Des vil­lages où l’eau n’est pas si cou­rante

La Gazette de Thiers - - LE CHOIX DE LA RÉDACTION - NA­THAN SPOR­TIEL­LO

Une pe­tite di­zaine de ha­meaux si­tués à l’est de Thiers ne dis­pose pas d’eau cou­rante. L’unique moyen pour les ha­bi­tants d’ob­te­nir de l’eau : des sources à proxi­mi­té des mai­sons.

◗ La plu­part d’entre nous n’a qu’à ou­vrir le ro­bi­net pour voir l’eau cou­ler. Fa­cile. Pour­tant, il existe en­core des lieux, non loin de chez nous, où l’eau cou­rante n’existe pas. Non, nous ne sommes pas au Moyen­Âge mais bien au XXI siècle.

Ces ha­bi­ta­tions, sou­vent des vieux corps de ferme, ont tou­jours eu leur propre source, ne né­ces­si­tant pas, à l’époque, d’être re­liés au ré­seau com­mu­nal. Une ins­tal­la­tion électrique est donc né­ces­saire afin de pou­voir pui­ser l’eau de ces sources pri­vées.

600.000 € pour rac­cor­der ces ha­meaux

« En fait, à l’époque où ces vil­lages étaient en­core as­sez peu­plés, les ha­bi­tants n’avaient pas be­soin d’eau cou­rante. Ils sont donc pas­sés à cô­té de la phase de créa­tion des ré­seaux », ex­plique Sté­phane Ro­dier, élu à la mai­rie de Thiers, en charge de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment.

Ce­la ne concerne que peu de per­sonnes au­jourd’hui : « La plu­part des vil­lages qui n’ont pas l’eau cou­rante sont mi­nus­cules, avec une, deux ou trois per­sonnes qui y vivent au maxi­mum », pour­suit l’élu.

Autre pro­blème : c’est ac­tuel­le­ment la Ville qui est en charge du su­jet. En 2020, un bas­cu­le­ment se­ra réa­li­sé : « Ce se­ra dès lors la Com­mu­nau­té de com­munes qui au­ra cette com­pé­tence », dé­taille Sté­phane Ro­dier.

Alors, ces vil­lages se­ron­tils, un jour, rac­cor­dés au ré­seau com­mu­nal ? « Il est très com­pli­qué et très onéreux de faire le rac­cor­de­ment. Nous avons dé­jà réa­li­sé une étude, et le mon­tant to­tal des tra­vaux pour rac­cor­der tout le monde se­rait de 600.000 € ». Avec pour consé­quence, en cas de réa­li­sa­tion des tra­vaux, une hausse du prix de l’eau pour les ha­bi­tants de la com­mu­nau­té de com­munes de Thiers Dore et Mon­tagne.

Pour le mo­ment donc, seul Pont­Haut (voir ci­des­sous), qui compte sept ha­bi­ta­tions, de­vrait pro­chai­ne­ment être re­lié. Les tra­vaux de­vaient dé­bu­ter en 2018, mais, à l’heure ac­tuelle, au­cune étude n’a en­core été réa­li­sée : « Nous al­lons lan­cer cette étude dans le cou­rant de l’an­née 2018. Pour les autres vil­lages, il ne faut pas comp­ter sur un rac­cor­de­ment. Il y a trop peu de gens concer­nés. »

Lors de l’été 2017, l’unique mai­son du ha­meau le Pe­tit Ta­ren­teix s’est re­trou­vée à court d’eau. En cause, le manque de pré­ci­pi­ta­tion : « Le seul ha­bi­tant de ce lieu­dit a été ré­ap­pro­vi­sion­né par les pom­piers car sa source s’est ta­rie », ex­plique Anne De­luer­moz, res­pon­sable du ser­vice eau et as­sai­nis­se­ment à la Mai­rie de Thiers.

Cer­tains ha­meaux ne se­ront ja­mais rac­cor­dés

Et pour ceux qui sont rac­cor­dés, Sté­phane Ro­dier pré­fère pré­ve­nir : « Une étude a été réa­li­sée dans le cadre du contrat ter­ri­to­rial Dore aval. Il in­siste sur le fait que « si le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique se pour­suit, dans cin­quante ans, l’eau se fe­ra très rare sur notre ter­ri­toire, et pour tout le monde… »

Les vil­lages n’étant pas rac­cor­dés au ré­seau com­mu­nal dis­posent gé­né­ra­le­ment d’une ré­serve d’eau pro­ve­nant di­rec­te­ment de la source. Cette cuve peut ser­vice en cas d’ur­gence (in­cen­die, sé­che­resse). Pour l’usage quo­ti­dien, les mai­sons sont di­rec­te­ment rac­cor­dées à la source.

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