Du cos­tard à la com­bi­nai­son de tra­vail

La Gazette de Thiers - - MOI, PRÉSIDENT - NA­THAN SPOR­TIEL­LO

Éle­veur de bo­vins, de porcs et de vo­lailles, pré­sident de la chambre d’Agri­cul­ture du Puy-de-Dôme et homme po­li­tique, Sé­bas­tien Gar­dette cu­mule les res­pon­sa­bi­li­tés. Du cos­tard à la com­bi­nai­son de tra­vail, l’Au­ver­gnat ne lève que ra­re­ment le pied.

◗ Se­bas­tien Gar­dette n’est pas un pay­san comme les autres. Il est d’abord agri­cul­teur, chez lui, dans sa ferme fa­mi­liale de 150 hec­tares à Neu­ville. Il est aus­si élu en 2013, à seule­ment 34 ans, pré­sident de la chambre d’Agri­cul­ture du Puy­de­Dôme et de­vient le plus jeune pré­sident de France. Il passe donc des champs de Neu­ville au bu­reau cler­mon­tois et troque deux à trois fois par se­maine sa com­bi­nai­son de tra­vail et ses bottes pour le cos­tard. Mais ce n’est pas tout. Sur son ex­ploi­ta­tion, il doit éga­le­ment gé­rer la fer­meau­berge fa­mi­liale, un res­tau­rant ser­vant les pro­duits de sa ferme.

Le Puy­dô­mois est sur tous les fronts pour dé­fendre ses va­leurs et celles de son mé­tier. Jusque dans la sphère po­li­tique. Son nom vous dit sû­re­ment quelque chose. C’est pos­sible, car Sé­bas­tien Gar­dette est éga­le­ment un ac­teur de la vie po­li­tique lo­cale. En­ga­gé avec le mou­ve­ment En Marche, il a été can­di­dat lors des élec­tions lé­gis­la­tives, [bat­tu au se­cond tour par An­dré Chas­saigne, ndlr].

Et il aime ce qu’il fait. Si­non « il n’au­rait te­nu ». « Je suis ab­sent de la ferme trois jours par se­maine, dans le cadre de mes fonc­tions de pré­sident de la chambre dA­gri­cul­ture. Ce n’est pas évident, je dois par­fois em­bau­cher des gens ponc­tuel­le­ment lorsque je suis ab­sent. Mais je ne suis pas seul à tra­vailler à la ferme. Il y a ma mère et mon frère ain­si qu’un sa­la­rié qui tra­vaille ici de­puis 17 ans. »

À Cler­mont­Fer­rand, il doit gé­rer ce qui res­semble à une vé­ri­table en­tre­prise. La chambre d’Agri­cul­ture compte près de 80 sa­la­riés. Mais Sé­bas­tien Gar­dette est aus­si ap­pe­lé à se dé­pla­cer dans toute la nou­velle Ré­gion Au­vergne­ Rhône­Alpes, pour sié­ger au sein de la chambre ré­gio­nale d’Agri­cul­ture.

« C’est vrai que c’est pre­nant. J’ai de quoi m’oc­cu­per (rires). Mais ce­la n’est pas nou­veau pour moi. J’ai tou­jours eu un rythme de vie as­sez éle­vé. J’ai tou­jours bai­gné dans ce monde­là, en plus de mon ac­ti­vi­té d’agri­cul­teur. »

Avant d’être élu pré­sident de la chambre d’Agri­ culture, il a été à la tête de la Confé­dé­ra­tion pay­sanne 63 de 2009 à 2013 : « Dès que je me suis ins­tal­lé, j’ai adhé­ré à la Confé­dé­ra­tion pay­sanne puis j’en suis de­ve­nu pré­sident pour es­sayer de faire bou­ger les choses plu­tôt que de gro­gner dans mon coin… »

Quand il n’est pas en dé­pla­ce­ment, et qu’il tra­vaille dans ses champs, ce sont plus de 100 li­mou­sines, 300 co­chons et 3.000 pou­lets la­bel rouge qu’il doit bi­chon­ner.

« Je suis in­quiet pour l’ave­nir du mé­tier »

Après des études au ly­cée agri­cole de Mar­mil­lat, il tra­vaille aux cô­tés de ses pa­rents et prend la suite de l’ex­ploi­ta­tion.

Plus jeune, il sa­vait dé­jà qu’il se­rait agri­cul­teur. « J’ai tou­jours tra­vaillé ici. Ce­la a tou­jours été une évi­dence pour moi. Ce­la fait par­tie de moi », confie Sé­bas­tien Gar­dette.

Les an­nées pas­sant, l’agri­cul­teur de 38 ans a vu son mé­tier évo­luer. « Il change en per­ma­nence. Les pro­blé­ma­tiques changent éga­le­ment. Dé­jà en fonc­tion de la de­mande des consom­ma­teurs. Mais je constate qu’il y a des crises plus sé­vères qu’avant. No­tam­ment au ni­veau des prix de ce que l’on pro­duit, par exemple le lait. Au­jourd’hui, être agri­cul­teur est un tra­vail très dif­fi­cile et je suis in­quiet pour l’ave­nir du mé­tier », confie Sé­bas­tien Gar­dette.

Il n’est pas le seul à s’in­quié­ter. Mais en tant que pré­sident de la chambre d’Agri­cul­ture du Puy­deDôme, Sé­bas­tien Gar­dette est en pre­mière ligne face aux plaintes de ses col­lègues pay­sans : « Beau­coup d’ex­ploi­ta­tions ont in­ves­ti un mo­ment don­né. Au­jourd’hui, ce­la de­vient com­pli­qué pour elles d’as­su­mer les an­nui­tés. Mon bou­lot ain­si que ce­lui de tous les membres de la chambre d’Agri­cul­ture, c’est d’ac­com­pa­gner l’en­semble des agri­cul­teurs et de trou­ver des so­lu­tions. »

De son bu­reau cler­mon­tois aux champs de Neu­ville

« Je pour­suis mon en­ga­ge­ment po­li­tique »

Au­jourd’hui, et après son échec au se­cond tour des der­nières élec­tions lé­gis­la­tives, Sé­bas­tien Gar­dette, pour­suit son en­ga­ge­ment po­li­tique : « Je suis tou­jours adhé­rent En Marche. Ce n’est pas parce que j’ai per­du en juin que j’ar­rête tout. Mais je n’y pense pas non plus en me ra­sant le ma­tin ».

Car l’agri­cul­teur a beau­coup à dé­fendre : « J’ai énor­mé­ment de com­bats pour mon mé­tier. Je m’en­gage en po­li­tique dans ce sens, pour dé­fendre l’agri­cul­ture et la ru­ra­li­té. L’agri­cul­ture est vrai­ment im­por­tante. C’est ce qui fa­çonne les ter­ri­toires. J’aime ça, et j’aime la dé­fendre. »

Sé­bas­tien Gar­dette tra­vaille sur son ex­ploi­ta­tion à Neu­ville où il s’oc­cupe d’une cen­taine de bo­vins, de 300 porcs et de 3.000 vo­lailles ain­si qu’à Cler­mont-Fer­rand à la chambre d’agri­cul­ture dont il est le pré­sident de­puis 2013.

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