« La pre­mière vic­time du spec­tacle »

La Gazette de Thiers - - CULTURE ET VOUS - PROPOS RE­CUEILLIS PAR LAU­RA MO­REL

L’hu­mo­riste Gil Al­ma se­ra à la salle Es­pace, à Thiers, ven­dre­di 10 no­vembre à 20 h 30, avec son nou­veau one-man-show 100 % na­tu­rel. Un spec­tacle au­to­bio­gra­phique pour ce­lui que le grand pu­blic connait comme Alain dans Nos chers voi­sins.

◗ Votre pré­cé­dent spec­tacle

était au­to­bio­gra­phique, qu’en est-il de

?

C’est la conti­nui­té. J’ai com­men­cé avec La vie est belle il y a trois ans. Le spec­tacle 100 % na­tu­rel a dé­bu­té cet été à Avi­gnon. C’est la conti­nui­té du pre­mier spec­tacle. Ça reste donc au­to­bio­gra­phique. Je parle tou­jours de mes en­fants, de ma femme, de ma vie, de mes dé­buts. Il y a beau­coup de choses vraies, en­vi­ron 80 %.

Vous vous mo­quez donc en­core pas mal de votre fa­mille ?

Oui mais gen­ti­ment [Rires]. Quand on aime, on ne compte pas ! Ça reste dans la bonne hu­meur aus­si bien avec ma fa­mille qu’avec le pu­blic. Et puis moi aus­si je m’en prends plein la tête. Je suis la pre­mière vic­time du spec­tacle.

Vous êtes tou­jours au­tant ja­loux de Tom Cruise dans ce spec­tacle ?

Ce n’est pas vrai­ment de la ja­lou­sie. Je me fous plu­tôt de sa gueule et, plus gé­né­ra­le­ment, des films hol­ly­woo­diens où les mecs ar­rivent à faire des trucs ex­tra­or­di­naires. Nous aus­si on ai­me­rait bien faire la même chose !

Dans La vie est belle, j’avais un sketch, que j’ai re­pris et amé­lio­ré pour 100 % na­tu­rel , où je prends l’exemple de mes va­cances à Noir­mou­tier (j’y vais ré­gu­liè­re­ment de­puis que je suis tout pe­tit). Alors que moi, il ne m’ar­rive que des conne­ries, Tom Cruise, lui, ar­rive tou­jours à s’en sor­tir !

Est-ce que votre spec­tacle évo­lue de date en date ?

Oui, j’ai la chance d’avoir un spec­tacle vi­vant. Ce n’est pas comme une pièce de théâtre qui, une fois écrite, bouge un pe­tit peu mais reste quand même fi­gée. La chance du one­man­show, c’est que je fais tou­jours évo­luer mon spec­tacle. Plus ça va et plus il s’amé­liore. Je l’en­ri­chis avec des sketchs, des vannes en plus. J’en­lève aus­si ce qui marche un peu moins.

Com­ment passe-t-on de pois­son­nier à co­mé­dien ? Est-ce que ça a été fa­cile pour vous ?

De toute fa­çon, pour fai­ re ce mé­tier, c’est dif­fi­cile même quand on est ar­chi­tecte ou avo­cat. Moi, ma fa­mille était dans le pois­son. Le pre­mier mé­tier que j’ai fait, c’était pois­son­nier et j’étais très heu­reux de le faire. C’est un mé­tier qui nous ap­prend la vie. On se lève à 5 heures du mat’…

De­ve­nir co­mé­dien, ça s’est fait pe­tit à pe­tit. Je ne connais­sais rien, je n’avais pas de pis­ton. J’ai donc eu un cur­sus du plus bas à ce que je suis au­jourd’hui. J’ai fait de la fi­gu­ra­tion, j’ai fait le Père Noël pour les ga­mins, j’ai fait des ap­pa­ri­tions en ne di­sant qu’une phrase ou deux, j’ai fait des courts mé­trages bi­dons…

Je parle d’ailleurs de ces dé­buts dans mon spec­tacle.

Vous par­lez donc de votre pre­mier job de co­mé­dien… dans une pub pour du bou­din, c’est ça ?

Tout à fait. C’était mon pre­mier vrai ca­chet. Une pub pour du bou­din noir. Un peu la loose pour un pois­son­nier mais bon… [Rires] C’était as­sez ri­go­lo.

Est-ce qu’au­jourd’hui, vous pre­nez au­tant de plai­sir pen­dant votre one-man-show qu’en jouant pour la té­lé­vi­sion ou le ci­né­ma ?

Plus en fait ! Parce que quand on fait de la té­lé ou du ci­né­ma, on tourne entre trois et dix mi­nutes utiles par jour. On n’ar­rête pas de la jour­née. On fait la même scène plu­sieurs fois. Le temps de plai­sir est donc plus court.

Quand on est sur scène, on donne pen­dant 1 h 30. On est là et ça ne s’ar­rête pas. Les gens ré­agissent, on voit beau­coup de bonnes émo­tions. On se nour­rit de rires et d’ap­plau­dis­se­ments à la fin, si c’est bien.

J’ima­gine qu’on vous ap­pelle sou­vent Alain dans la rue. Ce n’est pas éner­vant ?

Non ! Ça pour­rait l’être mais il faut prendre le bon cô­té des choses, c’est aus­si grâce à ce per­son­nage et à la sé­rie [Nos chers voi­sins, ndlr] que je de­viens po­pu­laire. Au­jourd’hui, je sais que, quand les gens se re­tournent sur moi, ce n’est pas grâce à mon spec­tacle, même si j’es­père qu’un jour ça vien­dra. Pour le mo­ment, les gens me re­con­naissent pour le per­son­nage d’Alain.

Je ne veux donc pas le re­nier, même si, c’est vrai, ce­la m’a fer­mé quelques portes au ci­né­ma et sur cer­taines chaînes… Mais là, ça com­mence à se rou­vrir et on recommence à m’ap­pe­ler pour des choses que je fai­sais avant : des po­lars, des drames…

Si jus­te­ment vous de­viez choi­sir : co­mé­die ou drame ?

C’est une ques­tion vi­cieuse ! [Rires] C’est im­pos­sible de choi­sir pour un co­mé­dien. C’est comme si on de­man­dait à un bou­cher de choi­sir entre du bif­teck et une es­ca­lope de veau. Ou à un pois­son­nier entre de la dau­rade et du bar. Donc, jo­ker ! Tarifs. 20 €, ré­duit 17 €. Billet­te­rie

« Je suis ra­vi de ve­nir dans le centre de la France, dans des en­droits où je n’ai pas l’ha­bi­tude de jouer », confie Gil Al­ma avant son spec­tacle à Thiers.

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