Son ami bles­sé d’un coup de cou­teau

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - Faits Divers / Justice - M. D.

Dis­pute sur fond d’al­cool : elle blesse son ami d’un coup de cou­teau à la cuisse. Elle est condam­née à un an de pri­son avec sur­sis.

◗ Un drame d’après­boire a conduit de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel une femme de 44 ans.

Di­manche 5 no­vembre 2017, aux alen­tours de 17 h 30, les ser­vices de police avaient été re­quis dans l’ap­par­te­ment d’un immeuble de la rue du Fau­bourg­de­la­Chaus­sée, à Montargis. À leur ar­ri­vée, ils s’étaient trou­vés face à deux per­sonnes bles­sées, la pré­ve­nue et son ami, au do­mi­cile du­quel elle s’était ren­due. Ce der­nier por­tait une plaie à la cuisse droite, plaie oc­ca­sion­née par un cou­teau qui al­lait être re­trou­vé, ma­cu­lé de sang sur le ca­na­pé.

Ra­pi­de­ment, les po­li­ciers avaient com­pris qu’il s’était agi d’une dis­pute après que l’un et l’autre des deux an­ta­go­nistes s’étaient li­vrés à de co­pieuses li­ba­tions.

Dans sa dé­po­si­tion, la vic­time leur avait in­di­qué que son amie était ar­ri­vée chez lui al­coo­li­sée et qu’ayant vi­dé une bou­teille de whis­ky à eux deux, ils en étaient ar­ri­vés à « pé­ter un câble ».

« On a bu, il y a eu des mots, une ba­garre et du sang par­tout ! »

Des tâches de sang ma­cu­laient le mur du sa­lon, le col, la cage d’es­ca­lier et les pa­rois de l’as­cen­seur.

Lors de son au­di­tion au com­mis­sa­riat de police, l’amie avait confié aux en­quê­teurs s’être al­coo­li­sée chez la vic­time, tout en les pré­ve­nant qu’elle ne se sou­ve­nait pas comment elle l’avait bles­sée. « On a bu, il y a eu des mots, une ba­garre… et du sang par­tout ».

À la ques­tion de la pré­si­dente Odile Ker­gus « com­bien de coups de cou­teau lui avez­vous don­né ? », elle a ré­pon­du sans la moindre hé­si­ta­tion : « Juste un seul ».

La re­pré­sen­tante du mi­nis­tère pu­blic, Clé­mence Ci­vit, a par­lé d’« une vie dif­fi­cile du couple », at­ti­sée par « des re­la­tions com­pli­quées ».

« Les faits, ca­rac­té­ri­sés, sont graves », a­t­elle in­di­qué au tri­bu­nal. « La vic­time a re­çu un coup de cou­teau et un coup au vi­sage. Ils ne sont pas ano­dins et on ne manque pas de re­le­ver une ten­dance à la vio­lence de la part de la pré­ve­nue qui a frap­pé alors qu’elle ne pen­sait pas être en dan­ger ».

Elle a re­quis contre elle une peine de dix mois de pri­son et la ré­vo­ca­tion du sur­sis d’un mois qui lui avait été pré­cé­dem­ment ac­cor­dé.

Conseil de l’amie, Me Isa­belle Guil­bert a ba­sé sa plai­doi­rie sur l’ab­sence de mé­moire der­rière la­quelle s’était ré­fu­giée sa cliente, « la­quelle, en s’in­ter­ro­geant elle­même, dit ne pas se sou­ve­nir de ce qui s’était pas­sé… ».

Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal l’a condam­née à douze mois de pri­son avec sur­sis et mise à l’épreuve pen­dant deux ans, avec obli­ga­tion de soins, de tra­vail ou de for­ma­tion et in­ter­dic­tion d’en­trer en contact avec la vic­time.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.