Ces vil­lages tou­jours pas rac­cor­dés au ré­seau d’eau cou­rante

La Gazette de Thiers - - LA UNE - NA­THAN SPOR­TIEL­LO

Dans le lieu-dit de PontHaut, sur les hau­teurs de Thiers, les frères Triou­lier ont tout fait. De la construc­tion des ha­bi­ta­tions au rac­cor­de­ment des mai­sons à la source du vil­lage. Au­jourd’hui, ils ne se­raient pas contre un rac­cor­de­ment au ré­seau com­mu­nal.

◗ « On a tou­jours vé­cu comme ça. À l’époque, on de­vait même ra­me­ner l’eau de la source avec des seaux dans la mai­son pour notre uti­li­sa­tion quo­ti­dienne ». Au­jourd’hui, la vie de Jean et Ch­ris­tian Triou­lier a à peine chan­gé. L’eau qu’ils uti­lisent tous les jours est celle de la source qui passe dans le vil­lage de Pont­Haut. Ils ne sont tou­jours pas rac­cor­dés au ré­seau com­mu­nal. Ce sont eux, d’ailleurs, qui ont réa­li­sé l’ins­tal­la­tion les re­liant di­rec­te­ment à la source.

« Si l’élec­tri­ci­té lâche, on est mar­ron ! »

« En 1992, il y avait deux mai­sons à Pont­Haut, au­jourd’hui il y en huit, pour 24 ha­bi­tants. Ce se­rait pas mal que l’on puisse avoir l’eau cou­rante, comme tout le monde, lance Ch­ris­tian. C’est nous qui avons re­lié la source aux mai­sons. On a tout fait tout seul. »

Dans son jar­din est dis­po­sé un bas­sin sto­ckant l’eau de cette source : « Cette eau peut ser­vir pour le jar­din par exemple. Re­gar­dez comme elle est verte, en plus, le bas­sin est cas­sé et l’eau s’échappe. On se dé­brouille comme on peut. On ne le vit pas mal mais on ne se­rait pas contre un rac­cor­de­ment. »

Dans cha­cune des mai­sons de Pont­Haut est ins­tal­lé un sur­pres­seur, qui grâce à un sys­tème électrique, pompe l’eau di­rec­te­ment dans la source : « Le pro­blème, c’est que si l’élec­tri­ci­té lâche, on est mar­ron ! On a plus d’eau dans les mai­sons », sou­rit Jean Triou­lier.

Chaque jour, c’est cette eau qui per­met aux ha­bi­tants de Pont­Haut de se la­ver, de faire la vais­selle et… de boire !

« Le seul pro­blème, c’est qu’on ne sait même pas si cette eau est po­table, sou­rit Jean Triou­lier. J’ai 73 ans, et pour le mo­ment je n’ai pas été ma­lade à cause de cette eau mais bon… »

S’ils veulent connaître la qua­li­té de leur eau, Jean et Ch­ris­tian de­vront fi­nan­cer eux­mêmes les ana­lyses.

Jean (à gauche) et Ch­ris­tian (à droite) Triou­lier sont nés dans le vil­lage. Ce sont eux qui ont rac­cor­dé les ha­bi­ta­tions à la source.

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