Mont­pel­lier ne s’en sort pas

Mal­gré de nets pro­grès dans le jeu, le cham­pion d’Eu­rope a su­bi une cin­quième dé­faite d’af­fi­lée qui plombe un peu plus sa cam­pagne eu­ro­péenne.

L'Équipe - - HANDBALL - JÉ­RÔME LE FAU­CON­NIER

Mont­pel­lier Vesz­prem

29 30 MONT­PEL­LIER – Alors que les Hon­grois de Vesz­prem se congra­tulent dans une joyeuse fa­ran­dole, Va­len­tin Porte, la mine dé­faite, lâche un énorme sou­pir qui ré­sume à lui seul tout le désar­roi du camp mont­pel­lié­rain. En dé­tour­nant la ten­ta­tive à bout por­tant de Mo­ha­med Mam­douh, en po­si­tion idéale à douze se­condes du buz­zer, Ro­land Mik­ler vient tout juste de pri­ver les Hé­raul­tais d’un pre­mier point en Ligue des cham­pions. Au vu de l’en­ga­ge­ment et de la com­ba­ti­vi­té dé­ployés par ces der­niers du­rant soixante mi­nutes face aux Hon­grois, ce pe­tit pé­cule n’au­rait cer­tai­ne­ment pas été im­mé­ri­té. Reste que ce ma­tin, le bi­lan comp­table du cham­pion d’Eu­rope de­meure aus­si froid qu’in­quié­tant : cinq dé­faites en cinq ren­contres. Du ja­mais- vu pour le te­nant du titre dans cette for­mule ac­tuelle de Ligue des cham­pions. « Nous sommes dans une si­tua­tion com­pli­quée, ne ca­chait pas Pa­trice Ca­nayer. Mais nous sommes dans un club où nous n’avons pas pour ha­bi­tude de lâ­cher l’af­faire. Ce soir, j’au­rais ai­mé a mi­ni­ma qu’on puisse par­ta­ger les points avec Vesz­prem. Ce­la au­rait ré­com­pen­sé les ef­forts très im­por­tants des joueurs. Sur l’en­ga­ge­ment, sur le jeu ou sur la dis­po­ni­bi­li­té à tous les ni­veaux, j’ai trou­vé l’équipe très co­hé­rente dans ce qu’elle a pro­duit. » La dé­fense pré­vue en 5- 1 ( avec Gré­bille en po­si­tion avan­cée sur Le­kai) avait, par exemple, plu­tôt bien fonc­tion­né pour conte­nir les as­sauts hon­grois, mal­gré le poi­son An­dreas Nils­son ( 5/ 6 aux tirs pour le pi­vot). On a vu aus­si beau­coup d’en­ga­ge­ment et d’en­vie chez les pro­té­gés de Ca­nayer. Mais il au­ra fal­lu at­tendre une ving­taine de mi­nutes et l’en­trée de Vincent Gé­rard ( 4/ 22 à 18 % au fi­nal) pour voir un pre­mier ar­rêt de gar­dien. La faillite de ses por­tiers n’em­pê­cha tou­te­fois pas Mont­pel­lier de vi­rer en tête à la mi­temps et de do­mi­ner les dé­bats après la pause. À quatre re­prises ( 27e, 30e, 34e puis 36e), le te­nant comp­ta trois buts d’avance mais fut rat­tra­pé par ses vieux dé­mons du manque d’ef­fi­ca­ci­té, qui l’em­pê­chèrent de prendre dé­fi­ni­ti­ve­ment ses dis­tances. À l’image du mal­heu­reux Ar­naud Bin­go, qui se pre­nait la tête après deux échecs sur des im­man­quables. « Notre dif­fi­cul­té du mo­ment est liée au manque d’ef­fi­ca­ci­té dans cer­tains do­maines, ne niait pas Ca­nayer. Ce soir, l’ef­fi­ca­ci­té des gar­diens de but n’est pas à la hau­teur de ce qu’on at­tend. On a aus­si plu­sieurs si­tua­tions qua­si par­faites dans nos temps forts que l’on rate. » Tout heu­reux de re­ve­nir à hau­teur dans le der­nier quart d’heure, Vezs­prem, re­lan­cé par l’en­trée fra­cas­sante de Ken­tin Ma­hé ( 1/ 1 au tir, quatre passes dé­ci­sives et un pe­nal­ty ob­te­nu), n’al­lait pas man­quer cette chance in­es­pé­rée de s’of­frir un deuxième suc­cès à l’ex­té­rieur, après ce­lui ob­te­nu la se­maine der­nière à Me­sh­kov Brest ( 29- 28). « Comme tou­jours à Mont­pel­lier, on a vé­cu un match très com­pli­qué, ré­su­mait le Fran­çais. Donc, ce­la fait du bien à la tête d’avoir ga­gné. »

Faillite des gar­diens

« Zé­ro point, c’est cruel »

Le MHB n’a dé­sor­mais pas d’autre choix que d’al­ler cher­cher des points ailleurs et no­tam­ment lors de la pro­chaine jour­née ( 3 no­vembre) chez les Sué­dois de Kris­tians­tad, avec qui il par­tage la der­nière place du groupe. « Dans une poule de huit, il nous reste en­core beau­coup de matches, ten­tait de ras­su­rer le ca­pi­taine Va­len­tin Porte. Je suis sûr que nous sommes ca­pables de le faire. Zé­ro point, c’est cruel. Ce­la veut dire que nous sommes en­core un peu ma­lades. Mais si on garde cet état d’es­prit tout au long de la sai­son, on ga­gne­ra des matches. Je suis convain­cu que nous som- mes ca­pables d’al­ler cher­cher quatre ou cinq suc­cès pour pas­ser. »

Avant ce­la, les Mont­pel­lié­rains vont s’en­vo­ler pour Do­ha pour y dis­pu­ter le Su­per­globe. Au- de­là du prize mo­ney fort at­trac­tif ( 450 000 $ pour le vain­queur), cette es­ca­pade au pays des pé­tro­dol­lars, où ils af­fron­te­ront Ham­ma­met mar­di, peut leur of­frir un bol d’oxy­gène. « Ras­su­rez­vous, on ne va pas al­ler se pendre, iro­ni­sait le ma­na­ger gé­né­ral, Pa­trice Ca­nayer. C’est un hon­neur de par­tir au Qa­tar dis­pu­ter le Su­per­globe. Nous sommes très fiers d’al­ler re­pré­sen­ter la France au Cham­pion­nat du monde des clubs. On va es­sayer de don­ner la plus belle image pos­sible de notre club et du handball fran­çais. Et ce n’est sur­tout pas un far­deau. »

Mal­gré beau­coup d'en­ga­ge­ment et d'en­vie, les hommes de Pa­trice Ca­nayer ont su­bi hier leur cin­quième dé­faite en au­tant de matches.

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