Le seul com­merce du vil­lage est à re­prendre

La Gazette de Thiers - - LA UNE - SA­RAH DOUVIZY sa­rah.douvizy@cen­tre­france.com

À Saint-Mar­cel-d’Ur­fé, en plein coeur du Haut-Fo­rez, un seul et unique com­merce fait battre le coeur de la pe­tite bour­gade de 300 âmes. Un com­merce aux mul­tiples vi­sages te­nu par un couple fran­co-al­le­mand aux portes de la re­traite.

◗ Ce n’est pas n’im­porte quel chef qui cui­sine au Re­lais d’Ur­fé de­puis 2009. Jean­Luc Gar­nier est un an­cien chef étoi­lé ve­nu cher­cher à Saint­Mar­celd’Ur­fé plus de sim­pli­ci­té et pui­ser les res­sources né­ces­saires pour un nou­veau dé­part dans son Fo­rez na­tal.

Mais à 60 ans, Jean­Luc Gar­nier et son épouse al­le­mande Trau­del ont dé­sor­mais be­soin de souf­fler, de re­lâ­cher la pres­sion. D’où la mise en vente, il y a un peu plus d’un an, de leur éta­blis­se­ment mul­ti­ser­vice. Par­tir, ils en ont be­soin, mais ils ne le fe­ ront pas tant qu’ils n’au­ront pas trou­vé un re­pre­neur prêt à s’in­ves­tir au­tant qu’ils ont pu le faire dans le Re­lais d’Ur­fé.

Lors­qu’ils ont re­pris le seul com­merce de SaintMar­cel­d’Ur­fé, ce der­nier était fer­mé de­puis un an. Le couple fran­co­alle­ mand avait comme ob­jec­tif de tra­vailler plus sim­ple­ment, « loin des guides, des étoiles et des juges », se sou­vient Trau­del Gar­nier.

En presque 10 ans, le couple est par­ve­nu à dé­ve­lop­per une so­lide et fi­dèle clientèle, no­tam­ment grâce aux dif­fé­rents ser­vices qu’ils pro­posent. « Dans notre contrat avec la mai­rie, pro­prié­taire des lieux [les Gar­nier sont pro­prié­taires du fonds de com­merce, ndlr], nous nous sommes en­ga­gés à conser­ver une pe­tite épi­ce­rie de dé­pan­nage avec les pro­duits de pre­mière né­ces­si­té et un dé­pôt de pain et de gaz, dé­taille l’épouse du chef étoi­lé. À cô­té, nous avons conti­nué les me­nus du jour dans la par­tie bar, mais nous avons aus­si mis en place une salle de res­tau­rant avec des me­nus un peu plus éla­bo­rés les wee­kends, et sur de­mande en se­maine. Si des clients veulent de l’étoi­lé dans leurs as­siettes, Jean­Luc peut le faire », as­sure la gé­rante.

De la res­tau­ra­tion col­lec­tive pour les écoles

Et comme le couple est très loin d’avoir les deux pieds dans le même sa­bot, ils ne se sont pas ar­rê­tés là en terme de di­ver­si­fi­ca­tion. L’ap­par­te­ment au­des­sus du res­tau­rant a été amé­na­gé en gîte. « Mais il peut très bien conve­nir pour le lo­ge­ment des fu­turs pro­prié­taires », pré­cise Trau­del. En plus, chaque mi­di, en pé­riode sco­laire, les élèves des écoles de Cham­po­ly et des Salles se ré­galent avec les plats du chef de SaintMar­cel. « La res­tau­ra­tion col­lec­tive per­met de main­te­nir une ac­ti­vi­té conti­nuelle toute l’an­née. De toute fa­çon, en cam­pagne, il faut être un peu po­ly­va­lent si on veut que ce­la fonc­tionne », souffle celle qui of­fi­cie en salle. Pour com­plé­ter le ta­bleau, dé­jà bien rem­pli, les Gar­nier exercent éga­le­ment une ac­ti­vi­té de trai­teur. « Mais il ne faut pas que les fu­turs ache­teurs prennent peur. Toutes ces ac­ti­vi­tés nous ont permis d’avoir des fi­nances saines, après tout est pos­sible. »

Jean­Luc et Trau­del Gar­nier sont très at­ta­chés à leur Re­lais d’Ur­fé. Et même si la re­traite se fait de plus en plus pres­sante avec le temps, ils ne comptent en au­cun cas mettre la clef sous la porte sans avoir trou­vé un re­pre­neur digne de ce nom. « Nous vou­lons que le Re­lais conti­nue de vivre après nous. Si les nou­veaux gé­rants en ont be­soin, nous sommes prêts à tra­vailler avec eux au dé­part pour que le pas­sage de té­moin se fasse en dou­ceur », conclut le couple.

« Loin des guides, des étoiles et des juges »

Jean-Luc Gar­nier (à gauche) a ar­rê­té son ac­ti­vi­té étoi­lée en Al­le­magne pour re­ve­nir à une cui­sine un peu plus simple mais tou­jours de qua­li­té.

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