Les pé­riples des cam­brio­leurs rou­mains

L'Écho Républicain - - Eure-et-loir Actualité - Jacques Joan­no­pou­los Twit­ter : @jjoann – le­cho

Ils ont une di­zaine de cam­brio­lages à leur ac­tif. Mais, la main sur le coeur, ils as­surent que, cette fois, ils ont com­pris et qu’ils ne re­com­men­ce­ront plus. Le tri­bu­nal ne les a pas crus.

Ce sont des traces de se­melles de chaus­sure qui ont tra­hi un trio de cam­brio­leurs rou­mains qui a sé­vi, à la fin de l’an­née 2017, sur l’ag­glo­mé­ra­tion char­traine et le sud du dé­par­te­ment.

En en­quê­tant sur plu­sieurs cam­brio­lages, les gen­darmes dé­couvrent, sur place, des traces de se­melles de chaus­sure de marque. Puis, sur des en­re­gis­tre­ments de vi­déo­sur­veillance, ils re­marquent une voi­ture sus­pecte. La plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion leur per­met d’iden­ti­fier le pro­prié­taire : Mar­co Djord­je­vic, un Rou­main de 34 ans, dé­jà condam­né à six re­prises pour vols, en Al­le­magne et en France. Mais l’homme bouge beau­coup. Sa té­lé­pho­nie est sur­veillée. Les gen­darmes ap­prennent qu’il a ven­du la voi­ture, et qu’il se dé­place, main­te­nant, avec un autre vé­hi­cule.

Des iden­ti­tés pas cer­taines à 100 %

Le 5 dé­cembre, le bor­nage du té­lé­phone por­table du sus­pect, ap­prend aux en­quê­teurs qu’il se trouve dans l’ag­glo­mé­ra­tion char­traine. Ayant la des­crip­tion de sa voi­ture, ils se mettent à sa re­cherche.

Ils fi­nissent par re­pé­rer la voi­ture. Mais l’homme n’a pas l’in­ten­tion de se lais­ser ar­rê­ter. Blo­qué par les gen­darmes, il en­clenche la marche ar­rière. Après avoir heur­té une voi­ture, il est in­ter­pel­lé.

Il est en com­pa­gnie de deux jeunes femmes, deux Rou­maines qui vivent dans des camps du nord de la ré­gion pa­ri­sienne. L’une d’elle porte des bas­kets, dont les se­melles cor­res­pondent aux marques lais­sées sur des cam­brio­lages.

À bord de la voi­ture, les gen­darmes dé­couvrent des ob­jets vo­lés et des tour­ne­vis qui au­raient ser­vi à frac­tu­rer les fe­nêtres des mai­sons qu’ils vi­si­taient.

Mar­co Djord­je­vic re­con­naît une pe­tite di­zaine de cam­brio­lages. Ses deux com­plices, Sa­bri­na Djord­je­vic, 28 ans, qui n’a au­cun lien de pa­ren­té avec son com­plice, et Kel­ly Jo­va­no­vic, 30 ans, sont im­pli­qués dans deux cam­brio­lages.

Les deux femmes ont dé­jà été in­ter­pel­lées à plu­sieurs re­prises, sous de fausses iden­ti­tés. D’ailleurs, les juges ne sont pas cer­tains que celles qu’elles uti­lisent au cours de leur pro­cès soit les vraies.

« En fait, je ne me pré­nomme pas Kel­ly, mais Dé­bo­rah » ré­vèle celle qui pré­tend s’ap­pe­ler Jo­va­no­vic. Un pa­tro­nyme connu des en­quê­teurs de toute la France. La grande ma­jo­ri­té des vo­leuses rou­maines pré­tendent s’ap­pe­ler Jo­va­no­vic ou Djord­je­vic.

De­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, Mar­co Djord­je­vic as­sure que, cette fois, il a com­pris la le­çon et qu’on ne le re­ver­ra ja­mais sur un cam­brio­lage : « Même si je dois tra­vailler deux fois plus, je rem­bour­se­rai les vic­times. »

À ses cô­tés dans le box des pré­ve­nus, Sa­bri­na Djord­je­vic est en larmes. « J’ai deux en­fants. J’ai ac­cou­ché en pri­son et mon com­pa­gnon est dé­cé­dé pen­dant ma dé­ten­tion. J’ai be­soin d’al­ler sur sa tombe. »

Kel­ly Jo­va­no­vic est libre. Elle aus­si as­sure qu’elle veut chan­ger de vie.

Les deux dé­te­nus res­tent en pri­son. Mar­co Djord­je­vic est condam­né à trois ans de pri­son dont deux ans ferme. Sa­bri­na Djord­je­vic est condam­née à la même peine, mais avec dix­huit mois ferme, et Kel­ly Jo­va­no­vic à quinze mois de pri­son dont sept mois ferme. ■

Condam­né à deux ans de pri­son

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