Les dé­pu­tés nor­mands LREM sont-ils en marche ?

Dé­mis­sions, re­ma­nie­ment, af­faire Be­nal­la, im­po­pu­la­ri­té... les dé­pu­tés LREM suivent ils tou­jours le gou­ver­ne­ment bal­lot­té ?

La Manche Libre (Saint-Lô) - - LA UNE -

Les dé­pu­tés En Marche prennent la pa­role dans La Manche Libre. La ren­trée par­le­men­taire ne se fait pas sous les meilleurs aus­pices pour la ma­jo­ri­té En Marche. En ef­fet, après les dé­mis­sions suc­ces­sives de Lau­ra Fles­sel, Ni­co­las Hu­lot et Gé­rard Col­lomb, la ques­tion se pose : le nou­veau monde est-il dé­jà es­souf­flé ? Les dé­pu­tés LREM de la Manche et du Cal­va­dos ont-ils l’in­ten­tion de quit­ter le ba­teau alors qu’il semble prendre l’eau ? En cette pé­riode dif­fi­cile, sont-ils so­li­daires de toutes les dé­ci­sions gou­ver­ne­men­tales ? Leurs ré­ponses

Lau­ra Fles­sel quitte le gou­ver­ne­ment sur fond d’af­faire fis­cale, Ni­co­las Hu­lot s’en­fuit de­vant l’im­pos­si­bi­li­té de la tâche qui lui est confiée, Gé­rard

Col­lomb trop im­pa­tient de re­trou­ver Lyon met un terme bru­tal à son pré­avis an­non­cé il y a deux se­maines. Qu’en pensent les dé­pu­tés ma­cro­nistes de notre ré­gion ?

Ber­trand Bouyx, dé­pu­té de la 5e cir­cons­crip­tion du Cal­va­dos

“Je n’ai pas l’ha­bi­tude de chan­ger mon opi­nion en fonc­tion de la mé­téo. Je me suis en­ga­gé pour sou­te­nir un pré­sident dans le cadre d’un pro­jet et ce pro­jet doit être réa­li­sé au­jourd’hui. Ce­la ne re­lève pas de la fer­veur mais sim­ple­ment de l’en­ga­ge­ment po­li­tique. Bien sûr que par­fois nous avons des points de désac­cord mais ces points se règlent au sein du groupe par la né­go­cia­tion, c’est comme ça que nous fai­sons évo­luer les textes de loi. Si vous avez ai­mé l’an­née 1, pré­pa­rez-vous car le pré­sident a été très clair des­sus, l’an­née 2 se­ra en­core plus dense en ré­formes. Ef­fec­ti­ve­ment c’est dif­fi­cile, c’est un rythme très sou­te­nu au­quel il faut ce­pen­dant se te­nir si l’on sou­haite ré­for­mer le pays. Et en tant que dé­pu­té, mon rôle est de re­mon­ter les cri­tiques lé­gi­times du ter­rain et d’être à l’écoute. Dans ma per­ma­nence il y a en fait des gens qui viennent sur­tout consul­ter pour des pro­blé­ma­tiques qui les concernent sur le ter­ri­toire, des pro­blé­ma­tiques in­di­vi­duelles qui ne re­lèvent pas de la cri­tique du gou­ver­ne­ment. Même si ce­la peut ar­ri­ver par­fois.”

Gré­go­ry Gal­ba­don, dé­pu­té de la 3e cir­cons­crip­tion de la Manche

“Plus que ja­mais je sou­tiens Em­ma­nuel Ma­cron et son gou­ver­ne­ment. Mais ce­la ne fait que 16 mois que nous sommes au pou­voir, c’est en­core tôt pour faire le bi­lan de ce que l’on a en­tre­pris. Il faut de la pa­tience entre le vote de la loi au Par­le­ment et sa mise en place par des dé­crets sur le ter­rain. C’est pour ce­la que plus nous fe­rons les choses en amont, plus les ci­toyens ver­ront les ré­sul­tats de notre po­li­tique et que notre agen­da de dé­pu­tés est très char­gé de­puis que nous sommes en poste. Je suis seule­ment un peu in­quiet par rap­port au bud­get des Sports (le mi­nis­tère a an­non­cé une baisse du bud­get d’en­vi­ron 30 mil­lions d’eu­ros) mais j’en ai dis­cu­té avec la mi­nistre et nous tra­vaillons des­sus. Je n’ai au­cune in­quié­tude quant au fait que nous par­ve­nions à trou­ver un com­pro­mis. Même lorsque l’on a des in­quié­tudes au sein de notre groupe, nous en dis­cu­tons en­semble et nous trou­vons des so­lu­tions. Et nous gar­dons en tête d’amé­lio­rer le tra­vail pour tous les ci­toyens, c’est un su­jet sur le­quel nous tra­vaillons beau­coup et qui est la prio­ri­té du gou­ver­ne­ment.”

So­nia Kri­mi, dé­pu­tée de la 4e cir­cons­crip­tion de la Manche

“Je me suis in­ves­tie En marche pas parce que j’étais une fan ou une grou­pie d’Em­ma­nuel Ma­cron mais parce que j’ai adhé­ré à son pro­jet qui était de dire on met de cô­té tout ce qui nous sé­pare mais on tra­vaille sur les 80% qui nous unissent. Au sein de cette ma­jo­ri­té En Marche, je me sens utile pour conti­nuer d’ap­por­ter pas une voix contra­dic­toire parce que contrai­re­ment à ce qu’on dit je suis une li­bé­rale pro bu­si­ness pas une ul­tra li­bé­rale, je suis so­ciale mais pas pour l’as­sis­ta­nat. Le dé­bat pu­blic c’est ça, il est fait pour avoir des contra­dic­tions. Ce­la s’ap­pelle la dé­mo­cra­tie et on a tou­jours ce dé­bat au sein d’En Marche c’est pour ce­la que je suis tou­jours der­rière En Marche. Concer­nant la dé­mis­sion de Gé­rard Col­lomb, je peux être en désac­cord sur le fond. Mais Gé­rard Col­lomb reste un homme ho­no­rable qui est libre de faire ce qu’il sou­haite. Néan­moins, à ce ni­veau-là, mon sen­ti­ment est que l’on ne peut pas quit­ter le gou­ver­ne­ment pour la simple rai­son de re­tour­ner faire de la po­li­tique lo­cale. Il ne s’agit pas d’un acte ano­din, il af­fai­blit le gou­ver­ne­ment.”

Ber­trand Sorre, dé­pu­té de la 2e cir­cons­crip­tion de la Manche

“Bien sûr, mon en­ga­ge­ment est iden­tique. Le ré­sul­tat d’une po­li­tique gou­ver­ne­men­tale ne se voit pas for­cé­ment au bout d’une an­née mais ce que nous fai­sons entre to­ta­le­ment dans ce qu’Em­ma­nuel Ma­cron avait pro­mis lors de sa cam­pagne. Même si ponc­tuel­le­ment je peux avoir des di­ver­gences avec les choix gou­ver­ne­men­taux comme les 80 km/h. Mais on peut pro­tes­ter et tra­vailler et faire au mo­ment op­por­tun des pro­po­si­tions autres que celles ini­tia­le­ment pré­vues par le gou­ver­ne­ment. Concer­nant Gé­rard Col­lomb, ce­la fait par­tie de la vie d’un gou­ver­ne­ment en France je n’y ac­corde pas plus d’im­por­tance que ce­la. Gé­rard Col­lomb a fait un ex­cellent tra­vail au mi­nis­tère. C’est cer­tai­ne­ment un des mi­nis­tères les plus ex­po­sés et les plus exi­geants qui soit et Gé­rard Col­lomb avait très vite af­fi­ché sa vo­lon­té de re­tour­ner sur un man­dat mu­ni­ci­pal donc ça n’a pas été une sur­prise. Ce que je veux sou­li­gner c’est que ce­la n’a pas em­pê­ché les équipes d’être ré­ac­tives sur le ter­rain avec l’ar­res­ta­tion de Re­doine Faïd mal­gré cette phase tran­si­toire.”

Alain Tour­ret dé­pu­té de la 6e cir­cons­crip­tion du Cal­va­dos

“Tout à fait, je sou­tiens to­ta­le­ment la po­li­tique du gou­ver­ne­ment. Je ne pense pas qu’il y ait d’autre al­ter­na­tive pour re­lan­cer l’éco­no­mie et di­mi­nuer le chô­mage en France. C’est es­sen­tiel pour ré­for­mer le pays en pro­fon­deur et c’est exac­te­ment ce que sou­haite le pré­sident de la Ré­pu­blique, c’est pour­quoi je sou­tiens plei­ne­ment sa po­li­tique et celle du gou­ver­ne­ment. Il fau­drait en­core tra­vailler pour qu’il y ait une meilleure ir­ri­ga­tion entre ceux qui pro­duisent et ceux qui créent, au­jourd’hui il y a beau­coup trop de normes qui en­travent le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. C’est un tra­vail de longue ha­leine mais qui doit être me­né. Je pense seule­ment qu’il faut qu’il y ait une meilleure com­mu­ni­ca­tion en in­terne au sein du gou­ver­ne­ment. Il y a eu des pro­blèmes de com­mu­ni­ca­tion qui ont conduit à la dé­mis­sion de Gé­rard Col­lomb qui vou­lait re­tour­ner à un man­dat mu­ni­ci­pal à Lyon. J’ai beau­coup échan­gé avec lui et il conti­nue de sou­te­nir la po­li­tique du gou­ver­ne­ment mais pense que c’est de­puis Lyon qu’il pour­ra en être le meilleur sou­tien.”

Après la dé­mis­sion de Gé­rard Col­lomb, Em­ma­nuel Ma­cron est dans la tour­mente. L’an­nonce d’un nou­veau gou­ver­ne­ment de­vrait re­don­ner du souffle.

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