ÉRIC CHAR­PEN­TIER

FON­DA­TEUR DE MOR­NING

L'Édition Toulouse de La Tribune - - Dossier -

On le dit « fou » , « au­da­cieux » et « cha­ris­ma­tique » : Éric Char­pen­tier va vite, très vite. Mor­ning (ex-pay­name), sa der­nière en­tre­prise, créée en 2013, compte au­jourd’hui 50 sa­la­riés (et vise un ef­fec­tif de 130 per­sonnes fin 2017), sans pour au­tant être ren­table. Spé­cia­li­sée dans la fin­tech, la star­tup tou­lou­saine se po­si­tionne comme une banque en ligne à part en­tière qui per­met de faire des ca­gnottes en ligne ou des trans­ferts d’ar­gent entre par­ti­cu­liers. Elle vient même de lan­cer une carte de paie­ment en par­te­na­riat avec Mas­ter­card où il est pos­sible de choi­sir son code se­cret et de désac­ti­ver le sans contact. Lan­cé à 26 ans dans le bain de l’en­tre­pre­neu­riat, Éric Char­pen­tier a bu la tasse à deux re­prises avant de sor­tir la tête de l’eau. En 2003, ce na­tif de Rieumes (31) crée l’agence de ser­vices à la per­sonne Vi­ta­li à Mu­ret, au sud de Tou­louse. L’ex­pé­rience n’est pas concluante et cette af­faire pé­ri­cli­te­ra avant d’être li­qui­dée en 2010. « Avec 1 500 eu­ros, on ne va pas très loin, même si avec l’en­thou­siasme, on pense que ce­la va mar­cher » , re­con­naît-il au­jourd’hui. D’en­thou­siasme, le jeune en­tre­pre­neur n’en manque pas. En 2007, Éric Char­pen­tier se lance dans une nou­velle aven­ture avec Dwé­ho, une place de mar­ché nu­mé­rique sur la re­cherche de per­son­nel mé­na­ger et réa­lise alors un chiffre d’af­faires de 3 mil­lions d’eu­ros. Ce « gros car­ton » at­tire le fonds d’in­ves­tis­se­ment Ge­ne­ris Ca­pi­tal Part­ners, qui entre au ca­pi­tal de Dwé­ho mais, entre le fon­da­teur et les ac­tion­naires, la mayon­naise ne prend pas. Un an plus tard, un manque de tré­so­re­rie conduit Éric Char­pen­tier à dé­po­ser le bi­lan de sa so­cié­té. Après deux échecs, son der­nier re­bond se­ra-t-il le bon ? Lui, en tout cas, croit dur comme fer en sa bonne étoile. À contre­cou­rant de la concen­tra­tion des star­tups au sein des mé­tro­poles, il pré­fère construire un siège de 600 m2 en pleine cam­pagne, à 50 ki­lo­mètres au sud de Tou­louse. Après avoir le­vé plus de 4 mil­lions d’eu­ros au­près du groupe d’as­su­rance Maif, l’en­tre­pre­neur de 42 ans veut réu­nir 10 à 15 mil­lions d’eu­ros d’ici à la fin de l’an­née. Éric Char­pen­tier vise la ren­ta­bi­li­té d’ici à 2019. Do­mi­nique Va­len­tin, pré­sident du club des en­tre­pre­neurs du Vol­vestre ré­sume : « C’est un fu­nam­bule qui es­saie de ré­vo­lu­tion­ner des mo­dèles bien éta­blis. Soit il de­vient le Bill Gates du Vol­vestre, soit ce­la fe­ra pa­ta­tras. »

F. G. avec G. C. n

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.