Les dea­lers c’est comme les étour­neaux

L'Éclaireur du Gâtinais (Loiret) - - Montargis -

Lors du der­nier conseil mu­ni­ci­pal, un su­jet a été évo­qué que L’Éclai­reur ve­nait jus­te­ment de dé­tailler dans ses co­lonnes – voir notre édi­tion du 12 sep­tembre : le pro­blème du manque d’ef­fec­tifs de Police na­tio­nale à Montargis.

◗ Les élus com­mu­nistes ont qua­li­fié la si­tua­tion de pré­oc­cu­pante. « La po­pu­la­tion est en droit de bé­né­fi­cier d’une police dis­po­nible, for­mée, ef­fi­cace… Ce n’est plus le cas lorsque seule­ment cinq à sept agents sont dé­ta­chés en per­ma­nence sur le ter­rain ».

« Les syn­di­cats de police, face au manque de moyens, ont sug­gé­ré la créa­tion d’un Groupe de sé­cu­ri­té de proxi­mi­té. Cette idée, nous l’avons dé­fen­due l’an der­nier au conseil en pro­po­sant la can­di­da­ture de Montargis pour ac­cueillir le dis­po­si­tif d’ex­pé­ri­men­ta­tion na­tio­nal d’une police de proxi­mi­té. Ce­la nous au­rait ap­por­té des moyens hu­mains. Mais vous avez rayé d’un trait notre pro­po­si­tion. Que faites­vous au­jourd’hui ? »

Beau­coup d’agents se mettent en dis­po­ni­bi­li­té

Le maire a ré­pon­du : « J’ai écrit au pré­fet le 18 sep­tembre pour me plaindre de notre si­tua­tion. Car un po­li­cier au­rait pu être tué mi­sep­tembre dans notre ville ». Rap­pe­lons qu’un homme avait sub­ti­li­sé son pis­to­let avant de ti­rer sur le fonc­tion­naire… sans le tou­cher.

Be­noit Di­geon pour­sui­vait : « Notre si­tua­tion est d’au­tant plus in­juste que le sta­tut fi­nan­cier des po­li­ciers mon­tar­gois n’est pas in­té­res­sant par rap­port à leurs col­lègues de Ne­ mours ». En Seine­et­Marne, en ef­fet, les po­li­ciers bé­né­fi­cient d’une prime liée à la proxi­mi­té de la ré­gion pa­ri­sienne. Pas à Montargis.

« C’est scan­da­leux, et je l’ai fait sa­voir. D’au­tant que cette si­tua­tion est connue des ser­vices. Le syn­di­cat CFDT me l’a dit : ce­ci fait que des po­li­ciers mon­tar­gois se mettent en dis­po­ni­bi­li­té (*). L’ef­fec­tif pour­rait ain­si être de moins 25 per­sonnes dans la réa­li­té ».

Bru­no Not­tin l’avait dé­non­cé quelques mi­nutes avant : « Dans nos quar­ tiers po­pu­laires, des bandes ali­mentent des tra­fics de drogue, im­posent leur loi aux ha­bi­tants. Ces tra­fics sont in­sup­por­tables. Vous ne les to­lé­rez pas en centre­ville, et c’est d’ailleurs pour­quoi vous avez ins­tal­lé des di­zaines de ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance. Les ha­bi­tants des Ci­tés ou du quar­tier Chau­temps as­pirent aus­si à vivre tran­quille­ment, en toute sé­cu­ri­té, avec des es­paces de jeux où les en­fants puissent cir­cu­ler li­bre­ment ».

Le maire re­pre­nait le pro­pos : « Les dea­lers ? Nous fai­sons tout ce qu’il faut pour les épar­piller. C’est comme ça qu’ils se sont un peu éloi­gnés du Su­per U de La Chaus­sée, où on les voyait des caisses ! » Et d’ajou­ter : « C’est comme les étour­neaux, il n’y a pas grand­chose à faire si­non les ef­frayer ».

La. B.

Cette phrase a été pro­non­cée par le maire, qui ré­pon­dait ain­si aux pré­oc­cu­pa­tions sur la Police na­tio­nale.

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