Le mo­ment de la re­traite est ve­nu au Trin­quart

La Gazette de Thiers - - LA UNE - LAU­RA MO­REL lau­ra.mo­rel@cen­tre­france.com

Si Jo­siane Ro­cher n’a fer­mé l’au­berge du Trin­quart, à Vollore-Mon­tagne, que de­puis di­manche 31 dé­cembre, l’éta­blis­se­ment est pour­tant en vente de­puis en­vi­ron un an. Mais la pro­prié­taire en est sûre, l’éta­blis­se­ment trou­ve­ra ac­qué­reur.

◗ Jo­siane Ro­cher ne peut re­te­nir ses larmes. Au mi­lieu de la salle, dé­sor­mais vide, où elle dres­sait tous les jours entre 45 et 50 cou­verts, l’émo­tion, en re­pen­sant à tous les bons sou­ve­nirs, la sub­merge. 22 an­nées de bons sou­ve­nirs. Des moins joyeux aus­si, sû­re­ment, mais Jo­siane Ro­cher ne semble pas les comp­ter.

« On n’a plus 20 ans ! »

« L’au­berge du Trin­quart, c’était mon rêve de 20 ans réa­li­sé à 40 ! », confie la pro­prié­taire des lieux. Alors for­cé­ment, le temps a fi­lé à toute vi­tesse. Parce qu’après tout, quand on aime, on ne compte pas vrai­ment. « Il faut l’ai­mer ce mé­tier. Ça a été un plai­sir pour moi. Je me suis don­née à fond pour faire vivre mon rêve. Ce n’était pas une charge. »

Mais, même si, pour Jo­siane Ro­cher, « le bie­nêtre des clients passe avant tout », elle l’as­sure en­core au­jourd’hui, elle doit main­te­nant pen­ser à elle. « Il faut se rendre à l’évi­dence, on n’a plus 20 ans ! Ce­la fait dé­jà un an qu’on est à la re­traite mais qu’on conti­nue de tra­vailler en ho­raires ré­duits. » « On » : Jo­siane Ro­cher et « le chef », Jac­ ques Le­vigne, avec qui elle par­tage sa vie.

« C’était les pa­rents du chef qui te­naient l’au­berge avant moi. Je l’ai re­prise lorsque nous nous sommes ren­con­trés, ra­conte­telle. Comme quoi, par­fois une ren­contre peut tout chan­ger ! » Et en ar­rê­tant dé­fi­ni­ti­ve­ment son ac­ti­vi­té, c’est un nou­veau tour­nant im­por­tant que Jo­siane Ro­cher sou­haite prendre. « Dans la vie, il y a des vi­rages qu’il faut par­fois prendre au bon mo­ment. Nous avons donc tout ar­rê­té le 31 dé­cembre 2017. »

Le couple sou­haite ain­si trou­ver ra­pi­de­ment un ache­teur pour l’au­berge du Trin­quart. « Ce­la fait une pe­tite an­née que nous l’avons mise en vente. » Et si, pour l’ins­tant, rien n’a abou­ti, Jo­siane Ro­cher es­ père bien que le fu­tur ache­teur conti­nue­ra l’ac­ti­vi­té de res­tau­ra­tion. « Quand on consacre au­tant de temps à un en­droit, on es­père for­cé­ment que quel­qu’un conti­nue­ra. Mais si un ache­teur veut faire du Trin­quart autre chose qu’une au­berge, je ven­drais quand même. »

Jo­siane Ro­cher sou­ligne : « J’au­rais vrai­ment pré­fé­ré faire mes va­lises une fois l’au­berge ven­due, mais ça ne s’est pas fait comme ça. Et je ne vou­lais pas re­com­men­cer 2018 comme 2017. »

Le couple a donc dû dire au re­voir à tous leurs clients, de­ve­nus des amis au fil du temps. « Cer­tains ont été très sur­pris qu’on ferme. Ils ont eu de la peine. Il y a for­cé­ment des liens qui se créent. » Et l’at­ta­che­ment de ces nom­breux clients à l’au­berge du Trin­quart et à Jo­siane Ro­cher est presque me­su­rable… à sa col­lec­tion de gre­nouilles. « Les cuisses de gre­nouilles sont une de nos spé­cia­li­tés, ex­plique la Vol­lo­roise. J’ai donc com­men­cé à col­lec­tion­ner toutes sortes d’ob­jets en forme de gre­nouille. » Ce sont ain­si près d’une cen­taine qui ont élu do­mi­cile au Trin­quart. « La plu­part m’ont été of­fertes par des clients. Cer­taines viennent du Qué­bec, de Hol­lande… Quand je vois ar­ri­ver des per­sonnes avec des pe­tits pa­quets, je me dis : “En­core une gre­nouille !”. J’y suis donc at­ta­chée. C’est pour ça qu’elles vont me suivre. » Comme une par­tie du Trin­quart qui ne quit­te­ra ja­mais Jo­siane Ro­cher.

« Cer­tains ont été sur­pris qu’on ferme »

Jo­siane Ro­cher a te­nu l’au­berge du Trin­quart pen­dant 22 ans.

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