Le Por­tu­gal a aus­si sa crise

Quatre joueurs de la Se­le­çao viennent de ré­si­lier uni­la­té­ra­le­ment leur contrat avec le Spor­ting. Sans consé­quence sur l’équipe na­tio­nale ? À voir.

L'Équipe - - COUPE DU MONDE 2018 - R. D.

ADLER ( RUS) – Com­pa­rés à la dé­flag r a t i o n L o p e t e g u i ( v o i r p a - ges 16- 17), les pro­blèmes por­tu­gais peuvent sem­bler bé­nins. D’ailleurs, une seule ques­tion au su­jet du Spor­ting Por­tu­gal a été po­sée hier, lors de la très courte confé­rence de presse qui réunis­sait Joao Mou­tin­ho et Fernando San­tos. « Ça n’au­ra pas d’in­fluence, a as­su­ré le mi­lieu mo­né­gasque. Nous sommes concen­trés sur nos ob­jec­tifs : bien tra­vailler et bien com­men­cer le Mon­dial. Nous ne de­vons pas pen­ser à autre chose. On ne re­garde pas ce qu’il se passe au sein des autres sé­lec­tions ou en de­hors de la Se­le­çao. » Mou­tin­ho a été for­mé au Spor­ting, comme la moi­tié des vingt- trois Por­tu­gais, et il en pense cer­tai­ne­ment plus qu’il n’a vou­lu le dire à pro­pos de la crise pro­fonde tra­ver­sée par les Lions.

Le concur­rent lis­boète de Ben­fi­ca se dé­lite de­puis plu­sieurs se- maines, em­por­té par un pré­sident hau­te­ment in­flam­mable, qui a fait bas­cu­ler l’ins­ti­tu­tion dans le chaos au prin­temps. Ce­la a com­men­cé par des cri­tiques très vi­ru­lentes de Bru­no de Car­val­ho en­vers les joueurs sur les ré­seaux so­ciaux, après leur éli­mi­na­tion en q u a r t s d e f i n a l e d e l a L i g u e Eu­ro­pa face à l’At­lé­ti­co de Ma­drid ( 0- 2, 1- 0). Ce­la s’est pour­sui­vi par la dé­ci­sion de les sus­pendre pour lui avoir ré­pon­du col­lec­ti­ve­ment, via une lettre ou­verte. Et ce­la a dé­gé­né­ré pour de bon le 15 mai quand une cin­quan­taine d’ul­tras sont ve­nus, avec l’au­to­ri­sa­tion im­pli­cite du pré­sident, agres­ser l’en­traî­neur et les joueurs dans le ves­tiaire de l’Aca­dé­mie Spor­ting, deux jours après une dé­faite chez le Ma­ri­ti­mo ( 1- 2) qui a coû­té la deuxième place, sy­no­nyme de Ligue des cham­pions.

Cet épi­sode trau­ma­ti­sant consomme la rup­ture. Après avoir vou­lu mettre tout le monde à la porte, le pré­sident est aban­don­né de toutes parts, le club se vide de ses forces. Rui Pa­tri­cio ré­si­lie unil a t é ra l e ment s o n co nt ra t l e 1er juin. William Car­val­ho, Bru­no Fer­nandes et Gel­son Mar­tins, les autres joueurs du Spor­ting re­te­nus pour l e Mon­dial , fo nt de même mar­di der­nier ( en tout huit joueurs ont ré­si­lié). Ces quatre- là peuvent- ils avoir com­plè­te­ment

Une re­traite spi­ri­tuelle en Al­le­magne pour Rui Pa­tri­cio

la tête à la Se­le­çao ? Le staff por­tu­gais leur a vi­ve­ment conseillé de com­mu­ni­quer a mi­ni­ma sur les ré­seaux so­ciaux et de ne ré­pondre au té­lé­phone qu’à leurs proches et à leurs agents.

Ce soir, deux joueurs di­rec­te­ment im­pli­qués dans les évé­ne­ments, au moins, se­ront ali­gnés : William Car­val­ho ( 26 ans) et sur­tout Rui Pa­tri­cio ( 30 ans). Le gar­dien, au­teur d’une bourde mo­nu- men­tale lors de la dé­faite contre le Ma­ri­ti­mo, s’est res­sour­cé lors d’une courte re­traite spi­ri­tuelle en Al­le­magne, dans l’ash­ram Sh­ree Pee­tha Ni­laya, avant de re­joindre le stage de pré­pa­ra­tion de l’équipe na­tio­nale. Il n’a dis­pu­té que le troi­sième match ami­cal d’avant Mon­dial contre l’Al­gé­rie ( 3- 0, le 7 juin), comme si son sé­lec­tion­neur vou­lait le pré­ser­ver au maxi­mum.

Le gar­dien por­tu­gais Rui Pa­tri­cio à l'en­traî­ne­ment à Kra­to­vo, lun­di.

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