In­ter­dic­tion du por­table à l’école, ce qu’ils en pensent

La Manche Libre (Cherbourg) - - SOCIETE -

L’Edu­ca­tion na­tio­nale sou­haite in­ter­dire les té­lé­phones por­tables de la pri­maire au col­lège. Pour le mi­nis­tère, il s’agit de lut­ter contre l’ad­dic­tion aux écrans et le har­cè­le­ment sco­laire. Pour les en­sei­gnants et les élèves, une loi ne chan­ge­ra pas les pra­tiques dé­jà en cours.

Jean-Mi­chel Blan­quer, mi­nistre de l’Edu­ca­tion na­tio­nale

“La tech­no­lo­gie n’est pas bonne dans toutes les cir­cons­tances. Dans le monde tech­no­lo­gique dans le­quel on rentre, il faut de la pé­da­go­gie entre les bons usages et les mau­vais usages. On le voit bien avec les ré­seaux so­ciaux, le cy­be­rhar­cè­le­ment, l’ad­dic­tion aux écrans, qui sont des pro­blèmes de notre so­cié­té aux­quels il faut prendre garde pour les éco­liers et les col­lé­giens. On garde la pos­si­bi­li­té pour chaque col­lège de dé­fi­nir la mo­da­li­té d’in­ter­dic­tion. Mais le but n’est pas de faire du té­lé­phone por­table quelque chose de pré­sent comme c’est trop le cas au­jourd’hui. Il y a des col­lèges où on fait ça et où ça marche très bien. Et ça n’a rien d’an­ti-tech­no­lo­gique parce que ça n’em­pêche pas la pré­sence des ta­blettes ou d’avoir des cours d’in­for­ma­tique. La loi est né­ces­saire parce qu’elle donne la base ju­ri­dique dont les éta­blis­se­ments ont be­soin et après il y a tout le prag­ma­tisme qu’on peut avoir à l’échelle de chaque éta­blis­se­ment.”

Lis­nic Agnès, prin­ci­pale du col­lège An­dré Mal­raux, Gran­ville

“Leur uti­li­sa­tion est dé­jà ex­trê­me­ment ré­gle­men­tée. On le met dans le sac le ma­tin et on ne le sort plus. Jus­qu’ici on a pas trop de pro­blèmes. Il suf­fit de leur ex­pli­quer pour qu’ils com­prennent, mais on ne pour­ra ja­mais ar­ri­ver à zé­ro trans­gres­sion. Quand ils ont be­soin d’ap­pe­ler leurs pa­rents, ils peuvent ve­nir nous le de­man­der.”

Ma­dame Clouet, pro­fes­seur de ma­thé­ma­tiques au col­lège Jeanne d’Arc, Bayeux

“Je pense que c’est une très bonne dé­ci­sion, d’au­tant qu’on a dé­jà eu des pro­blèmes avec des élèves qui pu­bliaient des pho­tos de leurs pro­fes­seurs sur les ré­seaux so­ciaux.”

Léa, col­lège Jeanne d’Arc, Bayeux “Mes pa­rents ne veulent pas que je me serve de mon té­lé­phone en cours, alors je le laisse éteint. Sauf par­fois en cours de sport. Mais bien­tôt je se­rai au ly­cée et on a le droit de s’en ser­vir dans la ca­fé­té­ria.”

Odin, ly­cée Le Ver­rier, Saint-Lô “Le té­lé­phone est seule­ment in­ter­dit en cours. Le reste, ce se­rait inutile parce que le ly­cée est trop grand pour qu’ils sur­veillent par­tout.” Maya et Emi­lie, ly­cée Jul­liot de la Mo­ran­dière, Gran­ville

“Au col­lège, c’est nor­mal qu’on in­ter­dise le té­lé­phone por­table parce qu’on est jeune et on peut se lais­ser in­fluen­cer par les ré­seaux so­ciaux. On a par­lé un pe­tit peu du har­cè­le­ment au col­lège. Au ly­cée, on est plus res­pon­sable.”

An­ge­li­na, ly­cée le Ver­rier, SaintLô

“Les pa­rents y tiennent, pour don­ner des nou­velles des sor­ties et ce­te­ra. Une fois, c’est ma mère qui m’a ap­pe­lée en cours. Elle avait juste ou­blié que j’étais à l’école.”

Ni­cole Paul, ad­mi­nis­tra­trice FCPE 50

“L’idée des ca­siers, je trouve ça ef­froyable parce que dans cer­tains éta­blis­se­ments les élèves n’ont pas de ca­siers pour dé­po­ser leurs af­faires alors qu’ils ont des sacs très lourds. Mais il n’y a pas vrai­ment de mé­thode in­no­vante. A moins de mettre des brouilleurs pour s’as­su­rer que les élèves n’aillent pas sur in­ter­net. Mais les pa­rents ne com­prennent pas ça, les en­fants doivent pou­voir les joindre en cas de sou­cis.”

Ma­dame Au­vray, pro­fes­seur de fran­çais au col­lège Jeanne d’Arc, Bayeux

“J’es­saie de leur faire un peu de pré­ven­tion. Mais c’est vrai que les choses évo­luent vite. Avant, les pa­rents don­naient leurs an­ciens té­lé­phones aux en­fants, main­te­nant ils ar­rivent avec des très beaux té­lé­phones. Et dès la sixième ! Au­jourd’hui, ils en ont presque tous un alors que les troi­sièmes d’au­jourd’hui, il y a quatre ans, ils n’en avaient pas.”

Jean-Mi­chel Blan­quer, le 1er juin au ly­cée La Mo­ran­dière, à Gran­ville, ré­af­firme sa vo­lon­té d’in­ter­dire le té­lé­phone au col­lège

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