La fin des pro­duits phy­to signe le re­tour des « mau­vaises herbes »

De­puis le 1er jan­vier, le ser­vice es­paces verts de Saint-Hi­laire est pas­sé au zé­ro phy­to. Les ha­bi­tants de­vront donc se mon­trer plus to­lé­rants avec les herbes dites « mau­vaises » .

La Gazette de la Manche - - Saint-hilaire-du-harcouët - Flo­rian Her­vieux

Ce­la fait main­te­nant trois ans que le ser­vice es­pace verts de la ville de Saint-Hi­laire est équi­pé d’un désher­beur va­peur. Une ma­chine d’en­vi­ron 20 000 € qui a per­mis de se pas­ser, en par­tie, de pro­duits phy­to­sa­ni­taires. « Au ni­veau voi­rie, la res­tric­tion a été pro­gres­sive. Les pieds de murs de ri­ve­rains ne sont plus trai­tés de­puis deux ans » , pré­cise Do­mi­nique Per­rin, res­pon­sable des ser­vices tech­niques.

La dé­marche vers le zé­ro phy­to n’est donc pas neuve, mais, de­puis le 1er jan­vier, les agents de­vront to­ta­le­ment se pas­ser de pro­duits chi­miques pour en­tre­te­nir la ville. A Saint-Hi­laire, c’était en­core le cas pour le stade et le ci­me­tière.

Fi­ni pour stade et ci­me­tière

« Le ter­rain de ga­zon était trai­té tous les deux ans. Au­jourd’hui, c’est fi­ni » , in­dique Do­mi­nique Per­rin. « Dans le ci­me­tière, un agent y tra­vaillait en­vi­ron dix jours par an, en mars et sep­tembre. Avec le même temps pas­sé au­jourd’hui pour ar­ra­cher les herbes, le ré­sul­tat ne se­ra pas le même » .

Pe­tit bou­le­ver­se­ment donc, même si les mé­tiers ont dé­jà conti­nuel­le­ment évo­lué de­puis dix ans au ser­vice des es­paces verts. « A l’époque, il y avait deux ba­layeurs à temps com­plet et un autre agent qui trai­tait toute la ville. Au­jourd’hui, ils sont tou­jours trois, mais sans phy­to, tout ne peut pas être si propre qu’avant. Trai­ter les herbes au pul­vé­ri­sa­teur pre­nait beau­coup moins de temps. La ma­chine à va­peur est beau­coup moins ef­fi­cace qu’un pro­duit qui tue la plante illi­co » .

D’au­tant que la ma­chine doit re­pas­ser au même en­droit pour ve­nir à bout de plantes ré­cla­ci­trantes : « Il faut comp­ter six pas­sages à l’an­née au même en­droit au dé­but et ce­la di­mi­nue au fil du temps. Nous sommes au­jourd’hui à trois ou quatre pas­sages par an pour trai­ter la mau­vaise herbe » .

Même si l’ac­qui­si­tion d’un nou­veau désher­beur va­peur est à l’étude, les Saint-Hi­lai­riens doivent donc s’ac­com­mo­der des herbes dites « mau­vaises » . Les ha­bi­tants ont d’ailleurs été ap­pe­lés à par­ti­ci­per à l’ef­fort col­lec­tif par la mai­rie, en re­ti­rant les mau­vaises herbes près de leur mai­son ou près des tombes.

« Des pro­duits mal uti­li­sés à une époque »

La ques­tion de pro­pre­té reste ce­pen­dant une af­faire de point de vue. « Cer­tains an­ciens ont été ha­bi­tués à une pro­pre­té to­tale, sans mau­vaise herbe » , es­time Thier­ry Cor­don, res­pon­sable des es­paces verts. Alors que d’autres consi­dèrent la « pro­pre­té » comme le fait de se pas­ser de pro­duits chi­miques.

« Se pas­ser de phy­to­sa­ni­taires, c’est très bien. Pour l’en­vi­ron­ne­ment, nos en­fants, c’est une bonne chose. Ces pro­duits ont été très mal uti­li­sés à une époque. Il n’y avait pas de masques, de gants » , sou­ligne ce­lui qui a dé­mar­ré il y a 40 ans au ser­vice des es­paces verts. « Au­jourd’hui, la bi­nette est de re­tour » , sou­rit-il.

Un agent des es­paces verts avec la désher­beuse à va­peur ac­quise il y a trois ans par la ville de Saint-Hi­laire. Une deuxième ma­chine pour­rait pro­chai­ne­ment être ache­tée pour

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.