Un Bayeu­sain pri­mé pour son mu­sée

La Manche Libre (Saint-Lô) - - INSOLITE -

Pho­to­graphe ori­gi­naire de Bayeux, Ré­hahn Cro­que­vielle a ou­vert un mu­sée gra­tuit au Viet­nam.

Vous ve­nez de rem­por­ter le prix du Pu­blic des Tro­phées des Fran­çais de l’étran­ger, fé­li­ci­ta- tions !

“Mer­ci, ce­la ré­com­pense le pro­jet d’un mu­sée, que j’ai ou­vert en 2017 au Viet­nam”.

Que peut-on y trou­ver?

“C’est un es­pace de 450 m2 où sont dis­po­sées toutes les pho­tos des 49 eth­nies que j’ai ren­con­trées au Viet­nam, en for­mat géant (2 m) et les cos­tumes tra­di­tion­nels sou­vent of­ferts par les chefs de vil­lage”.

“Le Viet­nam m’a choi­si”

En quoi ce mu­sée est ori­gi­nal? “Il est gra­tuit, ou­vert 7 jours sur 7, et l’ex­po­si­tion, construite comme un car­net de voyage, est tra­duite en fran­çais, an­glais et viet­na­mien. Elle le se­ra bien­tôt en al­le­mand, hol­lan­dais et es­pa­gnol. Mon ob­jec­tif est d’of­frir au vi­si­teur une ex­pé­rience et une in­tro­duc­tion à la di­ver­si­té et la ri­chesse cultu­relle du Viet­nam”.

Pour­quoi le Viet­nam?

“Je n’ai pas choi­si le Viet­nam, c’est lui qui m’a choi­si. J’ai voya­gé dans une qua­ran­taine de pays et c’est là que je me suis sen­ti le mieux. J’y ai ef­fec­tué mon pre­mier voyage en 2007 pour ren­con­trer ma filleule, avec l’as­so­cia­tion”En­fant du Viet­nam“. J’y suis re­tour­né chaque an­née et je suis tom­bé sous le charme du pays”.

Qu’est-ce qui vous plaît par­ti­cu­liè­re­ment ?

“La qua­li­té de vie, le sou­rire des gens, le so­leil, la fa­ci­li­té de la vie… Il n’y a pas de stress, ce n’est pas une so­cié­té an­xio­gène comme la nôtre, tout est moins dra­ma­tique. Il n’y a pas de bombes, pas d’agres­sions, pas d’at­ten­tats… Après 35 ans de guerre, ils ne veulent plus de tout ce­la”.

Et la nour­ri­ture ? “C’est une des meilleures et une des plus va­riées d’Asie. Pour 2 €, on mange un ex­cellent re­pas !”

Pour­quoi être par­ti à la ren­contre des 54 eth­nies dif­fé­rentes du Viet­nam? “J’ai tou­jours été in­té­res­sé par l’his­toire, les cultures et les tra­di­tions. En tant que pho­to­graphe, j’ai com­men­cé par ap­pro­cher les eth­nies les plus ac­ces­sibles, puis j’ai conti­nué jus­qu’à en pho­to­gra­phier 49 sur 54 ! Cer­tains vivent en­core en cos­tume. Par­mi les cinq eth­nies qu’il me reste à pho­to­gra­phier, l’une vit dans des grottes. Cette ren­contre s’an­nonce pas­sion­nante”.

“J’ai dé­cou­vert l’au­ra de la France à l’étran­ger”

Votre pro­jet “Pre­cious he­ri­tage” va au-de­là du mu­sée ?

“Oui, et même au-de­là de la pho­to­gra­phie. Par exemple, j’ai fi­nan­cé 30 cos­tumes d’une eth­nie qui était en train de dis­pa­raître. L’idée était qu’ils ap­prennent à leurs plus jeunes filles à les fa­bri­quer, puis je leur ai of­fert. J’ai éga­le­ment en­re­gis­tré des chants tra­di­tion­nels qui ra­content leurs lé­gendes. On peut les en­tendre en vi­si­tant le mu­sée”.

Com­ment sont per­çus les Fran­çais au Viet­nam?

“Ils nous adorent ! J’ai dé­cou­vert que nous sommes la na­tio­na­li­té pré­fé­rée des Viet­na­miens, qui sont fans de Pa­ris. La langue, la mode, les par­fums y sont ad­mi­rés. De­puis que j’y vis, j’ai vrai­ment dé­cou­vert l’au­ra de la France à l’étran­ger”.

Pho­to­graphe ori­gi­naire de Bayeux, Ré­hahn Cro­que­vielle est par­ti à la ren­contre des 54 eth­nies du Viet­nam, où il a ou­vert un mu­sée gra­tuit. Son pro­jet vient d’être ré­com­pen­sé.

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