Comment s’adres­ser à la presse

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La pro­mo, c’est quoi ? Faire connaître le pro­jet à un plus large pu­blic pos­sible et en ti­rer une lé­gi­ti­mi­té pour des par­te­naires fu­turs. Si les che­mins sont dé­jà ba­li­sés, ils n’existent que par le contact hu­main, et ça, on l’a ou on ne l’a pas mal­gré les tech­niques de com­mu­ni­ca­tion que l’on em­ploie pour bien ap­pro­cher les ac­teurs concer­nés.

La ra­dio : une his­toire de ré­seaux

D’après Ibra­hi­ma Dial­lo (fon­da­teur de iDéart Agency), les ra­dios na­tio­nales sont plus dif­fi­ciles d’ac­cès pour les in­dé­pen­dants. Néan­moins, avant de s’y lan­cer, il s’agit de bien connaître la marque du mé­dia, puis de ten­ter d’iden­ti­fier sa ligne édi­to­riale, no­tam­ment sa play­list type. L’ana­lyse et le pro­fi­ling du pro­gram­ma­teur se font sur plu­sieurs se­maines, voire plu­sieurs mois à l’avance. Au mo­ment de le ren­con­trer, nous conseillons de bien lui mon­trer qu’on connaît ses play­lists, dans le cas contraire, il risque de prendre la mouche ! Cap­ter son at­ten­tion se­ra la vraie porte d’en­trée ! N’ou­bliez pas que c’est un pas­sion­né avant toute chose et ren­trer dans son champ de vi­sion passe par le dialogue. Pour ce­la, le pro­jet doit être per­ti­nent avec ce que lui dé­fend. Il y se­ra sen­sible. (fi­gure 1)

Les pro­jets in­dé­pen­dants passent très peu sur les grosses an­tennes. Il se­ra bon de lo­ca­li­ser les sta­tions qui savent s’ou­vrir à eux.

Quant aux ra­dios lo­cales, la stra­té­gie n’est plus du tout la même. Ici, il faut ac­com­pa­gner la sor­tie du disque à l’aide de forts par­te­na­riats évé­ne­men­tiels. Ça veut dire faire un concert dans la ville lo­cale, don­ner des al­bums à l’an­tenne ou lors d’un jeu-concours, or­ga­ni­ser une sé­rie d’in­ter­views. Dans tous les cas, on re­laie­ra le pas­sage à l’an­tenne vers les ré­seaux so­ciaux.

En­fin, les web ra­dios sont liées aux ré­seaux so­ciaux. Ici, nous conseillons de créer sa propre ra­dio ou son propre mo­dule et de tout faire pour que les mé­dias plus consé­quents en fassent le re­lais.

La pro­mo web

D’après Maud Cit­tone (co-fon­da­trice avec Emi­ly Gon­neau de l’agence de com­mu­ni­ca­tion web Nüa­gen­cy) (fi­gure 2) : « Le tra­vail de la pro­mo­tion d’un disque est avant tout une af­faire de car­net

d’adresses ! » Or, il n’existe qu’une seule per­sonne qui le dé­tient, c’est l’at­ta­ché de presse. Mais que faire quand on ne dis­pose d’au­cun bud­get ? Tou­jours d’après Maud, il faut mal­gré tout en consti­tuer un soi- même. Comment ? Cher­cher les contacts dans les mé­dias du web, re­pé­rer leurs noms, ob­te­nir leurs adresses e-mail, sé­lec­tion­ner les mé­dias qui rentrent dans son uni­vers mu­si­cal.

Une fois iden­ti­fiés, la pre­mière étape : leur en­voyer un CD de pro­mo (même si la sor­tie n’est que nu­mé­rique) avec bio ex­press. En­suite, te­nir un fi­chier à jour de tous les exem­plaires qu’on leur a en­voyés. Lais­ser une se­maine à dix jours avant de les rap­pe­ler pour voir s’ils l’ont bien re­çu, s’ils l’ont écou­té et s’ils vont faire une chronique. Si leur ré­ponse n’est tou­jours pas là, per­sis­ter po­li­ment tout en res­tant per­sua­sif. Sou­vent entre le mo­ment où on leur en­voie les élé­ments et la pu­bli­ca­tion de la chronique il peut se pas­ser du temps. Leur dire que la mis­sion de pro­mo est en train de s’ache­ver accélère en gé­né­ral les choses.

L’avan­tage du web : il n’y a pas de contrainte de temps tant qu’on ne dé­passe pas la date de sor­tie of­fi­cielle. La pro­mo web, c’est un champ large qui re­groupe aus­si bien les web­zines que les or­ganes of­fi­ciels comme té­lé­ra­ma.fr. At­ten­tion, pour les grands titres, les ar­ticles peuvent être pu­bliés sur leur site web mais pas for­cé­ment sur leur ver­sion pa­pier !

En clair, votre seule mis­sion se­ra de gé­né­rer une foule d’ar­ticles qui sortent tous en même temps pour là en­core les re­layer vers les ré­seaux so­ciaux comme Fa­ce­book et Twit­ter.

S’adres­ser à la presse écrite

Ici, les choses ne dif­fèrent pas de la cam­pagne pro­mo web. Sauf qu’on s’adresse à des jour­na­listes pro­fes­sion­nels. Le web Di­dier Var­rod, di­rec­teur de la mu­sique de France In­ter jus­qu’à juin 2016.

La page d’ac­cueil du site de Nüa­gen­cy.

La page d’ac­cueil du site de KR Home-Stu­dio. est plu­tôt consti­tué de blo­gueurs ou de jour­na­listes dont ce n’est pas le mé­tier.

Leur en­voyer l’al­bum phy­sique de­meure un im­pé­ra­tif car ils restent at­ta­chés à l’ob­jet. Si je fais l’ef­fort de leur en­voyer un exem­plaire, ils fe­ront l’ef­fort de l’écou­ter contrai­re­ment à l’en­voi d’un lien seul.

La bio ex­press est ici tou­jours de mise. Mieux vaut s’adres­ser à un ré­dac­teur ex­pé­ri­men­té (sou­vent un jour­na­liste) pour la ré­di­ger. Sa rédaction coûte entre 100 et 150 € la page.

Aux jour­na­listes, il ne sert à rien de leur en­voyer un dos­sier de presse com­plet de dix pages avec cou­pures de presse : le plus sou­vent ils ne sont pas fran­che­ment in­té­res­sés par les pa­ru­tions d’autres mé­dias et par ailleurs, si be­soin est, internet leur per­met­tra de faire des re­cherches pous­sées. En gé­né­ral, cette étape in­ter­vient dans le cadre d’une grosse interview en pré­pa­ra­tion. (fi­gure 3)

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