Les op­tions qui équipent les mi­cro­phones

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L’op­tion at­té­nua­teur + filtres passe-haut (cou­pure des graves) et moins cou­ram­ment passe-bas (cou­pure des ai­gus) est de­ve­nue lé­gion sur les mi­cro­phones élec­tro­sta­tiques à large mem­brane. C’est sou­vent dû à la pra­tique de cap­ta­tion de proxi­mi­té lar­ge­ment ré­pan­due dans le ho­mes­tu­dio. Si l’on prend l’exemple du Neu­mann TLM 107, on y trouve un pad at­té­nua­teur à deux po­si­tions (-6 dB et -12 dB) en sor­tie de cap­sule. Une fois ce­lui-ci ac­ti­vé, le TLM 107 peut alors en­cais­ser des ni­veaux très forts ve­nant d’ins­tru­ments comme la trom­pette ou la caisse claire. Le pad di­mi­nue les chances de sa­tu­rer l’élec­tro­nique in­terne du mi­cro­phone et évite de faire sa­tu­rer le pré­am­pli­fi­ca­teur de la console. À titre d’exemple, en po­si­tion neutre, le TLM 107 en­caisse jus­qu’à 141 dB SPL avant sa­tu­ra­tion, si l’at­té­nua­teur est ac­ti­vé à -12 dB, le TLM 107 peut alors en­cais­ser jus­qu’à 153 dB SPL ! Est aus­si pré­sent un coupe-bas à deux po­si­tions : 100 Hz et 40 Hz. Si cou­per à 100 Hz n’a théo­ri­que­ment au­cune in­ci­dence sur le spectre de la voix par­lée, ce n’est pas le cas pour un bon nombre d’ins­tru­ments qui des­cendent en des­sous de 100 Hz comme la basse, le kick, les toms de bat­te­rie, le trom­bone basse, le vio­lon­celle, la harpe, etc. Neu­mann s’en est sou­cié et pro­pose, pour ceux-là, de cou­per plu­tôt à 40 Hz, ici, on ne sup­prime du ren­du que les in­fra-basses pa­ra­si­taires (vi­bra­tions de cir­cu­la­tion ur­baine, bruits de ven­ti­la­tion…). im­pé­ra­tifs : il faut que ce soit fa­cile à ins­tal­ler, que ça sonne bien et que ça ne se voit pas trop quand il s’agit de cap­ta­tion d’images, tout un pro­gramme !

Pre­nons l’exemple de la bat­te­rie, là on em­ploie plu­tôt le Neu­mann KM 184 pour les ove­rheads ou le KM 184 A (ver­sion haut de gamme avec un étage de pré­am­pli­fi­ca­tion de meilleure qua­li­té) et le KM 185 sur la char­ley. Il est cou­rant de voir un Senn­hei­ser e904 ac­cro­ché aux toms. C’est le Shure SM57 que l’on uti­lise au­tour de la caisse claire.

DPA de son cô­té s’est im­po­sé avec le 4099, mi­cro­phone à conden­sa­teur (élec­tret de type ci­gare) is­su de la fa­mille d:vote et dé­cli­né à tous les ins­tru­ments. Ici, nous sommes dans la prise d’ap­point de type su­per­car­dioïde. Le kit ap­pai­ré 3511 ES qui in­clut deux d:di­cate 4011 ES est fait pour les cap­ta­tions en sté­réo comme le pia­no.

On no­te­ra aus­si la pré­sence d’Au­dioTech­ni­ca avec l’ATM350 (fi­gure 24), élec­tret car­dioïde, dé­li­vrant 159 dB de dy­na­mique ! Il se dé­cline pour tous les ins­tru­ments, et est li­vré avec les ac­ces­soires qui per­mettent de le fixer.

Et pour le chant ? De­puis les an­nées 60, c’est Shure avec le SM58 (car­dioïde) et le Be­ta 58A (su­per­car­dioïde) qui a lit­té­ra­le­ment écra­sé le mar­ché grâce à cette fa­meuse bosse dans les 5 kHz ren­dant si in­tel­li­gible la voix qui pas­sait au de­meu­rant par les am­plis gui­tare avant d’être so­no­ri­sée sur des sys­tèmes par la suite. Néan­moins, de­puis quelques an­nées, nombre de construc­teurs comme Neu­mann, Røde et DPA ont fa­bri­qué des mi­cro­phones élec­tro­sta­tiques avec une di­rec­ti­vi­té très re­fer­mée et qui cette fois-ci s’adaptent à la scène. On pense à la so­lu­tion mo­du­laire DPA d:fac­to, aux Neu­mann KMS 104 et KMS 105 (beau­coup uti­li­sés en France dans le jazz) dis­po­nibles aus­si en nu­mé­rique via la so­lu­tion D, au Senn­hei­ser e935 (fi­gure 25), ver­sion haut de gamme du e835. La cap­sule du e935 est ins­tal­lée sur tous les sys­tèmes HF de la marque, idem pour les cap­sules Neu­mann du KMS 104 / KMS 105 com­pa­tibles avec les sys­tèmes Senn­hei­ser. En­fin, l’Au­dio- Tech­ni­ca AE5400 (fi­gure 26), mi­cro­phone élec­tro­sta­tique qui a hé­ri­té de la mem­brane du 4050 et qui a fait l’ob­jet d’un tra­vail sur les flux d’air contre la dé­for­ma­tion du son en condi­tion d’hy­per-proxi­mi­té à la source, tout comme de l’ATM230 dé­dié à la caisse claire ou à l’am­pli gui­tare.

Les mi­cro­phones sur les lieux de tour­nage

Il s’agit d’un mar­ché qui réunit plu­sieurs construc­teurs dont Schoeps, Neu­mann, Senn­hei­ser, DPA et Røde.

Schoeps est lar­ge­ment ins­tal­lé avec le MK 4 fixé au bout d’une perche en mo­no pour re­prendre les dia­logues ou en couple ORTF pour des am­biances sté­réo. Mais aus­si avec le CMIT, mi­cro­phone ca­non, qui va cap­ter les dia­logues sur les pla­teaux de tour­nage avec une meilleure por­tée. Il éli­mine bien les bruits pa­ra­sites. Quant au mi­cro­phone MK 41, hy­per­car­dioïde, on peut tra­vailler à dis­tance de la source, étant plus court que le mi­cro­phone ca­non, il ré­pond à la pro­blé­ma­tique du pas­sage des portes et pla­fonds bas, du coup, comme il est court, il peut mieux suivre le co­mé­dien quand il se dé­place.

Neu­mann est lui aus­si pré­sent avec les mi­cro­phones ca­nons KMR 81, KMR 82 et KM 150.

Senn­hei­ser, avec les MKH 8050, MKH 8060 et MKH 8070. Le MKH 416 se fo­ca­lise plu­tôt vers le re­por­tage et la news grâce à son kit in­cre­vable et très ap­pré­cié. Ici, le mi­cro­phone pour­tant sta­tique est ex­trê­me­ment ré­sis­tant aux condi­tions hu­mides ou aux hautes tem­pé­ra­tures.

Chez DPA, c’est le d: screet 4060 ( SC4060, sa nou­velle ré­fé­rence) (fi­gure 27), mi­cro mi­nia­ture uti­li­sé dans 85 % des cas sur les co­mé­diens. Pour les cap­ta­tions perche, le 4017B (fi­gure 28), do­té d’un pré­am­pli avec filtre coupe-bas, qui per­met de s’af­fran­chir du rumble dans les fré­quences graves pro­vo­qué par le pas­sage de ca­mions dans la rue. En­fin, le 4018, mi­cro­phone su­per­car­dioïde em­bar­qué dans des prises à l’in­té­rieur des voi­tures et aus­si pré­sent sur les pla­teaux de théâtre pour cap­ter les dia­logues.

Un monde conser­va­teur mais qui bouge quand même

Nous l’au­rons com­pris, le mi­cro­phone est mul­tiple parce qu’il doit ré­pondre à des si­tua­tions mul­tiples dans un monde où il est de plus en plus fa­cile de faire des cap­ta­tions n’im­porte où grâce à l’évo­lu­tion du nu­mé­rique. Si, en stu­dio, on cherche à faire du son, sur scène et dans le clas­sique, on cher­che­ra à le re­trans­mettre le plus pro­pre­ment et le plus dis­crè­te­ment pos­sible, mais aus­si à iso­ler la prise de l’en­vi­ron­ne­ment élec­tro­ma­gné­tique. Sur les lieux de tour­nage, c’est tout ce­la à la fois avec en plus la pro­blé­ma­tique de l’ex­trême dis­cré­tion qui doit ca­cher le mi­cro­phone du champ de vi­sion.

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