Le Bit­coin, cette mon­naie vir­tuelle qui in­ves­tit le mar­ché thier­nois

La Gazette de Thiers - - LA UNE - ALEXANDRE CHAZEAU

Ro­land Lan­nier, cou­te­lier, et Flo­rence Da­tes­sen, du Brin­de­zingue, sont les seuls en­tre­pre­neurs thier­nois à uti­li­ser le Bit­coin, la cryp­to­mon­naie dont tout le monde en­tend par­ler, mais dont per­sonne ne sait vrai­ment com­ment elle est gé­rée. Der­rière son ap­pli­ca­tion, une phi­lo­so­phie.

◗ « J’ai com­men­cé à en en­tendre par­ler en 2014, puis j’ai ache­té der­niè­re­ment pour 100 € de Bit­coin, quand il va­lait 4.500 dol­lars l’uni­té. En 2014, il n’en va­lait que 220. » Au­jourd’hui, il tourne au­tour des 15.000 dol­lars. Au­tant dire que le cou­te­lier thier­nois Ro­land Lan­nier a ga­gné pour l’heure quelques cen­taines d’eu­ros grâce à la hausse du cours. Mais bien au­de­là de cette lo­gique spé­cu­la­tive, ce qui in­té­resse ce­lui qui est un peu le pré­cur­seur du sec­teur en cryp­to­mon­naie, c’est la phi­lo­so­phie du sys­tème.

Ren­ta­bi­li­té éco­no­mique

« C’est un peu un rêve de cryp­to­anar­chiste. C’est le re­tour du ber­ger à la ber­gère, contre tous les scan­dales fi­nan­ciers aux­quels on as­siste im­puis­sant, évoque Ro­land Lan­nier. Grâce à la puis­sance in­for­ma­tique, et au cryp­tage des tran­sac­tions, plus be­soin d’in­ter­mé­diaire. On re­lègue au se­cond plan le tiers de confiance, car tout est bé­ton­né par les al­go­rithmes. Plus be­soin des banques. Seul un or­di­na­teur quan­tique qui n’existe pas au­jourd’hui pour­rait pi­ra­ter le cryp­tage sur l’en­semble des par­tages, qui lui est contrô­lé par l’en­semble des uti­li­sa­teurs. »

Ro­land Lan­nier uti­lise donc le Bit­coin pour amé­ lio­rer la ren­ta­bi­li­té éco­no­mique de son en­tre­prise. « J’ac­cepte les paie­ments en Bit­coin de clients hors zone eu­ro. Pour une fac­ture de 1.000 €, j’avais entre 50 et 100 € de frais, et j’avais quatre à cinq jours de dé­lais pour les re­ce­voir. Avec le Bit­coin, c’est 10 dol­lars la tran­sac­tion, gé­rée par des « mi­neurs » qui contrôlent le sys­tème, et trois heures après, l’ar­gent est sur mon compte. Tout le monde y trouve son compte », ap­pré­cie le cou­te­lier thier­nois. Il a ain­si re­çu des paie­ments du Ca­na­da, des USA et de Suisse. « Je ne suis pas in­for­ma­ti­cien, ni éco­no­miste, ni tra­der. Ce qui m’in­té­resse, c’est la théo­rie du truc. C’est un pa­ri sur l’ave­nir, avec la confiance au cours. »

Des soi­rées de sen­si­bi­li­sa­tion

Le chef d’en­tre­prise pro­jette même de fi­nan­cer une par­tie de la prime de ses em­ployés en Bit­coin, pour ceux qui le veulent. « C’est aus­si une fa­çon d’en ac­qué­rir, suf­fit juste d’ou­vrir un porte­mon­naie élec­tro­nique gé­rable sur son smart­phone. »

Ro­land Lan­nier a convain­cu Flo­rence Da­tes­sen, gé­rante du bar à vins le Brin­de­zingue, d’uti­li­ser cette mon­naie. Un choix qu’elle ne re­grette pas. « Je n’ac­cepte pas la carte de cré­dit, alors la cryp­to­mon­naie c’est une autre fa­ci­li­té pour ré­duire les frais ban­caires. Ici, tout le monde est scep­tique, mais c’est fran­çais. Il n’y a que les étran­gers pour le mo­ment qui me paient en Bit­coin. Mais ça va se dé­mo­cra­ti­ser, j’y crois fer­me­ment. Faut al­ler de l’avant ! »

Ro­land et Flo­rence ont même at­ta­qué des séances de sen­si­bi­li­sa­tions, au Brin­de­zingue. « La pre­mière a eu lieu avant Noël, nous étions une ving­taine. La pro­chaine au­ra lieu en fé­vrier. »

« Ce qui m’in­té­resse, c’est la théo­rie. C’est un pa­ri sur l’ave­nir. »

Flo­rence Da­tes­sen ac­cepte deux cryp­to­mon­naies. Le Bit­coin et l’Ethe­reum, dont les cours sont in­dexés sur le dol­lar, se gèrent grâce à des por­te­feuilles élec­tro­niques.

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