa­raissent sou­vent des émo­tions fraîches et sin­cères, c’est très bon pour la mu­sique. Thier­ry De­mou­gin Li­ber­té Chérie [Fais & Ris / L’Autre Distribution] et si tu étais… Un ins­tru­ment ? Ma Gib­son 339. Je l’adore, elle est ma­niable, douce, avec un son de dingue. Un son ? Un Bm9 sur un orgue Ham­mond. Un al­bum ? Dum­my de Por­ti­shead. Une époque ? J’au­rais bien fait Wood­stock quand même ! Une at­ti­tude ? Li­ber­té chérie…

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