Le ca­ras­sin, proche cou­sin de la carpe

Ce pois­son, qui a su­bi des ma­ni­pu­la­tions gé­né­tiques, ap­pré­cie les plans d’eau calmes d’Eure­et­Loir

L'Écho Républicain - - Plein Air - Ni­co­las Es­nault fe­de­ra­tion­peche28@gmail.com

Bien moins connu que la carpe, le ca­ras­sin est sou­vent confon­du avec cette der­nière. Zoom sur les es­pèces que l’on peut ren­con­trer en Eure-et-Loir.

Proche cou­sin de la carpe, le ca­ras­sin s’en dis­tingue très fa­ci­le­ment par l’ab­sence de bar­billons, que pos­sède la carpe. Son corps est tra­pu et apla­ti. Il pos­sède une pe­tite tête et sa robe va du do­rée au ver­dâtre. Suite à des croi­se­ments ef­fec­tués par l’homme, et à des ma­ni­pu­la­tions gé­né­tiques, il existe au­jourd’hui plu­sieurs es­pèces de ca­ras­sins. Trois d’entre elles sont gé­né­ra­le­ment ren­ contrées : le ca­ras­sin com­mun, le ca­ras­sin ar­gen­té, et le ca­ras­sin do­ré. Ces es­pèces adoptent les même com­por­te­ments et modes de vie. Elles ap­pré­cient les eaux calmes et to­lèrent de très faibles quan­ti­tés d’oxy­gène, ce qui en fait des es­pèces très ré­sis­tantes. Les ca­ras­sins ont éga­le­ment la fa­cul­té de ré­sis­ter au gel par un pro­cé­dé mé­ta­bo­lique unique, ce qui en fait le roi des bas­sins d’or­ne­ments de nos ré­gions où l’hi­ver est froid. Ils af­fec­tionnent de pré­fé­rence les mi­lieux à bonne den­si­té de vé­gé­taux, dont ils se nour­rissent en prio­ri­té.

Le ca­ras­sin com­mun.

Pré­sent na­tu­rel­le­ment en Eu­rope, il a été in­tro­duit en France en Lor­raine, au XVIIIe siècle. Le ca­ras­sin com­mun se dis­tingue dif­fi­ci­le­ment des autres es­pèces. On l’iden­ti­fie, néan­moins, par sa na­geoire dor­sale plu­tôt convexe, et son nombre d’écailles su­pé­rieur, trente­deux à trente­cinq sur la ligne la­té­rale. Cette es­pèce est au­jourd’hui lar­ge­ment sup­plan­tée par le ca­ras­sin ar­gen­té.

Le ca­ras­sin ar­gen­té.

Ori­gi­naire d’Asie et im­por­té en Eu­rope au XIXe siècle, ce cou­sin du ca­ras­sin com­mun s’en dis­tingue par une crois­sance plus ra­pide, une taille un peu plus grosse, pou­vant at­teindre voire dé­pas­ser 45 cm, une na­geoire dor­sale plu­tôt concave, et un nombre d’écailles in­fé­rieur, vingt­neuf à trente et un sur sa ligne la­té­rale. Ce n’est que dans la se­conde moi­tié du XXe siècle qu’une nou­velle forme gé­né­ti­que­ment dif­fé­rente est in­tro­duite en Eu­rope et en 1990, dans les Dombes, en France. Ce nou­veau ca­ras­sin contre­na­ture est alors ca­pable de se “mul­ti­plier” qu’entre fe­melles. La seule pré­sence d’un mâle d’un autre cy­pri­ni­dé, pois­son de la même fa­mille, semble alors per­mettre de rendre fer­tiles les oeufs de ca­ras­sins. C’est cette es­pèce qui pro­li­fère, et qui de­vient sou­vent la prin­ci­pale du plan d’eau ou de la mare.

Le ca­ras­sin do­ré (pois­son rouge).

Tout le monde connaît bien ce pois­son, c’est en réa­li­té une es­pèce or­ne­men­tale de ca­ras­sin créée en Chine vers l’an 1000. Il se ren­contre en mi­lieu na­tu­rel uni­que­ment suite à des dé­ver­se­ments vo­lon­taires, et ne s’y re­pro­dui­ra que très ra­re­ment. Les ca­ras­sins peuvent at­teindre une du­rée de vie d’une ving­taine d’an­nées.

Une es­pèce qui ne se mul­ti­plie qu’entre fe­melles

LAURENT MADELON PHO­TOS : NI­CO­LAS ES­NAULT ET

NA­TURE. Le ca­ras­sin ar­gen­té est l’es­pèce de ca­ras­sins la plus ré­pan­due, qui se dis­tingue fa­ci­le­ment de la carpe par l’ab­sence de bar­billons.

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