KYLIAN MBAPPE

« Dès le dé­but, on doit sen­tir quelque chose de fort »

L'Équipe - - LA UNE - BILEL GHAZI et VINCENT VILLA

Dans un en­tre­tien à « L’Équipe » , l’at­ta­quant des Bleus confie ses am­bi­tions pour l’équipe de France. Elles sont très hautes et il as­sume.

Ce soir- là, Kylian Mbap­pé inau­gu­rait son site In­ter­net (*), dans les lo­caux de son équi­pe­men­tier. La Coupe du monde était en­core as­sez loin mais squat­tait dé­jà son es­prit. « Hier, j’ai re­çu une montre qui in­dique le temps qu’il reste d’ici au Mon­dial, avait ri­go­lé l'homme aux quinze sé­lec­tions ( 4 buts). Trente- quatre jours, dix- neuf heures, seize mi­nutes, cinq se­condes ! » Puis il avait ou­blié sa trot­teuse per­fec­tion­née pour se pro­je­ter sur le Mon­dial, qu’il avait hâte de dis­pu­ter, à seule­ment dix- neuf ans.

« De­puis quand le Mon­dial est- il un objectif concret pour vous ?

Oh, de­puis long­temps ! De­puis l’époque mo­né­gasque, dé­jà. Je me di­sais que c’était pos­sible en fait, que Di­dier Des­champs avait dé­jà ap­pe­lé de jeunes joueurs comme An­tho­ny Mar­tial, King­sley Co­man, Ous­mane Dem­bé­lé. Je me di­sais qu’il fal­lait jouer. Ça pas­sait par mon club. Dès que j’ai fi­ni l’Eu­ro des moins de 19 ans, qu’on avait rem­por­té

( en 2016), pen­dant le­quel j’avais été per­for­mant, je me suis dit: il faut y croire! Si tu n’y es pas, per­sonne ne va crier au scan­dale, mais il faut y croire.

Vous n’étiez pas en­core ti­tu­laire en Ligue 1!

J’étais le qua­trième ou cin­quième choix à Mo­na­co, mais croire en soi, c’est ça. J’ai tou­jours cru en moi, et j’ai été ré­com­pen­sé. Se fixer des ob­jec­tifs éle­vés, c’est ce qui me fait avan­cer. Le jour où je n’en au­rai plus… Bien sûr, il y a le plai­sir du jeu, mais aus­si ce­lui de re­pous­ser ses li­mites, de se dire qu’on est ca­pable de faire les choses: c’est vrai­ment ça, aus­si, qui m’anime.

Quel se­ra votre objectif per­son­nel du­rant cette Coupe du monde?

Gagner! Il y a des mo­ments où il faut sa­voir faire pas­ser le col­lec­tif avant tout, et la Coupe du monde en fait par­tie. C’est pa­reil en Ligue des cham­pions: ton cas per­son­nel passe après. Bien sûr qu’il fau­dra, comme d’autres joueurs, que je fasse un bon Mon­dial. Mais, dans ce genre de com­pé­ti­tion, quand tu penses à toi, tu ne gagnes pas. Et l’objectif, c’est de gagner. Je ne veux pas fi­nir meilleur bu­teur et sor­tir en hui­tièmes. C’est le col­lec­tif avant tout. Après, s’il reste de la place pour l’objectif in­di­vi­duel…

“La jeu­nesse est une ex­cuse sans l’être. Moi, je n’aime pas par­ler d’âge. Soit on peut, soit , , on ne peut pas. Si on ne peut pas, on reste en France

Quand vous dites gagner, vous par­lez de la Coupe du monde ?

Bien sûr! Je pense qu’on a des joueurs de ta­lent, mais il faut créer une équipe. Ce sont les équipes qui gagnent les com­pé­ti­tions. On va se rendre à cette com­pé­ti­tion pour vrai­ment dé­pas­ser nos li­mites. On est une jeune gé­né­ra­tion qui com­mence à éclore. On s’ap­pré­cie. Mais que peut- on faire tous en­semble? C’est ça, la ques­tion. Ça com­mence cet été. On va voir ce qu’on peut faire.

‘‘ Créer une équipe’’ ?

Oui! Une vraie équipe, c’est quoi? Res­ter tous en­semble, s’ap­pré­cier, sa­voir cou­rir pour le co­pain. Bien sûr, après, il y a le

tra­vail du coach, mais on pos­sède un grand sé­lec­tion­neur, il n’y au­ra pas de sou­ci là- des­sus. Mais, dès le dé­but, on doit sen­tir quelque chose de fort.

L’ar­gu­ment de la jeu­nesse de cette équipe est- il re­ce­vable, pour vous ?

On a une équipe jeune, oui. Mais, quand vous re­gar­dez, vous voyez que ça joue à Bar­ce­lone, à Ma­drid, à Pa­ris, à la Juve, à Man­ches­ter… Pre­nez n’im­porte quelle

( grande) équipe eu­ro­péenne, il y a un Fran­çais, au mi­ni­mum. Bien sûr, on est jeunes, mais il y a pas mal de joueurs ex­pé­ri­men­tés: Ra­phaël Va­rane, qui a rem­por­té plu­sieurs Ligues des cham­pions avec le Real ( 4), Sa­muel Um­ti­ti, ti­tu­laire au Bar­ça, Paul Pog­ba, qui a dis­pu­té quatre sai­sons ex­tra­or­di­naires à Tu­rin ( 2012- 2016), puis a fait l’ob­jet d’un trans­fert re­cord à Man­ches­ter ( 105M€), qu’il a as­su­mé, N’Go­lo Kan­té ( Chel­sea)… La jeu­nesse est une ex­cuse sans l’être. Moi, je n’aime pas par­ler d’âge. Soit on peut, soit on ne peut pas. Si on ne peut pas, on reste en France.

Mais, au- de­là de l’âge, les in­ter­ro­ga­tions portent sur la ca­pa­ci­té de ces in­di­vi­dua­li­tés à jouer en­semble…

Oui… C’est pour ça que je dis, pour connaître les joueurs, qu’il n’y en a pas un d’égoïste qui ne pense qu’à sa poire. Il n’y en a pas un seul dont je di­rais : avec lui, ça va être com­pli­qué, il ne pense qu’à lui. Tous veulent gagner, et quand tu veux y par­ve­nir, t’es prêt à faire des sa­cri­fices.

On n’a pas trop en­ten­du ce dis­cours- là. L’objectif du pré­sident de la FFF, Noël Le Graët, porte sur les de­mi- fi­nales…

Cha­cun son point de vue. Le pré­sident et le sé­lec­tion­neur ont plus d’ex­pé­rience que moi. Ils sont bien pla­cés pour par­ler. Mais, moi, je pars du prin­cipe qu’il faut avoir des ob­jec­tifs éle­vés pour avan­cer. Chaque point de vue est res­pec­table.

Al­lez- vous jus­qu’à pla­cer la France au même ni­veau que les grands fa­vo­ris comme le Bré­sil ou l’Al­le­magne ?

Ça, non! On a quand même du re­tard, il faut être objectif et lu­cide. Le Bré­sil, l’Es­pagne et l’Al­le­magne ont quand même une pe­tite avance sur nous. Après, sur une com­pé­ti­tion, tu ne sais pas ce qu’il va se pas­ser, c’est la forme à l’ins­tant T qui compte. Bien sûr, sur le pa­pier, on est égaux, mais si on re­garde les per­for­mances que ces sé­lec­tions ont pro­duites… Sur le pa­pier, on se base sur un po­ten­tiel, car il y a des jeunes qui évo­luent dans de grands clubs, mais si on prend le pal­ma­rès de cha­cun, il tient sur une grande feuille ( il se sai­sit d’une feuille A4 po­sée de­vant lui),

hor­mis ‘‘ Raph’’ ( Va­rane). Ils ont de l’avance sur nous, mais cette avance est rat­tra­pable, car on est jeunes et il y a du temps.

Il y a de l’im­pa­tience aus­si ?

C’est nor­mal. Quand tu vois ce que les Fran­çais ac­com­plissent sur les pe­louses eu­ro­péennes, tu te dis: mais faites- le tout de suite, faites- le tout de suite! Moi aus­si, quand je suis de­vant la té­lé et que je vois un joueur fran­çais, je me dis: l’équipe de France, on va se ré­ga­ler, c’est pour main­te­nant! Mais ce n’est pas comme ça. Le foot, tout le monde le sait, c’est avec le temps. Des au­to­ma­tismes vont se créer. Peut- être qu’on ne se­ra pas prêts tout de suite, mais on veut se don­ner tous les moyens pour y par­ve­nir.

Quand vous vous pro­je­tez à titre per­son­nel, c’est à quel poste ?

( Il ri­gole.) Ouais, le poste… Comme je l’ai dit, en équipe de France comme au PSG, j’ai une cer­taine li­ber­té de mou­ve­ment, ce qui fait que la ques­tion du poste peut en­core être re­tar­dée pour quelques an­nées. Quand je com­mence à droite, je peux al­ler un peu par­tout sur le ter­rain. Ce n’est pas comme si je res­tais dans le cou­loir.

Le sé­lec­tion­neur vous a par­lé de votre po­si­tion­ne­ment ?

Non, car il n’a pas à se jus­ti­fier. Aus­si fort sois- tu, c’est lui qui fait les choix. Si­non, c’est toi qui mets le cos­tume et qui coache. Il me dit : tu joues là, et moi je lui

“Je ne pense pas qu’on naisse avec la culture de la gagne. Ça se cultive. C’est tous les jours, à l’en­traî­ne­ment, quand tu gagnes et que tu nargues l’équipe qui a per­du

ré­ponds : O. K. coach, je don­ne­rai le meilleur de moi- même!

Avez- vous le sen­ti­ment que, mal­gré votre âge, on at­tend beau­coup de vous, dé­jà, à titre in­di­vi­duel ?

C’est nor­mal. Il ne faut pas se ca­cher.

Il y a beau­coup d’at­tentes, c’est le pays. Tu as de bons joueurs, tu veux qu’ils soient bons tout de suite, et, moi, je n’ai au­cun pro­blème avec ça. La pres­sion, il faut sa­voir la sup­por­ter, et j’es­père que je pour­rai faire le maxi­mum pour y par­ve­nir.

Que vous ont ap­por­té vos dix- huit pre­miers mois pleins dans le monde pro ?

J’ai ap­pris à cô­toyer dif­fé­rents mondes. Ce­lui de Mo­na­co était plus tran­quille et fa­mi­lial. À Pa­ris, c’est un monde de su­per­stars. Ce sont deux choses dif­fé­rentes. Ce­la m’a per­mis d’élar­gir ma pa­lette, de pou­voir m’adap­ter par­tout, en toutes cir­cons­tances, d’être un ca­mé­léon. C’était en­ri­chis­sant !

Après votre pas­sage de Mo­na­co à Pa­ris, c’est prin­ci­pa­le­ment le ni­veau d’exi­gence qui a chan­gé?

Oh, oui, aus­si! À Mo­na­co, on te de­mande de t’épa­nouir, de pro­gres­ser, de faire de bonnes per­for­mances. À Pa­ris, il ne faut plus que tu t’épa­nouisses, il faut gagner! Tu as des ob­jec­tifs: il faut tout gagner au ni­veau na­tio­nal, il faut al­ler le plus loin pos­sible en Ligue des cham­pions…

Il faut la gagner ?

Oui, il faut la gagner. Mais quand tu tombes sur le Real Ma­drid en hui­tièmes de fi­nale ( 1- 3, 1- 2), ça bou­le­verse tes plans ( sou­rire)! Mais, dé­jà, sur le plan na­tio­nal, on in­siste sur le fait de de­voir faire un sans- faute, de mar­quer à tous les matches. Même lorsque tu joues le der­nier, tu n’as pas le droit de sau­ter ce match, entre guille­mets. À Pa­ris, tu ne marques pas contre Amiens ou je ne sais pas qui, il y a mort d’homme tout de suite, il y a un pro­blème…

Ce­la cor­res­pond bien à votre ni­veau d’exi­gence…

Bien sûr. J’ai tou­jours dit que j’étais quel­qu’un d’am­bi­tieux. Je ne sais pas si je suis trop sé­vère avec moi- même. Mais c’est ce qui fait avan­cer. Je n’ai pas le temps de re­gar­der les vi­déos où j’ai mar­qué, où j’ai drib­blé. Je re­garde plu­tôt mes vi­déos dé­fen­sives, les oc­ca­sions man­quées.

Quel bi­lan dres­sez- vous de votre pre­mière sai­son au PSG ? On a pu cri­ti­quer…

( Il coupe.) Les cri­tiques, c’est nor­mal quand tu joues dans un grand club. Si tu ne veux pas être cri­ti­qué, tu ne signes pas dans un grand club. On parle de nous tous les jours, et on ne peut pas dire tous les jours que le PSG est mer­veilleux, ex­tra­or­di­naire. Quand ça ne va pas, il faut le dire aus­si. Après, cette sai­son, elle est sa­tis­fai­sante. Bien sûr, on peut faire mieux au ni­veau eu­ro­péen, que ce soit au ni­veau per­son­nel ou col­lec­tif. Mais j’ai ga­gné des titres, j’ai im­pac­té sur ces titres et j’ai de bonnes sta­tis­tiques, sa­chant que j’ai les deux monstres à cô­té ( Ney­mar et

Edin­son Ca­va­ni). C’était une pre­mière sai­son en­cou­ra­geante. Mais c’est sûr qu’il fau­dra faire mieux la sai­son pro­chaine pour pour­suivre la pro­gres­sion.

N’avez- vous pas le sen­ti­ment que le poids de votre trans­fert ( 145M€ + 35M€ de bo­nus) et de votre sa­laire oc­culte votre jeune âge ?

( Il ri­gole.) C’est nor­mal, c’est jus­ti­fié ! Tu ne peux pas com­battre ça ! Il faut chan­ger de mé­tier si tu ne peux pas ac­cep­ter les cri­tiques. Il faut ar­ri­ver à dire à ceux qui te cri­tiquent : vous me cri­ti­quez ? Je vous donne ren­dez- vous sa­me­di ! Et si, le sa­me­di, tu marques, on ne te cri­tique plus. Mais si tu ne marques pas le sa­me­di d’après, ce sont eux qui gagnent, et ils ont le droit de te cri­ti­quer le di­manche ! Je prends le foot comme un jeu. Le jour où ça ne se­ra plus le cas, je n’y joue­rai plus…

Vous avez be­soin de vous nour­rir de cette forme d’ad­ver­si­té ?

C’est bien de l’avoir! En plus, je suis quel­qu’un de très ‘‘ ra­geux”. C’est bien d’avoir de nou­veaux ad­ver­saires et de gagner, gagner, gagner. C’est comme ça que tu crées la culture de la gagne, car je ne pense pas qu’on naisse avec. Ça se cultive. C’est tous les jours, à l’en­traî­ne­ment, quand tu gagnes et que tu nargues l’équipe qui a per­du. Le len­de­main, tu re­viens pour gagner car ton ad­ver­saire n’a pas ou­blié que tu l’as bat­tu la veille. Ce sont plein de choses qui font que tu conti­nues, tu conti­nues… Et, un jour, tu te ré­veilles, la culture de la gagne, tu l’as en toi.

À quels ni­veaux pen­sez- vous pou­voir en­core pro­gres­ser ?

Pour l’ins­tant, mes deux axes de pro­gres­sion doivent être l’ef­fi­ca­ci­té of­fen­sive et le tra­vail dé­fen­sif. J’ai un pro­blème. Je pars de loin. J’ai beau­coup pro­gres­sé, mais ce n’est pas en­core suf­fi­sant pour le haut ni­veau. Après, sans sa­voir si c’est une ex­cuse ou pas, dans les équipes de jeunes, on a tou­jours fait les tâches dé­fen­sives pour moi. J’étais la ‘‘ star n° 1”. On di­sait aux autres joueurs: ‘‘ Tu re­viens pour Kylian’’, ‘‘ tu la donnes à Kylian”. Mais quand tu ar­rives au PSG, il y a une star, dé­jà. Et, main­te­nant, c’est à moi de me fondre dans le col­lec­tif pour le ser­vir. C’est un nou­veau rôle que j’ap­prends.

Men­ta­le­ment, vous avez un cap à pas­ser ?

Je ne sais pas si c’est men­tal. C’est un état d’es­prit, la dé­fense. Dire que je ne sais pas dé­fendre, c’est du vent, c’est pour ama­douer les gens, ça. Il n’y a que ce­lui qui ne connaît pas le foot­ball qui te di­ra: ‘‘ tu ne sais pas, ce n’est pas grave’’. Ceux qui connaissent le foot­ball savent que c’est un état d’es­prit. C’est, hop, tu as per­du le bal­lon, qu’est- ce que tu fais? J’es­saye mais, par­fois, j’ai en­core des manques. Ça se voit. Moins au PSG où tu as la pos­ses­sion. Mais ça se voit en équipe de France où, cer­taines fois, je dois en­core pro­gres­ser sur ça.

Sur l’ef­fi­ca­ci­té, par rap­port à Mo­na­co, ce qui est mar­quant, c’est que vous avez eu sur cer­tains matches un dé­chet as­sez in­ha­bi­tuel…

Le truc, c’est que je dé­pense beau­coup d’éner­gie sur le cô­té. À Mo­na­co, j’étais axial. Je fai­sais des courses peut- être in­ten­sives, mais des courses de vingt mètres et tu fi­nis sur un but. Là, quand tu re­viens dans le bloc, tu fais des courses de soixante- cinq mètres, tu ar­rives de­vant le gar­dien, tu tires la langue! Mais il faut gar­der la lu­ci­di­té. Car, par­fois, tu n’en as qu’une et, si tu la rates, c’est sur ça que tu es ju­gé. Donc, c’est sur ça que je dois pro­gres­ser. Mais c’est vrai que c’est dif­fé­rent de jouer sur le cô­té et dans l’axe.

Quelles li­mites vous fixez- vous ?

Ce sont les titres, les li­mites. La Ligue des cham­pions, il faut al­ler la cher­cher. La Coupe du monde, on va s’y frot­ter, on va voir ce que ça va don­ner. Oui, ce sont les titres.

Et in­di­vi­duel­le­ment ?

C’est lié au col­lec­tif, car tu ne ga­gne­ras pas tout seul. Si les autres joueurs ont dé­ci­dé de ne pas te ser­vir, tu peux être aus­si fort que tu veux, tu ne tou­che­ras pas le bal­lon.

Le titre de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde, c’est dans un coin de votre tête ?

( Rires.) Je n’y ai pas en­core pen­sé, mais pour­quoi pas? C’est pos­sible!

Quels sont vos plus vieux sou­ve­nirs de Coupe du monde ?

C’est 2006. Zi­dane. J’avais sept ans et de­mi. Après 2010, le sou­ve­nir, c’est le car, obli­gé. On ne peut pas faire ce­lui qui ne sait pas. Et 2014, où on a re­mon­té la pente. Le pu­blic s’est re­mis à vrai­ment ai­mer l’équipe de France. C’est là où il y a eu une ré­con­ci­lia­tion entre les deux. Même si on n’a pas ga­gné, c’était un pas im­por­tant.

Vous sem­blez être très at­ten­tif au rap­port au pu­blic…

Sans le pu­blic, tu n’es pas ce­lui que tu es. C’est le pu­blic qui te pousse, et il faut res­pec­ter ça.

Comment ap­pré­hen­dez- vous la di­ver­si­té in­car­née par l’équipe de France ?

“Dans les équipes de jeunes, on a tou­jours fait les tâches dé­fen­sives pour moi. J’étais la ‘‘ star n° 1’’. On di­sait aux autres : , , ‘‘ tu re­viens pour Kylian ’’, ‘‘ tu la donnes à Kylian ’’

C’est quelque chose d’im­por­tant. On est im­por­tant pour la so­cié­té, car on im­pacte beau­coup sur celle- ci. Que ce soit les jeunes de ban­lieue, car c’est de là d’où je viens, ou qui que ce soit d’autre, l’équipe de France, tout le monde la re­garde. Donc, c’est im­por­tant de don­ner une bonne image, car les en­fants, les plus jeunes re­pro­duisent la même chose. Si on ne fait pas ce qu’il faut, ils vont ré­pé­ter ça le len­de­main, et ce n’est pas bon. »

Kylian Mbap­pé prend la pose dans l'hô­tel où sont ba­sés les Bleus, lun­di.

Kylian Mbap­pé ef­face Leo­nar­do Bo­nuc­ci sous les yeux de Mat­tia De Sci­glio ( à droite) lors du suc­cès des Bleus contre l'Ita­lie ( 3- 1), le 1er juin.

Kylian Mbap­pé centre mal­gré la pré­sence de l'Amé­ri­cain Mat­thew Miaz­ga, sa­me­di à Dé­cines ( 1- 1).

La joie dé­mons­tra­tive de Kylian Mbap­pé lors d'un en­traî­ne­ment des Bleus, lun­di, à Is­tra.

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