Le vi­rus du drag­ster

Gé­rant d’un garage, Bo­ris par­ti­cipe à des courses de drag­ster. Une belle vi­trine qui lui per­met aus­si de tra­vailler la ri­gueur.

La Manche Libre (Saint-Lô) - - LA UNE -

Gé­rant d’un garage à Bré­hal, Bo­ris De­la­roque a em­bar­qué

une par­tie de ses em­ployés dans son aven­ture. En­semble, ils ont créé un drag­ster Coc­ci­nelle et par­ti­cipent au cham­pion­nat de France. Adré­na­line ga­ran­tie au­tour

de ces mé­ca­niques sur­puis­santes.

Bo­ris De­la­roque vit sa vie à 210 km/h. Fon­da­teur d’un garage spé­cia­li­sé dans les mo­teurs à plat, comme ceux des Porsche et com­bis Volks­wa­gen, ce Man­chois de 31 ans est aus­si pi­lote de drag­ster. Avec son bo­lide, une Coc­ci­nelle de 320 che­vaux, il par­ti­cipe à des courses en ligne droite sur 400 mètres. Pour par­cou­rir cette dis­tance équi­va­lente à celle d’une piste d’athlétisme, l’ac­cé­lé­ra­tion est ful­gu­rante : de 0 à 100 km/h en 3 se­condes ! Et comme si ce­la ne suf­fi­sait pas, l’équipe de Bo­ris a ins­tal­lé dans le drag­ster une bon­bonne de pro­toxyde d’azote - ou “Nos” - pour boos­ter les per­for­mances du monstre mé­ca­nique. Les ama­teurs de la sa­ga Fast and Fu­rious ap­pré­cie­ront.

Le vi­rus, Bo­ris l’a at­tra­pé à SaintLô où, jus­qu’au mi­lieu des an­nées 2000, des courses d’ac­cé­lé­ra­tion étaient or­ga­ni­sées sur la ro­cade. “J’y ai as­sis­té pour la pre­mière fois en 2005 et j’ai fait ma pre­mière course à Spa-Fran­cor­champs, en Bel­gique, en 2006”. Bo­ris est en­core étu­diant, mais dé­jà il est au vo­lant d’une coc­ci­nelle rouge, un mo­dèle de Volks­wa­gen qui lui est cher.

Après ses études à Ville­dieu-lesPoêles puis à Cher­bourg, il fonde à Bré­hal le garage Flat Spe­cia­li­ties où il as­sure, d’abord seul, la ré­pa­ra­tion et l’en­tre­tien de mo­dèles an­ciens. Mais le vi­rus du drag­ster ne le quitte pas pour au­tant, et le na­tif de Rouen em­barque dans son aven­ture une par­tie de son équipe. Bo­ris De­la­roque part à Las Ve­gas où il se rend ré­gu­liè­re­ment, et fait l’ac­qui­si­tion d’un nou­veau drag­ster Coc­ci­nelle.

Les soirs, les nuits et les week-ends, Bo­ris et son équipe désossent le vé­hi­cule et le re­cons­truisent en­tiè­re­ment. 400 heures de tra­vail plus tard, le bo­lide est fin prêt pour par­ti­ci­per au Tro­phée ATD, le seul en France dé­dié aux drag­sters. Ita­lie, Al­le­magne, Bel­gique : l’équipe de Flat Spe­cia­li­ties par­ti­cipe éga­le­ment à de nom­breux “runs” en Eu­rope de l’Ouest.

Une ac­cé­lé­ra­tion de 0 à 100 km/h en trois se­condes

3 h de pré­pa­ra­tion, 10 se­condes de run

A chaque fois, deux jours sont né­ces­saires pour pré­pa­rer le drag­ster. “Il faut 2h30 à 3 h de pré­pa­ra­tion et de mise au point pour chaque run, qui dure entre 10 et 11 se­condes”, ex­plique le pi­lote.

A ce ni­veau, l’er­reur est in­ter­dite. La pres­sion des pneus, sous gon­flés et vis­sés à la jante pour évi­ter qu’ils ne tournent, doit être pré­ci­sé­ment de 0,8 bar. Ni plus, ni moins. “Si quel­qu’un manque la pres­sion des pneus à l’ar­rière, c’est l’ac­ci­dent”, pré­vient le pi­lote. “Ce­la nous fait tra­vailler la ri­gueur. C’est très for­ma­teur pour nos équipes”, ap­pré­cie le gé­rant du garage bré­ha­lais, qui voit aus­si dans ces courses “une for­mi­dable ex­po­si­tion pour notre marque”. En ef­fet, le garage, qui pré­pare 40 à 50 mo­teurs par an, pro­fite de cette vi­trine pour dé­mon­trer son sa­voir-faire en termes de mo­teurs à plat. Qui peut le plus peut le moins. Le tra­vail et la ri­gueur com­mencent à payer : en août 2017, Bo­ris De­la­roque a rem­por­té le mee­ting de Spa-Fran­cor­champs, 10 ans après sa pre­mière course. Une belle ré- com­pense pour l’équipe, qui fait concou­rir la plus pe­tite voi­ture en cy­lin­drée (2,5 litres) mais aus­si la plus lé­gère: à peine 400 kg, contre 800 à 900 chez ses concur­rentes amé­ri­caines. De quoi ren­flouer les caisses ? “Lors de ces courses, il n’y a rien à ga­gner, on ne le fait pas pour l’ar­gent”, confie ce pe­tit-fils de mé­ca­ni­cien. Des sen­sa­tions, un es­prit de franche ca­ma­ra­de­rie et des mé­ca­niques sur­puis­santes : c’est là le seul car­bu­rant de l’équipe man­choise.

Le poids, c’est l’en­ne­mi : ici, l’in­té­rieur dé­pouillé du drag­ster de Flat Spe­cia­li­ties.

L’équipe de Flat Spe­cia­li­ties com­po­sée de Saïd, Da­vid, Ju­lien et Bo­ris de­vant la Coc­ci­nelle drag­ster.

A 5 000 tours/mi­nute, la Coc­ci­nelle drag­ster est en sous-ré­gime…

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