Brandt Brauer Frick

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Joy [!K7/Be­cause]

Cet al­bum porte le nom de Joie ( Joy) mais son vi­suel af­fiche le vi­sage d’un homme plu­tôt en co­lère. Cet étrange pa­ra­doxe ne se re­trouve pas du tout dans cette mu­sique douce-amère qui na­vigue en ter­ri­toire gris, ja­mais vio­lente, ja­mais to­ta­le­ment apai­sée, tou­jours di­ri­gée par une ten­sion sous-ja­cente comme sur ce sin­gu­lier en­che­vê­tre­ment de mé­lo­dies, de voix à la fin de « You Can Buy My Love ». Ce chaos so­nore to­ta­le­ment maî­tri­sé tra­duit cette vo­lon­té de per­cer le voile de l’in­dif­fé­rence. Un peu à la ma­nière de Ba­rot­ti chez les voi­sins de Gom­ma, Brandt Brauer Frick joue avec les ombres de la nuit (« Ho­ly Night »), le clair-obs­cur (« Ci­ty Chi­cken »), ja­mais avare d’étran­ge­té mé­lo­dique et ryth­mique (« Poor Ma­gic »), avec des tex­tures pas tou­jours ai­mables (« Bla­ckout 94 »), sou­vent très syn­thé­tiques et new wave (« So­cie­ty Sa­ved Me »). Il faut dire que cette as­so­cia­tion n’avait rien d’évident sur le pa­pier puisque c’est le chan­teur et poète ca­na­dien Bea­ver Shep­pard qui a re­joint le trio for­mé par Daniel Brandt, Jan Brauer et Paul Frick pour éla­bo­rer des chan­sons (une pre­mière pour ces trois der­niers) aux thèmes post-re­li­gieux qui tentent d’ap­por­ter un peu de joie dans un monde in­cer­tain.

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