Qui pour sau­ver AIM Group ?

La Manche Libre (Coutances) - - L’actu En Region -

Une pro­cé­dure de re­dres­se­ment ju­di­ciaire as­sor­tie d’une pé­riode d’ob­ser­va­tion de six mois. C’est le ver­dict pro­non­cé à l’is­sue de l’au­dience du mar­di 3 avril, au Tri­bu­nal de com­merce de Rouen, sur l’ave­nir D’AIM Group. Cette dé­ci­sion offre une nou­velle chance à la so­cié­té d’abat­tage ba­sée à Sainte-cé­cile, même si l’is­sue de la crise reste à trou­ver.

Re­trou­ver des in­ves­tis­seurs pri­vés

Qui ap­por­te­ra le se­cond souffle per­met­tant à l’abat­toir de se re­lan­cer ? Pour Sé­bas­tien La­fon, “la mise en re­dres­se­ment ju­di­ciaire ne va pas ré­gler les pro­blèmes de tré­so­re­rie ren­con­trés par la so­cié­té”. L’an­cien pré­sident de l’en­tre­prise, dé­sor­mais re­pré­sen­tant du per­son­nel, sait donc qu’il s’agit dé­sor­mais de “re­trou­ver des fi­nan­ce­ments”. Et “l’ar­ri­vée de nou­veaux in­ves­tis­seurs pri­vés” of­fri­rait une is­sue idéale qui per­met­trait d’ap­por­ter “un fonds de rou­le­ment suf­fi­sant” à l’en­tre­prise, d’après Ber­nard Tré­het, an­cien di­rec­teur de la SEM Ima­gine (qui avait ra­che­té les bâ­ti­ments de la so­cié­té en 2015). De nou­veaux li­cen­cie­ments son­tils à craindre ? Pas si sûr, d’après Sé­bas­tien La­fon qui ex­plique : “en 2015, c’était une aber­ra­tion de nous faire re­par­tir avec 200 sa­la­riés. Au­jourd’hui, si l’on main­tient les vo­lumes d’abat­tage, on n’a pas be­soin de ré­duire nos ef­fec­tifs. Sauf si l’on mo­der­nise l’ou­til”. Si AIM doit al­ler de l’avant, la pi­lule reste dif­fi­cile à di­gé­rer pour Sé­bas­tien La­fon. En ef­fet, fin mars, l’ex­pré­sident a été contraint d’aban­don­ner son fau­teuil et la so­cié­té, obli­gée de dé­po­ser le bi­lan après le re­fus de L’URS­SAF d’éta­ler une dette de 2,7 mil­lions d’eu­ros. “Pour nous ce n’était pas lo­gique que l’en­tre­prise se re­trouve de­vant le tri­bu­nal. On n’a ja­mais eu les condi­tions né­ces­saires pour qu’elle puisse fonc­tion­ner nor­ma­le­ment, on est par­ti avec du plomb dans l’aile”, confie-t-il. Des pro­pos confir­més Ber­nard Tré­het : “Quand on dit que la so­cié­té a bé­né­fi­cié de 13 mil­lions de la part des col­lec­ti­vi­tés lo­cales, c’est faux. Ce n’est pas la nou­velle en­tre­prise qui a tou­ché ces fonds, mais l’an­cienne en­tre­prise dis­pa­rue de­puis 2015”. D’après Sé­bas­tien La­fon, l’ac­tuelle so­cié­té AIM a, de­puis sa créa­tion, plu­tôt bé­né­fi­cié de prêts que de sub­ven­tions : “On n’a pas à rou­gir de ce que l’on a fait. On était qua­si­ment ar­ri­vé au seuil de ren­ta­bi­li­té. On avait les ventes mais il nous man­quait de la tré­so­re­rie”.

Pour Sé­bas­tien La­fon, re­pré­sen­tant du per­son­nel D’AIM Group, le sa­lut de l’en­tre­prise ré­side dans l’ar­ri­vée de nou­veaux in­ves­tis­seurs.

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