Une RÉ­VO­LU­TION qui touche aus­si l'en­sei­gne­ment

Fablab, Fabs­pace, jar­dins agroé­co­lo­giques, co­wor­king… L'uni­ver­si­té Tou­louse 3 Paul-sa­ba­tier (UPS) prend le pli de l'in­no­va­tion en termes de pé­da­go­gie. Six pro­jets ont été mis en place pour rap­pro­cher le monde de la re­cherche de ce­lui des en­tre­prises.

L'Édition Toulouse de La Tribune - - Enquête - SO­PHIE ARUTUNIAN ET FLO­RINE GALÉRON @Soa­ru­tu­nian @flo­ri­ne­ga­le­ron

L’uni­ver­si­té Paul-sa­ba­tier a pré­sen­té fin no­vembre son « cam­pus in­no­vant » qui re­groupe cinq pro­jets col­la­bo­ra­tifs ju­gés por­teurs en termes de for­ma­tion, d'in­no­va­tion et de re­cherche. Un Fabs­pace a éga­le­ment vu le jour dé­but fé­vrier.

LE CAMPUSLAB, LE FABLAB D'UPS

Le Campuslab se pré­sente comme le Fablab D'UPS, un lieu de par­tage de connais­sances et de ren­contres. « De­puis 2014, des ou­tils de fa­bri­ca­tion nu­mé­rique (scan­ner et im­pri­mantes 3D, frai­seuse) et du pe­tit ma­té­riel élec­tro­nique (ar­dui­no, rasp­ber­ry pi) sont mu­tua­li­sés au sein du Cam­pus­fab, ex­plique l'un des res­pon­sables du lieu, Phi­lippe Truillet. Il est ou­vert à tous les usa­gers de l'uni­ver­si­té, et per­met de sti­mu­ler la créa­ti­vi­té et de créer de nou­veaux usages pé­da­go­giques ou de re­cherche. »

LE CA­TA­LY­SEUR, TIERS-LIEUX COL­LA­BO­RA­TIF

Le Ca­ta­ly­seur se po­si­tionne sur les échanges avec les en­tre­prises et dis­pose d'un es­pace de co­wor­king dé­dié aux étu­diants en­tre­pre­neurs. « C'est une pas­se­relle entre la for­ma­tion aca­dé­mique et les ac­ti­vi­tés en­tre­pre­neu­riales », pré­cise Ka­tia Fa­jer­werg, vice-pré­si­dente de la struc­ture. Le pro­jet est is­su d'un ap­pel à pro­jets dans le cadre des In­ves­tis­se­ments d'ave­nir QU'UPS a rem­por­té. « C'est aus­si un pré-in­cu­ba­teur qui se si­tue en amont des in­cu­ba­teurs ou pé­pi­nières d'en­tre­prises. » Le Ca­ta­ly­seur dis­po­se­ra à terme d'un sho­wroom pour per­mettre aux ly­céens de voir ce qu'il se passe dans les la­bos et, pour­quoi pas, sus­ci­ter des vo­ca­tions scien­ti­fiques.

LE CENTRE SPA­TIAL UNI­VER­SI­TAIRE, FÉ­DÉ­RA­TEUR DANS LE NANOSPATIAL

C'est Bé­né­dicte Es­cu­dier, pro­fes­seure à l'isae-su­pae­ro, qui di­rige le centre spa­tial uni­ver­si­taire, un GIS créé of­fi­ciel­le­ment en juin der­nier. « Il a pour mis­sion de fé­dé­rer au­tour de mi­ni-pro­jets spa­tiaux le monde de l'in­dus­trie, les cher­cheurs, les en­sei­gnants et les étu­diants », ex­plique-t-elle. Le pre­mier pro­jet col­la­bo­ra­tif en cours de mon­tage s'ap­pelle Nymph : l'isae-su­pae­ro et le Laas y par­ti­cipent. L'ob­jec­tif est de pou­voir lan­cer un pe­tit sa­tel­lite pour tes­ter des com­po­sants op­to-élec­tro­niques en or­bite ( équi­valent de la fibre op­tique). « Nous pro­po­sons de va­li­der des concepts à moindre coût et prou­vons que le na­no­sa­tel­lite est plus qu'un pe­tit jouet pour uni­ver­si­taire. »

NEOCAMPUS, LE LA­BO DE LA VILLE IN­TEL­LI­GENTE

Avec 36 000 usa­gers et 407 000 m2 de su­per­fi­cie, le cam­pus de L'UT3 Paul-sa­ba­tier ri­va­lise à lui seul avec une ville moyenne comme Pé­ri­gueux. L'ob­jec­tif du pro­jet por­té par la pro­fes­seure Ma­rie- Pierre Gleizes est de trans­for­mer le cam­pus en dé­mons­tra­teur à grande échelle, étu­diants et cher­cheurs pou­vant tes­ter in vi­vo leurs su­jets de re­cherche. Neocampus re­groupe 11 la­bo­ra­toires de l'uni­ver­si­té avec aus­si bien des in­for­ma­ti­ciens que des éner­gé­ti­ciens, des phy­si­ciens, des éco­logues ou des ju­ristes. Trois salles ont dé­jà été équi­pées de cap­teurs de tem­pé­ra­tures ou de lu­mi­no­si­té afin d'amé­lio­rer le confort au quo­ti­dien des usa­gers de la fac, tout en réa­li­sant des éco­no­mies d'éner­gie. Dé­but fé­vrier, les so­cié­tés Su­ni­brain (pho­to­vol­taïque), Car­ré Pro­ducts (lam­pa­daires so­laires) et l'édi­teur de lo­gi­ciels Ber­ger-le­vrault se sont as­so­ciées au pro­jet pour tes­ter di­rec­te­ment sur le cam­pus leurs in­no­va­tions.

LES JAR­DINS AGROÉ­CO­LO­GIQUES, POUR LA SCIENCE ET LE BIEN-ÊTRE

Le pro­jet de jar­dins uni­ver­si­taires agroé­co­lo­giques vise à ap­prendre les prin­cipes de cette dis­ci­pline, amé­lio­rer le bien-être et la qua­li­té ali­men­taire en mo­bi­li­sant des com­pé­tences mul­ti­dis­ci­pli­naires (agro­no­mie, bio­lo­gie, géo­lo­gie, in­for­ma­tique, ro­bo­tique, etc.). « Dans une ré­gion qui se po­si­tionne avec force dans le sec­teur agroa­li­men­taire, nous de­vons prendre notre place », as­sure Fran­çois De­man­geot, vice-pré­sident du con­seil d'ad­mi­nis­tra­tion de l'uni­ver­si­té. Autres pistes en­vi­sa­gées : la créa­tion de ver­gers, de haies frui­tières, de po­ta­gers fleu­ris, d'un vi­gnoble ex­pé­ri­men­tal, d'une serre et d'une banque de se­mences.

LE FABS­PACE, POUR DES STAR­TUPS DÉ­DIÉES AUX DON­NÉES SPATIALES

UT3 Paul-sa­ba­tier et le pôle de com­pé­ti­ti­vi­té Ae­ros­pace Val­ley ont ou­vert dé­but fé­vrier un Fabs­pace. Ce lieu d'in­no­va­tion est consa­cré aux don­nées d'ob­ser­va­tion de la Terre avec pour ob­jec­tif de fa­ci­li­ter l'émer­gence de star­tups dans le do­maine des ap­pli­ca­tions spatiales. Le Fabs­pace tou­lou­sain fait par­tie d'un ré­seau eu­ro­péen qui compte cinq autres sites en Grèce, Bel­gique, Ita­lie, Po­logne et Al­le­magne. La star­tup Ter­ra­nis a mis à dis­po­si­tion une pla­te­forme qui condense di­verses don­nées spatiales pu­bliques : tem­pé­ra­ture des océans, em­pla­ce­ment des zones agri­coles, état du tra­fic… « Il faut tout mettre en oeuvre pour que le fu­tur Uber du spa­tial puisse naître à Tou­louse », es­time Phi­lippe Lattes, di­rec­teur de la sec­tion es­pace d'ae­ros­pace Val­ley.

Le pro­jet Neocampus vise à trans­for­mer le cam­pus de Paul-sa­ba­tier en dé­mons­tra­teur à grande échelle.

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