Dé­cou­verte à Quet­tre­ville

Des os de mou­ton en haut de l’église.

La Manche Libre (Coutances) - - Coutances -

La par­tie haute du clo­cher de l’église Notre-dame de Sain­tea­gathe étant pra­ti­que­ment dé­mon­tée, c’est à deux mètres en des­sous du clo­cher, que les ou­vriers, ma­çons d’art, ont mis à jour un bien cu­rieux mon­tage de lit de pierres. En ef­fet, sur la flèche il y a trois hau­teurs de pierres consti­tuées en par­tie d’os­se­ments de ... mou­ton. “Il s’agit d’une pra­tique cou­rante en Nor­man­die aux XVII, XVIII ET XIXE siècles, mais éga­le­ment dans bien d’autres ré­gions de France et d’eu­rope, et fré­quem­ment dans les pays de vignes” pré­cise Sté­phane Sain­tan­dré, di­rec­teur de l’en­tre­prise Que­lin (Nor­douest). Dis­po­sés en rangs à des hau­teurs dif­fé­rentes, par­fois en quin­conce, ce sont des os de porcs, de veaux, mais plus sou­vent de mou­tons.

Les os sont fi­chés dans la ma­çon­ne­rie sur deux ou trois lignes pa­ral­lèles à des hau­teurs dif­fé­rentes. Les an­ciens les choi­sis­saient car les os sont plus ré­sis­tants que le bois et pré­fé­rables au mé­tal qui rouille, laisse des traces in­es­thé­tiques et fi­nit par pro­vo­quer l’écla­te­ment de la pierre. Mais il ne s’agit pas de leur seule fonc­tion. Autre uti­li­té et non des moindres, cou­pés et fixés au mur, ils ser­vaient

“Le bon sens de nos an­ciens”

de drain contre l’hu­mi­di­té et sur­tout consti­tuaient, pour beau­coup d’édi­fices pres­ti­gieux, une tech­nique de construc­tion ré­pan­due. “Lors de la res­tau­ra­tion de la ba­lus­trade de la par­tie haute de la ca­thé­drale de Cou­tances, (ga­le­rie des roses), on a éga­le­ment pu consta­ter cette pra­tique pleine de bon sens et sur­tout du bon sens de nos an­ciens”, ajoute Sté­phane de Saint-an­dré.

“C’est un chan­tier qui n’est pas dans une dé­marche d’em­bel­lis­se­ment, les pierres du clo­cher risquent de tom­ber. Au dé­but du XXE siècle, pour les res­tau­ra­tions du pa­tri­moine, on uti­li­sait bien sou­vent du ci­ment et de l’acier de mau­vaise qua­li­té, en rai­son de l’air sa­lin. Ce­la a contri­bué très vite à créer di­verses graves pa­tho­lo­gies que nous consta­tons ici. Il était vrai­ment urgent de ré­agir”, confie l’ar­ti­san.

Ce sont es­sen­tiel­le­ment des fé­murs ou des ti­bias de mou­ton qui été uti­li­sés. Re­con­nus pour leur grande ré­sis­tance.

La bâche jaune fait res­sor­tir les os qui sont fi­chés dans les murs, entre les pierres.

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