« Je ne veux rien ré­vo­lu­tion­ner »

Le nou­veau coach de Mar­tin Four­cade com­mence la sai­son avec am­bi­tion et mo­des­tie. Il se donne le temps d’ap­prendre.

L'Équipe - - TENNIS - JEAN- PIERRE BIDET

BEAULIEU ( HAUTE- LOIRE) – L’équipe de France est réunie jus­qu’à la fin de la se­maine pour le pre­mier stage de la sai­son. L’oc­ca­sion pour le nou­veau coach des hommes, l’an­cien cham­pion du monde de ski de fond Vincent Vit­toz, de pré­ci­ser sa phi­lo­so­phie.

« Vincent Vit­toz coach de Mar­tin Four­cade, c’était une grosse cote !

Ça peut pa­raître sur­pre­nant mais à par­tir du mo­ment où Sté­phane ( Bou­thiaux, l’an­cien en­traî­neur) avait fait le choix de prendre du re­cul, la vo­lon­té de Mar­tin et du staff d’avoir un nou­veau dis­cours avec une per­sonne ayant un pro­fil in­édit, plus ty­pé ski de fond, on n’était pas si loin que ça. À la fin de l’hi­ver, j’avais émis l’idée de chan­ger, j’étais peut- être au bout de l’his­toire avec mon groupe des moins de 23 ans. J’avais en­vie d’évo­luer. Mal­gré tout, quand Sté­phane m’a ap­pe­lé, j’ai ré­flé­chi. Au dé­but, j’étais plu­tôt sur une ré­ponse né­ga­tive mais au bout d’une se­maine, la ten­dance s’est in­ver­sée. C’est une belle re­con­nais­sance pour le ski de fond que Mar­tin, le nu­mé­ro 1 fran­çais du bi­ath­lon, pense à ve­nir cher­cher notre ex­per­tise.

Il a tou­jours eu un prisme ski de fond très fort…

C’est avant tout quel­qu’un qui cherche, tou­jours, ce qu’il y a de mieux. Il a tel­le­ment ga­gné qu’il a be­soin de nou­veau­té pour se re­lan­cer. Ce chal­lenge ski de fond, il l’a tou­jours eu au fond de lui, il a pas mal cô­toyé le groupe quand il est ve­nu en Coupe du monde.

Quelle va être la patte Vit­toz ?

Pour le mo­ment, je suis là pour ap­prendre à les connaître, je suis en­core en mode ob­ser­va­tion. Je viens d’un autre mi­lieu, ils avaient leurs ha­bi­tudes. Je ne veux rien ré­vo­lu­tion­ner. C’est sim­ple­ment les mots qui vont chan­ger, le dis­cours, mais dans l’ap­proche, la ma­jo­ri­té des séances de tra­vail va res­ter la même. Ça va se jouer sur des dé­tails. Ce qui a été fait fonc­tionne, les ré­sul­tats l’ont prou­vé et je n’ai pas en­vie de cas­ser ça. Je reste as­sez humble par rap­port à tout ce qui a été fait avant. Du tra­vail, ils en ef­fec­tuaient avant et ils vont conti­nuer.

Quel va être votre plus grand dé­fi ?

Dans un pre­mier temps, il va me fal­loir ap­prendre la dis­ci­pline et sur­tout prendre conscience de l’im­pact psy­cho­lo­gique du tir, cette fa­tigue dif­fi­ci­le­ment quan­ti­fiable. Il y au­ra sans doute des séances où je de­vrai bais­ser mon ni­veau d’exi­gence parce que men­ta­le­ment, ils au­ront énor­mé­ment in­ves­ti der­rière leur ca­ra­bine. Je veux com­prendre ça et le maî­tri­ser.

Sont- ils ré­cep­tifs ?

J’ai le sen­ti­ment qu’ils sont contents d’avoir un nou­veau dis­cours. Quant à Mar­tin, c’est quel­qu’un de très bien or­ga­ni­sé, qui a be­soin de tout connaître à l’avance, qui an­ti­cipe énor­mé­ment. Il est dans le sou­ci du dé­tail. Ça n’est pas un ha­sard s’il est nu­mé­ro 1.

Comme vous, en somme ?

Je ne sais pas mais c’est sûr que l’un comme l’autre, on ne veut r i en l ai sser au ha­sard. En le voyant fonc­tion­ner, on sent qu’il a une maî­trise to­tale de sa pra­tique. »

Mar­tin Four­cade, sur ses skis à rou­lettes, s'en­tre­tient avec son nou­veau coach, Vincent Vit­toz.

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