Jets de pierres : Lou­vrais et Cor­de­liers pri­vés de bus

La Sti­vo a in­ter­rom­pu pen­dant quatre jours le ser­vice de trois de ses lignes aux Lou­vrais, aux Cor­de­liers et vers l’hô­pi­tal.

La Gazette du Val d'Oise - - Pontoise - Jo­seph CA­NU

Du jeu­di 5 oc­tobre au soir, jus­qu’au lun­di 9 oc­tobre, la So­cié­té de trans­ports in­ter­ur­bains du Val-d’Oise (Sti­vo) a sus­pen­du ou mo­di­fié la cir­cu­la­tion de ses bus aux Cor­de­liers ain­si que dans toute la par­tie est des Lou­vrais, et dans le quar­tier du centre hos­pi­ta­lier Re­né-Du­bos. Les lignes 34 Nord, 42 et 57 ont ain­si été dé­viées dans les deux sens du­rant quatre jours. La ligne 42 a même été sup­pri­mée les sa­me­di 7 et di­manche 8 oc­tobre.

Sé­cu­ri­sa­tion po­li­cière

« De­puis le 19 sep­tembre, une di­zaine de jets de pro­jec­tiles est sur­ve­nue au ni­veau des quar­tiers des Cor­de­liers, Beur­riers et Hô­pi­tal », a ex­pli­qué la Sti­vo dans un com­mu­ni­qué. Et à la suite de ré­cents jets de pierres, sur l’un des vé­hi­cules de la ligne 42, non loin de l’hô­pi­tal, le trans­por­teur pu­blic a jus­ti­fié sa dé­ci­sion, prise « à titre de pré­ven­tion […] pour ga­ran­tir au mieux la sé­cu­ri­té de ses voya­geurs et de son per­son­nel ». Deux vitres la­té­rales d’un bus ont été bri­sées. Par chance, il n’y a pas eu de bles­sé. Les conduc­teurs ont aus­si­tôt exer­cé leur droit de re­trait. « Je me suis en­tre­te­nu avec la Sti­vo et avec le com­mis­saire de po­lice sur le su­jet. J’ai ap­pris qu’une sé­cu­ri­sa­tion po­li­cière sur toute la por­tion en ques­tion avait été mise en place du­rant la jour­née du ven­dre­di. Elle n’a mal­heu­reu­se­ment pas pu être ré­ité­rée les sa­me­di et di­manche, d’où l’in­ter­rup­tion mo­men­ta­née du tra­fic », confie Phi­lippe Houillon, le maire (Lr) de Pon­toise. Un élu qui consi­dère « in­sup­por­table que des faits de dé­lin­quance in­duisent un re­cul de la Ré­pu­blique et de son ser­vice pu­blic. »

An­non­cée « jus­qu’à nou­vel ordre » dans un pre­mier temps, cette me­sure a sur­tout im­pac­té la ligne 42, qui n’en­trait même plus dans Pon­toise, puisque son ter­mi­nus était dé­sor­mais ce­lui de l’ar­rêt Croix-Saint-Si­méon, si­tué en bor­dure de ville, sur le rond­point du Le­clerc d’Os­ny.

Ter­mi­nus à Os­ny

Les voya­geurs n’avaient donc plus au­cun moyen de se rendre à l’hô­pi­tal, aux Cor­de­liers, ni même dans au­cun lieu si­tué à l’est de l’ave­nue Re­douane-Bou­ga­ra au­tre­ment qu’à pied. Les ar­rêts Al­sace-Bre­tagne et Hô­pi­tal-Re­né-Du­bos, Hô­pi­tal-Ad­mi­nis­tra­tion, Charles-Bou­ti­court, Nor­man­die, Place-de-la-Paix (où il y a une école), Bo­blin­gen, Mai­son-de-re­traite, Paul-Cé­zanne et Les-Beur­riers, n’étaient plus des­ser­vis. Un manque qui a fait ré­agir de nom­breux Pon­toi­siens.

Co­lère et in­quié­tudes

Si cer­tains ont fait preuve d’em­pa­thie en­vers « les chauf­feurs qui se font caillas­ser », l’heure était plu­tôt à l’éton­ne­ment, voire à la co­lère. « Plus au­cun bus ne passe par chez nous ! C’est grave quand même ! », s’est in­quiè­tée Cé­line. Elle, qui ha­bite aux Beur­riers, a été contrainte de marcher une ving­taine de mi­nutes pour re­joindre son do­mi­cile lors­qu’elle ren­trait du tra­vail. « Ça fait un bout de che­min et la nuit tombe vite », a no­té An­na. « Ni­veau prix, il y a au moins une ré­duc­tion j’es­père ? », s’est in­ter­ro­gée Aa­liyah. « On paye pour une moi­tié de tra­jet », a iro­ni­sé Su­zanne. « Pauvres chauf­feurs et pauvres ci­toyens. On ne peut plus prendre le bus en toute sé­cu­ri­té. C’est vrai­ment triste d’en ar­ri­ver là », s’est la­men­tée Jes­si­ca.

Hô­pi­tal non des­ser­vi

Mais les in­quié­tudes se tour­naient plu­tôt vers l’ac­cès à l’hô­pi­tal, par le­quel tran­sitent un cer­tain nombre de per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite. Sans par­ler des femmes en­ceintes qui de­vaient se rendre à la ma­ter­ni­té…

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