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in­gé­nieur du son Vincent Ma­hey (fi­gure 1), que je connais de­puis près de trois dé­cen­nies, me dit tou­jours, à chaque fois qu’il fait le son d’un concert au­quel je par­ti­cipe, qu’il « a des choses pour moi ». Ce n’est que ré­cem­ment qu’il se pré­sente aux portes du mu­sée, au vo­lant d’une ca­mion­nette Sex­tan pleine de belles choses à sau­ve­gar­der.

Les Sex­tan

Vincent a d’abord ef­fec­tué des études aux États-Unis, plus pré­ci­sé­ment au sein de l’Uni­ver­si­ty of Sound Arts de Los An­geles, un nom bien ron­flant, se­lon lui, pour une pe­tite école lo­cale. Il rentre en France, fort des connais­sances ac­quises lors de cette for­ma­tion, mais est très dé­çu lors­qu’il constate qu’au­cun des stu­dios aux­quels il rend vi­site ne lui pro­pose de l’en­ga­ger. Il est mieux ac­cueilli lors­qu’il s’adresse à Sex­tan, un stu­dio mon­té par Jean-Paul De­bard et Her­vé Mar­tin au sein de Sex­tan, un très gros pres­ta­taire de l’époque (fin des an­nées 70) four­nis­sant son et lu­mière pour la scène. Après l’ex­plo­sion de Sex­tan le pres­ta­taire, les deux com­pères s’in­té­ressent d’abord à l’en­re­gis­tre­ment, mais se tournent éga­le­ment très vite vers l’en­sei­gne­ment en créant l’école EMC (En­sei­gne­ment des Mé­tiers de la Com­mu­ni­ca­tion, son et image), école qui par­tage avec Sex­tan les lo­caux de la rue Eu­gène Var­lin, à Ma­la­koff. Vincent Ma­hey, en com­pa­gnie de Mat­thieu Ren­du, les deux jeunes as­sis­tants, partent créer Pee Wee en 86, une struc­ture qui s’ins­talle au New Mor­ning pour y en­re­gis­trer les concerts, jus­qu’en 88, avant de mi­grer vers Au­ber­vil­liers, où elle se spé­cia­lise dans l’en­re­gis­tre­ment mobile, puis dans la so­no­ri­sa­tion du jazz et des mu­siques acous­tiques. C’est alors Pee Wee qui va faire le son des fes­ti­vals Ban­lieues Bleues, Jazz à la Villette et Amiens, ain­si que pour l’ONJ, no­tam­ment. Mais dans les lo­caux d’Au­ber­vil­liers, on y ré­pète aus­si, et l’on peut voir, et en­tendre, à l’oc­ca­sion, aus­si bien Kas­sav que Pe­truc­cia­ni ou NTM. Un la­bel de disques Pee Wee naît dans la fou­lée, qui va oeu­vrer de 95 à 2000 en pro­dui­sant quelque 27 al­bums, pour des ar­tistes comme Ta­nia Ma­ria ou Em­ma­nuel Bex. Prin­ci­pa­le­ment des mu­siques du monde et des mu­siques im­pro­vi­sées. Mais c’est bien le pres­ta­taire, aux cô­tés du stu­dio et du la­bel, qui fait vivre Pee Wee. Ayant gar­dé contact avec ses amis de Sex­tan, Vincent Ma­hey leur pro­pose, il y a dix ans, de fu­sion­ner les deux so­cié­tés. Le stu­dio Sex­tan La Fon­de­rie, qui vient juste de fê­ter ses 10 ans, en­re­gistre alors de nom­breux ar­tistes, dont Ah­mad Ja­mal, mais or­ga­nise aus­si de nom­breux concerts, sortes de show­cases « amé­lio­rés », au sein même du stu­dio.

Free­vox !

On sort les flight-cases du ca­mion et Vincent m’ex­plique, en les ou­vrant, que les deux ma­gni­fiques consoles Free­vox (fi­gure 2) étaient celles qui tour­naient avec Claude Fran­çois. Elles sont pra­ti­que­ment dans l’état où l’idole les a re­çues dans les an­nées 70 ! C’était alors le nec plus ul­tra en ma­tière de mixeurs de so­no­ri­sa­tion et sur­tout il s’agis­sait de fa­bri­ca­tion fran­çaise. Free­vox, marque créée en 1968, re­vit au­jourd’hui sous la hou­lette de son créa­teur Gé­rard Pon­cet. Dans de plus pe­tits flights, je dé­couvre deux mo­dules Akai n’ayant plus leur place dans les stu­dios : des DD1000 et DD1500 (fi­gures 3). Ces Di­gi­tal Dub­bers avaient pour­tant créé l’évé­ne­ment à leur sor­tie, no­tam­ment en étant à l’ori­gine de la mi­gra­tion des mon­teurs son (au cinéma en par­ti­cu­lier) vers le nu­mé­rique. Après leur pas­sage, on a pu voir la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive du son op­tique et ma­gné­tique sur bande per­fo­rée. Des ma­chines que l’on re­trouve dans les ré­serves du mu­sée…

Mer­ci Mr Ma­hey pour votre « don du son » ! Klaus Blas­quiz

Akai DD1000 et DD1500 : le pas­sage au nu­mé­rique pour les mon­teurs son. Free­vox : le nec plus ul­tra au mi­lieu des an­nées 70. Cou­leur lie-de-vin !

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