Hé­ros mal­gré lui

Ra­fael Na­dal a don­né beau­coup de son temps pour ai­der les ha­bi­tants tou­chés par les ter­ribles inon­da­tions qui ont frap­pé l’île de Ma­jorque mar­di. Sans réus­sir à es­qui­ver les mé­dias.

L'Équipe - - TENNIS - QUEN­TIN MOYNET ( avec V. C.)

L’image a fait le tour des mé­dias, jus­qu’à la une du pres­ti­gieux quo­ti­dien bri­tan­nique The Times jeu­di. Ra­fael Na­dal les pieds dans la boue, ba­lai à la main, dans un ate­lier de mé­ca­nique de Sant Llo­renç des Car­das­sar. Ce vil­lage, où est née sa mère et où son grand­père vit en­core, fut le plus tou­ché par les inon­da­tions qui ont vio­lem­ment frap­pé l’île de Ma­jorque mar­di soir, fai­sant au moins douze morts. Se­lon nos in­for­ma­tions, le cou­sin et le fils d’un des meilleurs amis de Na­dal font par­tie des vic­times.

Alors le joueur es­pa­gnol, qui a gran­di à une di­zaine de ki­lo­mètres de là, à Ma­na­cor, s’est ra­pi­de­ment ac­ti­vé, lui qui est ac­tuel­le­ment éloi­gné du cir­cuit pour soi­gner une bles­sure au ge­nou droit. Dès mar­di soir, il ou­vrait les portes de son aca­dé­mie à celles et ceux dont les lo­ge­ments avaient été dé­truits ou ren­dus in­ac­ces­sibles par les pluies di­lu­viennes. Plus de cin­quante per­sonnes y ont ain­si pas­sé la nuit. Le len­de­main, ac­com­pa­gné par son phy­sio­thé­ra­peute et ami Ra­fael May­mo, il est res­té en­vi­ron trois heures au mi­lieu des ha­bi­tants à re­ti­rer la boue et les dé­bris qui re­cou­vraient l’ate­lier. Il a aus­si fait du porte- à- porte pour pro­po­ser son aide.

Des jour­na­listes pré­sents sur place l’ont alors re­con­nu et sui­vi, mal­gré la ten­ta­tive de cer­tains voi­sins de le ca­cher. Le nu­mé­ro 1 mon­dial leur a seule­ment dit qu’il sou­hai­tait être con­si­dé­ré comme un vo­lon­taire lamb­da et a re­fu­sé de s’ex­pri­mer da­van­tage. De­puis, il a re­çu énor­mé­ment de de­mandes d’in­ter­views de nom­breux mé­dias qui se sont em­pa­rés de l’his­toire les jours sui­vants. Il les a toutes re­fu­sées, ex­pli­quant vou­loir res­ter dis­cret, ne pas être sous les pro­jec­teurs ni se faire de la pu­bli­ci­té sur un tel drame.

« C’est quelque chose de re­mar­quable parce que c’est Ra­fael Na­dal, mais ça au­rait été tout aus­si re- mar­quable si ça avait été n’im­porte qui d’autre, quel­qu’un d’ano­nyme. Ici, on a tous vou­lu ai­der les gens. Quand Ra­fa a dé­ci­dé de lais­ser l’aca­dé­mie à dis­po­si­tion des gens, il m’a don­né l’ordre de faire en sorte qu’il n’y ait au­cun mé­dia parce qu’il ne vou­lait sur­tout pas qu’il y ait de pu­bli­ci­té au­tour de ça, a in­di­qué dans la presse es­pa­gnole son oncle et an­cien en­traî­neur To­ni Na­dal, qui a lui aus­si don­né de son temps, jeu­di, avec sa femme ain­si que la com­pagne de Ra­fa, Xis­ca Pe­relló. Il ne man­que­rait plus qu’on le cri­tique pour ça, ce se­rait in­croyable. Il s’est sen­ti so­li­daire des gens qui avaient été vic­times, comme ses amis. La vo­lon­té de Ra­fael, c’était d’ai­der comme n’im­porte qui d’autre et que ça ne sorte pas pu­bli­que­ment. »

Tou­jours se­lon nos in­for­ma­tions, Ra­fael Na­dal au­rait éga­le­ment fait des do­na­tions au vil­lage de Sant Llo­renç des Car­das­sar. Jeu­di, il s’est ren­du à son aca­dé­mie pour res­pec­ter une mi­nute de si­lence, au cô­té de son oncle, de son en­traî­neur Car­los Moya, de son ami et joueur de tennis Jaume Mu­nar, ain­si que des em­ployés et des jeunes membres de l’aca­dé­mie.

“La vo­lon­té de Ra­fael, c'était d'ai­der comme n'im­porte qui d'autre et , , que ça ne sorte pas pu­bli­que­ment TO­NI NA­DAL

Ra­fael Na­dal, ba­lai en mains, est ve­nu ai­der à dé­blayer les ra­vages cau­sés par les inon­da­tions qui ont frap­pé l’île de Ma­jorque. Le jour­nal « Mar­ca » en a fait sa une.

Ra­fael Na­dal a éga­le­ment ou­vert les portes de son aca­dé­mie pour ac­cueillir les ha­bi­tants si­nis­trés.

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