« La ré­colte de miel est un mo­ment ma­gique »

Les api­cul­teurs ama­teurs sont de plus en plus nom­breux à pas­ser par le ru­cher-école de Saint-Hilaire. Par­mi eux, Ro­ger Le­beur­rier, qui est tom­bé dans le miel sur le tard.

La Gazette de la Manche - - Saint-hilaire-du-harcouët - Flo­rian Her­vieux

Vi­rey. Pour lui, pas ques­tion de vendre le pro­duit de sa pas­sion. La ré­colte de miel de Ro­ger Le­beur­rier, une tren­taine de ki­los cette an­née, est don­née à ses proches ou gar­nit ses pla­cards. Cet amou­reux de la na­ture a été pi­qué de pas­sion pour l’apiculture sur le tard, pour faire per­du­rer la pas­sion de son frère dis­pa­ru. Une ac­ti­vi­té qui doit, pour lui, res­ter un plai­sir.

« J’ai ré­cu­pé­ré les deux ruches de mon frère. Le but était de conti­nuer son tra­vail. Le monde de l’abeille est fas­ci­nant et on en de­vient vite

ac­cro » , sou­ligne ce­lui qui est aus­si un Cro­queur de pommes qui mi­lite pour la conser­va­tion d’es­pèces an­ciennes dans les ver­gers. Un jar­di­nier qui voit in­évi­ta­ble­ment dans l’abeille son rôle de pré­ser­va­tion de la na­ture. Une so­cié­té à ob­ser­ver L’api­cul­teur ama­teur a sui­vi les cours au ru­cher-école en 2016. « Avant les cours, je sa­vais ré­cu­pé­rer un peu de miel mais c’était très ama­teur. Toutes les no­tions au­tour de la ruche, je ne les avais pas. Mais pour les gens qui veulent se lan­cer, c’est très simple » , ras­sure-t-il. Ce que pré­fère Ro­ger Le­beur­rier, lui, c’est l’ob­ser­va­tion de cette mini-so­cié­té qu’est une ruche. La place de la reine et des ou­vrières. « Il y a une chose qui est for­mi­dable, c’est qu’une reine vit entre 4 et 6 ans alors qu’une abeille ou­vrière ne vit que quelques mois. À la base, c’est le même ani­mal, mais tout ce qui change, c’est la nour­ri­ture, car la reine ne se nour­rit que de ge­lée royale. La nour­ri­ture, ce n’est pas in­no­cent. C’est une no­tion qui m’in­ter­pelle en tant qu’hu­main. »

Le miel qui nour­rit les abeilles a lui la sa­veur de l’en­vi­ron­ne­ment, des arbres et fleurs qui les

en­tourent. « On peut amé­na­ger son ter­rain en fonc­tion de ce que l’on sou­haite. Moi, je fais un miel toutes fleurs. » Mais le goût du miel est aus­si le ré­sul­tat de la sai­son et les dif­fé- rentes strates de la ruche ré­vèlent dif­fé­rentes sa­veurs. Un goût qui se ré­vèle dans la der­nière quin­zaine d’août pour Ro­ger Le­beur­rier, qui ne réa­lise qu’une ré­colte par an. « Lors­qu’on ré­colte le miel, c’est un mo­ment ma­gique. C’est deux heures de bou­lot mais c’est le fruit d’une an­née de sur­veillance » . Car, même si seule­ment une vi­site par se­maine est né­ces­saire, l’api­cul­teur ama­teur passe les voir « tous les jours. Par cu­rio­si­té… »

La ruche, une vé­ri­table boîte de pan­dore aux 50 000 abeilles. Dans le fond du jar­din de Ro­ger Le­beur­rier, les deux ruches consti­tuent un monde à part à ob­ser­ver pour cet amou­reux de la na­ture.

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