Al­coo­li­sée, elle ôte la vie d’une Por­ni­caise de 66 ans

L’Écho de la Presqu’île (SN) - - ENTRE LOIRE ET VILAINE -

Le 30 sep­tembre der­nier, vers 20 h, au vo­lant de sa Ford Mon­deo, une femme de 40 ans, do­mi­ci­liée à Saint-viaud, cause in­vo­lon­tai­re­ment la mort d’une Por­ni­caise de 66 ans, mère de trois filles, grand-mère de sept pe­tits-en­fants. Elle a 1,82 g d’al­cool par litre de sang.

Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint-na­zaire l’a ju­gée, mar­di 6 fé­vrier.

Le pré­sident Ke­rhoas ré­sume : « On est at­ter­ré, il y a à la fois tant de choses et rien à dire. » Ce jour-là, le com­pa­gnon de cette femme qui a des difficultés per­son­nelles et une ad­dic­tion à l’al­cool, lui au­rait de­man­dé de ve­nir le re­joindre à la Ba­con­nière, à Por­nic, soit 25 km en tout. Elle s’exé­cute alors qu’elle sait qu’elle a trop bu. Ne le trou­vant pas, elle prend le che­min du re­tour. C’est au lieu-dit La Pa­cau­de­rie, à Saint­père, qu’elle mord sur le bas­cô­té de la route, se dé­porte et vient heur­ter la Twin­go ar­ri­vant en face. La conduc­trice perd la vie.

À la barre, cette femme frêle, vê­tue de noir, fait pro­fil bas : « J’ai per­du une fille dans un in­cen­die, je com­prends la dou­leur des vic­times. »

Dou­leur d’au­tant plus grande que le ma­ri de la vic­time a souf­fert de plu­sieurs can­cers et qu’elle lui ve­nait en aide quo­ti­dien­ne­ment. Ses filles sont à ses cô­tés sur le banc des vic­times.

« Que dire ? »

À la ques­tion de la pro­cu­reure, Mi­chèle Pier­son, « pour­quoi avez-vous pris le vo­lant ? », cette mère de neuf en­fants ré­pond : « Je ne pen­sais pas que j’en avais au­tant ! »

La re­pré­sen­tante du mi­nis­tère pu­blic re­prend la pa­role : « Sou­vent hé­las, la route tue ce­lui qui roule pru­dem­ment ! » Elle re­quiert 12 mois de pri­son as­sor­tis du sur­sis avec mise à l’épreuve et une an­nu­la­tion de per­mis de cinq ans.

Avo­cat de la dé­fense, Me Her­la rap­pelle que, de­puis trois se­maines, le tri­bu­nal a ju­gé des ho­mi­cides in­vo­lon­taires. Il avance : « Que dire ? Que faire si­non amende ho­no­rable ? Quelle peine ? Sa­chant que de­puis les faits, la pré­ve­nue n’a pas bu une goutte d’al­cool et qu’elle n’a pas re­pris le vo­lant ! »

Après le dé­li­bé­ré, le pré­sident an­nonce la peine : deux ans de pri­son dont 16 mois avec sur­sis, cinq ans d’an­nu­la­tion de per­mis de conduire et obli­ga­tion de soins.

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