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Quel a été le point de dé­part de ce pre­mier al­bum so­lo ?

Pone : Le pre­mier mor­ceau, ça a été « Heart Swing » avec Jaw, que l’on a fait il y a presque deux ans. J’avais ce track, j’avais une ver­sion de « Th­rill », le mor­ceau avec Loui­sahhh, mais dans une ver­sion qui n’a rien à voir avec celle de l’al­bum. En fait, le point de dé­part re­monte à fin 2014. Je vou­lais re­faire un maxi avec Ed Ban­ger, j’avais dé­jà beau­coup de ma­quettes. En fé­vrier ou mars 2015, je croise Su­per­poze dans un fes­ti­val. Quand il passe sur Pa­ris, il vient dans mon stu­dio, je lui fais écou­ter des ma­quettes. On va boire un coup et je lui de­mande : « Est-ce que tu se­rais chaud pour que l’on bosse en­semble ? Tu as dé­jà réa­li­sé un al­bum ? » C’est par­ti comme ça. De l’idée de faire un maxi, j’ai en­chaî­né sur l’idée d’un al­bum. Pour un mec de ma gé­né­ra­tion, un al­bum ça si­gni­fie en­core quelque chose. Et puis je suis par­ti de Bir­dy Nam Nam il y a deux ans pour des rai­sons per­son­nelles. Je me re­trou­vais face à un choix de car­rière : je vais avoir 38 piges, qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je conti­nue à faire des DJ sets, est-ce que je joue au DJ der­rière des groupes ? J’avais en­vie de re­faire de la scène, je me sen­tais prêt… C’était le mo­ment pour dé­fendre mon truc et en­fin ac­cou­cher d’un pro­jet dont je sois aux com­mandes. Il y avait une en­vie sin­cère et ar­tis­tique. C’était aus­si une pé­riode un peu par­ti­cu­lière dans ma vie, créer cet al­bum a été une su­per belle thé­ra­pie pour moi, ça m’a per­mis de me concen­trer, de me fo­ca­li­ser sur quelque chose de bon. J’ai lais­sé de cô­té des choses plus dif­fi­ciles qui me pre­naient le cer­veau de­puis quelques mois. L’après Bir­dy Nam Nam, une pé­riode dif­fi­cile ?

Je ne pour­rais pas dire que je re­par­tais à zé­ro, j’ai une car­rière der­rière moi. Mais, quand même, tu peux être dans le plus grand groupe de rock du monde, le jour où tu le quittes pour faire un truc so­lo, tu passes de Ber­cy à une salle de cent per­sonnes. Mais c’est as­sez ex­ci­tant d’avoir à nou­veau à grim­per une mon­tagne. Tu te dis : « Tu vas perdre des gens et en ré­cu­pé­rer d’autres qui ne te connaissent pas et vont se rap­pro­cher de toi, ça c’est co­ol. » Tu avais be­soin d’un réa­li­sa­teur pour ce pre­mier al­bum so­lo ?

Oui. Mes am­bi­tions étaient im­por­tantes, mais j’avais be­soin de bos­ser avec quel­qu’un pour avoir un ap­port de mé­lo­dies et un oeil frais. En plus, Su­per­poze avait 22 ans quand on a fait l’al­bum, c’était hy­per im­por­tant pour moi d’avoir quel­qu’un de jeune avec une fraî­cheur, une autre éner­gie. Bi­zar­re­ment, je ne connais­sais pas trop les mor­ceaux de Su­per­poze, En fait, on a par­lé de mu­sique, ça m’a suf­fi pour dire : « OK, on va le faire. » Je ne sais pas, c’était un pa­ri un peu fou de pro­po­ser ça à quel­qu’un dont tu ne connais pas tel­le­ment la dis­co­gra­phie – il n’en avait même pas vrai­ment, il n’avait d’ailleurs pas en­core sor­ti son al­bum Ope­ning, –, mais moi je crois aux ren­contres, je crois au fee­ling. À un mo­ment don­né, on s’est dit : « C’est par­ti. » Comment avez-vous tra­vaillé Su­per­poze et toi ?

On était tous les deux sur une table avec les or­dis, le Ju­no que Gas­pard de Jus­tice m’a prê­té, les pe­tites pé­dales d’ef­fet à droite à gauche, la ma­chine à ca­fé. Comme les mor­ceaux de base étaient dans mon Lo­gic, je fai­sais un « bounce » de ma ma­quette, on le met­tait dans son or­di, comme il est va­che­ment plus à l’aise avec ses plugs. Il me mon­trait ses trucs. Par­fois, je re­fai­sais des struc­tures, j’es­sayais des choses. C’était un échange. C’est tel­le­ment fa­cile de s’en­voyer des fi­chiers, de se fi­ler une clé USB ! Si un jour je

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