Les fouilles pré­ven­tives pri­mor­diales

L'Éclaireur du Gâtinais (Seine et Marne) - - Seine-et-marne - AN­TOINE BIGO

Si le Centre d’ar­chéo­lo­gie de Seine-et-Marne est ins­tal­lé à Ba­zoches-lès-Bray, ce n’est pas un ha­sard. La com­mune est si­tuée au mi­lieu de la Bas­sée, une zone de car­rières dont l’ex­ploi­ta­tion est condi­tion­née par des fouilles ar­chéo­lo­giques pré­ven­tives qui ont per­mis de nom­breuses dé­cou­vertes.

◗ En amont de Mon­te­reau la Seine prend ses aises. Elle est flan­quée de vastes car­rières de gra­viers, sillon­nées par les ca­mions et les bandes de trans­port de ma­té­riaux. L’ex­trac­tion et le tri de mil­lions de tonnes de terre et de cailloux sur des pro­fon­deurs at­tei­gnant plu­sieurs mètres a sou­vent per­mis la dé­cou­verte de ves­tiges ar­chéo­lo­giques qui té­moignent d’une pré­sence hu­maine da­tant de plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’an­nées.

« C’est fi­na­le­ment grâce aux car­rières que les fouilles ont été en­tre­prises de ma­nière pré­ven­tive », ex­plique Pa­trick Gouge, un des trois ar­chéo­logues avec Sé­bas­tien Ron­ce­ray et Oli­vier De­forge qui animent le Centre dé­par­te­men­tal d’ar­chéo­lo­gie ins­tal­lé dans une fer­mette re­con­di­tion­née.

On y trouve une salle de la­vage, des ob­jets dé­ter­rés, une salle d’éti­que­tage et de col­lage des dé­bris mais sur­tout d’im­por­tants lieux de sto­ckage qui conser­ vent les dé­cou­vertes des cher­cheurs.

Un diag­nos­tic ar­chéo­lo­gique pres­crit par l’État

« Avant la mise en ex­ ploi­ta­tion d’une car­rière, mais aus­si avant d’amé­na­ger un ter­ri­toire, le pro­jet doit faire l’ob­jet d’un diag­nos­tic ar­chéo­lo­gique préa­lable. Des son­dages per­mettent de dé­ter­mi­ner la pré­sence ou non de ves­tiges du pas­sé, leur nombre et leur si­gni­fi­ca­tion his­to­rique. Un en­semble d’in­for­ma­tions qui nous aident à dé­ci­der ou non de l’op­por­tu­ni­té de fouilles plus pous­sées », pré­cise Sé­bas­tien Ron­ce­ray.

Outre l’iden­ti­fi­ca­tion et la conser­va­tion du pa­tri­moine, l’ob­jec­tif du Dé­par­te­ment est aus­si de faire dé­cou­vrir à dif­fé­rents pu­blics ces ves­tiges à tra­vers des ex­po­si­tions ou de ma­nière plus per­ma­nente au mu­sée de Pré­his­toire d’Île­de­France à Ne­mours.

Les ves­tiges sont éti­que­tés, clas­sés et sto­ckés.

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