Con­seil « de guerre » à St-Jean-la-Vêtre

La Gazette de Thiers - - LE DOSSIER - SA­RAH DOUVIZY sa­rah.douvizy@cen­tre­france.com

L’an­nonce de la sup­pres­sion des contrats ai­dés a fait l’ef­fet d’une bombe par­tout en France. À Saint-Jean-la-Vêtre, ha­bi­tants, pa­rents d’élèves et élus s’in­quiètent pour l’ave­nir de leur école.

◗ « Parce que nous sommes une pe­tite com­mune, nous nous fai­sons tou­jours avoir, il faut que ça cesse », cla­mait, lun­di 11 sep­tembre, à la tom­bée de la nuit, une ma­man d’élève ex­cé­dée par la si­tua­tion de l’école du vil­lage de Saint­Jean­la­Vêtre.

Il faut dire qu’avec l’an­nonce du gou­ver­ne­ment d’une po­ten­tielle sup­pres­sion des em­plois ai­dés, c’est tout l’ave­nir de l’école qui est me­na­cé. Car à Saint­Jean­la­Vêtre, la mu­ni­ci­pa­li­té ne comp­ta­bi­lise pas moins de trois contrats de ce type, tous au ser­vice du re­grou­pe­ment pé­da­go­gique in­ter­com­mu­nal (RPI) Saint­Jean­la­Vêtre/Saint­Priest­la­Vêtre/ La Cham­ba/La Cham­bo­ nie. Sans ces contrats, plus de gar­de­rie, plus de can­tine, plus de sou­tien à l’en­sei­gnante, soit une ré­duc­tion consi­dé­rable des ser­vices pu­blics mis à dis­po­si­tion des pa­rents d’élèves.

Avant que la mu­ni­ci­pa­li­té ne se penche plei­ne­ment sur la ques­tion, ce sont les pa­rents qui ont sai­si le pro­blème à brasle­corps. Lun­di 4 sep­tembre, l’école du vil­lage af­fi­chait portes closes. Et ce une se­maine du­rant. « Sur les 31 élèves, ce qui con­ cerne 23 fa­milles des quatre com­munes du RPI, tout le monde a joué le jeu. Au­cun élève n’était en classe », pré­cisent les pa­rents.

Et puis le temps de re­trou­ver les bancs de l’école est ve­nu. Les en­fants sont re­tour­nés en classe lun­di 11 sep­tembre, sans pour au­tant que pa­rents, élus et ha­bi­tants ne cessent de se battre et de crier haut et fort leur mé­con­ten­te­ment. Mais en vain. « Nous avons com­men­cé à nous réunir miaoût. Nous avons eu entre cinq et huit réunions. Plu­sieurs cour­riers, mails… ont été en­voyés. Et nous n’avons eu au­cune ré­ponse, se dé­sole un élu de Saint­Jean­la­Vêtre. Je suis écoeu­ré. Ce­la fait trois se­maines qu’on nous mène en ba­teau. Trop c’est trop ! Après la voie de che­min de fer, c’est l’école, et c’était ce qu’il ne fal­lait pas tou­cher. Mais qu’est ce qu’on peut faire de plus ? »

L’idée, c’est l’in­té­gra­li­té du con­seil mu­ni­ci­pal qui l’a eue, ven­dre­di 8 sep­ tembre, lors de sa réunion ha­bi­tuelle. « 10 per­sonnes sur 11 sont dé­mis­sion­naires. Je vais por­ter nos lettres de dé­mis­sion à la sous­pré­fec­ture ra­pi­de­ment », an­non­çait le pre­mier ma­gis­trat, Jean­Luc Per­rin, lun­di soir.

Le con­seil mu­ni­ci­pal dé­mis­sionne

Un acte fort, et char­gé de sens pour les élus lo­caux. À l’image de Jac­que­line Mar­cuc­cil­li, en charge no­tam­ment de l’école au sein du con­seil. « Ma dé­ci­sion ex­prime ma vo­lon­té de pour­suivre la mo­bi­li­sa­tion. C’est un acte fort, c’est comme ça que nous l’avons pen­sé. Il est temps pour nous de prendre la suite du com­bat des pa­ rents d’élèves. Je me sens fa­ti­guée mais je ne me sens pas bat­tue. Ce n’est pas la fin. »

Lun­di soir, l’heure était donc à l’or­ga­ni­sa­tion d’un po­ten­tiel mou­ve­ment. Pen­dant que cer­tains s’ima­gi­naient « des­cendre » en pré­fec­ture pour ob­te­nir leurs ré­ponses, d’autres en­vi­sa­geaient une ma­ni­fes­ta­tion à SaintÉ­tienne. Fi­na­le­ment la dé­ci­sion re­te­nue a été celle de lais­ser les quatre maires du RPI se réunir, pour en­vi­sa­ger la suite.

« L’école, c’était ce qu’il ne fal­lait pas tou­cher »

Suite. Une nou­velle réunion pu­blique est or­ga­ni­sée jeu­di 14 sep­tembre, à 20 h 30, dans la salle des fêtes de Saint-Jean-la-Vêtre.

Du­rant une se­maine, les pa­rents d’élèves ont blo­qué l’ac­cès à l’école. Les élèves sont re­tour­nés en classe lun­di 11 sep­tembre.

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