« Pré­vu comme ça de­puis le dé­but »

Serge Si­mon, bras droit de Ber­nard La­porte, ex­plique que le contrat de Jacques Brunel a tou­jours cou­ru jus­qu’à juin 2020. Mais ce­la n'avait ja­mais été an­non­cé of­fi­ciel­le­ment.

L'Équipe - - RUGBY - AR­NAUD REQUENNA

Le mi­lieu du rug­by fran­çais a sur­sau­té quand Ber­nard La­porte, le pré­sident de la FFR, a dé­cla­ré au Pro­grès, en marge de l’inau­gu­ra­tion du siège de la ligue Au­vergne - Rhône- Alpes : « Jacques Brunel ( pho­to) est sous contrat jus­qu’en 2020 et res­te­ra donc à la tête de l’équipe de France jus­qu’à cette date- là. » Alors que la cou­lisse com­men­çait à bruis­ser de ru­meurs et de dis­cus­sions, comme avant chaque Coupe du monde, cette an­nonce a clos le dé­bat. Mais, à la FFR, il n’a ja­mais exis­té. « Je suis sur­pris que vous soyez sur­pris ( de l’an­nonce de Ber­nard La­porte), confie Serge Si­mon, nu­mé­ro 2 de la FFR, en charge des équipes de France. C’est pré­vu comme ça de­puis le dé­but, le contrat de Jacques ( Brunel) court jus­qu’à juin 2020 et la fin de la sai­son in­ter­na­tio­nale. »

On croyait pour­tant que Brunel ( 64 ans) res­te­rait jus­qu’à la fin du Mon­dial ja­po­nais sans pré­ju­ger de la suite, dont une éven­tuelle pro­lon­ga­tion de ses fonc­tions. On en veut pour preuve ce tweet of­fi­ciel de la FFR, du 27 dé­cembre 2017, dans le­quel Ber­nard La­porte écri­vait : « Le contrat de Jacques court jus­qu’en 2019. » Ja­mais, par la suite, la FFR n’a pu­blié de com­mu­ni­qué pour dire que le sé­lec­tion­neur res­te­rait sept mois de plus. « Mais, de­puis le pre­mier jour, on a dé­ci­dé que Jacques Brunel res­te­rait en place jus­qu’en juin 2020 » , af­firme Si­mon. La Fé­dé­ra­tion n’a sim­ple­ment pas pen­sé à le dire of­fi­ciel­le­ment à l’époque pour cor­ri­ger le tweet ini­tial. Après avoir fouillé dans les « ar­chives » du Web, on a trou­vé une seule trace de cette in­for­ma­tion, dans un en­tre­tien de La­porte pa­ru dans la Mon­tagne le 31 août der­nier, dont l’écho avait été li­mi­té.

Un an pour faire son mar­ché

Se­lon nos in­for­ma­tions, le contrat de Sé­bas­tien Bru­no, ad­joint char­gé des avants, si­gné en avril der­nier court éga­le­ment jus­qu’à juin 2020. Au­pa­ra­vant, Bru­no était mis à la dis­po­si­tion de l’équipe de France par le LOU, son club. En re­vanche, Jean- Bap­tiste Élis­salde, ad­joint de Brunel pour les trois- quarts et libre au mo­ment de son en­trée en fonc­tion en jan­vier 2018, dis­pose ac­tuel­le­ment d’un contrat qui s’achè­ve­ra avec la Coupe du monde 2019.

Concer­nant Jacques Brunel, qui a rem­pla­cé Guy No­vès au mi­lieu de son man­dat, Serge Si­mon ex­plique : « Si tu en­vi­sages sa suc­ces­sion pour no­vembre 2019, tu es en plein dans la sai­son do­mes­tique. On n’a pas vou­lu rai­son­ner comme ça. Jus­qu’à pré­sent, ce cas de fi­gure est ap­pa­ru com­pli­qué. » Eu­phé­misme… Au mo­tif que l’équipe de France était au- des­sus de tout, on se sou­vient de beaux bor­dels et de mo­ments de grande ten­sion avec les clubs et du bri­co­lage à tous les étages. En 2011, par exemple, Phi­lippe Saint- An­dré avait dû quit­ter le RC Tou­lon après sept jour­nées de Top 14… pré­ci­pi­tant le re­tour sur le banc de Ber­nard La­porte, qui n’avait plus en­traî­né de­puis quatre ans. Ou en­core, lors de cette même sai­son 2011- 2012, Yan­nick Bru et Pa­trice La­gis­quet cu­mu­lant les fonc­tions d’ad­joints en bleu et de coaches res­pec­ti­ve­ment à Tou­louse et à Biar­ritz. En 2007, Marc Liè­vre­mont avait fait ac­cé­der Dax en Top 14, ne l’y ac­com­pa­gnant que deux jour­nées avant de re­joindre les Bleus… Avec une no­mi­na­tion pour l’été 2020 – et des pre­miers matches lors de la tour­née de no­vembre –, la FFR se donne non seule­ment du temps, mais s’offre aus­si la pos­si­bi­li­té de s’évi­ter le souk ha­bi­tuel. Elle de­vrait pou­voir choi­sir un nou­veau sé­lec­tion­neur qui, le cas échéant, ter­mi­ne­rait l’exer­cice 20192020 avec son club qui au­rait eu le temps de pré­pa­rer sa suc­ces­sion. « On n’a rien en­vi­sa­gé, on n’est pas dans l’ur­gence » , a dé­cla­ré Ber­nard La­porte au Pro­grès.

« Le ca­len­drier pour la suc­ces­sion n’est pas ou­vert » , confirme Serge Si­mon, sans fixer son lan­ce­ment. Il reste à la FFR plus d’un an pour faire son mar­ché, ar­rê­ter son choix et ne pas mettre le club du fu­tur sé­lec­tion­neur dans l’em­bar­ras. En re­vanche, ce choix de conser­ver Brunel jus­qu’en 2020 va au­to­ma­ti­que­ment ré­duire le man­dat du pro­chain pa­tron des Bleus, qui au­ra pour­tant face à lui une im­mense échéance : la Coupe du monde 2023 or­ga­ni­sée en France. À moins que Brunel lui- même...

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