Une lu­mière dans les Nuits noires du livre

Une qua­ran­taine d’élèves de 1re STIDD et S par­ti­cipent au prix du po­lar ly­céen, re­mis à Au­bus­son

La Montagne (Brive) - - Brive Jeunesse & Co - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Des élèves de 1re du ly­cée Cabanis par­ti­cipent, dès de­main, au fes­ti­val du po­lar Nuits noires à Au­bus­son. Une lu­mi­neuse ex­pé­rience de lec­ture.

C’est sou­vent ce qu’on dit de la mu­sique clas­sique : a prio­ri ,on n’aime pas, mais une fois qu’on est plon­gé de­dans, on aime ! Pour les élèves de 1re STIDD 1 en tout cas, ça a mar­ché comme ça avec les livres !

Quand leur pro­fes­seur de fran­çais Cé­line Buge leur a an­non­cé, à la ren­trée, qu’ils de­vraient lire quatre po­lars en plus des clas­siques ins­crits à leur pro­gramme du bac, ils ont fait grise mine. Quelques mois et quelques heures de lec­ture plus tard, ces grands gaillards sont ra­vis ! Et pas dé­mu­nis quand il s’agit de faire va­loir leurs im­pres­sions et leurs idées sur les écri­tures, les per­son­nages ou les in­trigues des quatre ro­mans noirs sou­mis à leur lec­ture (1). « On di­rait qu’elle va à la guerre quand elle va en classe », avance Vic­tor à propos de Je tue les en­fants fran­çais dans les jar­dins.

Sé­lec­tion à lire

Ce ro­man de Ma­rie Neu­ser a fait l’una­ni­mi­té par­mi les élèves. Pour son his­toire, es­timent­ils d’une même voix, « la vio­lence entre les élèves » ; « Il se passe dans une ban­lieue dif­fi­cile, c’est pas une si­tua­tion, ni un mi­lieu qu’on connaît », com­mente Clé­ment. « En même temps, il nous montre les choses dans leur réa­li­té en nous em­me­nant dans l’in­trigue ; une fois qu’on a com­men­cé, on ne dé­croche plus », ap­pré­cie An­tho­ny. « C’est un bon livre, avec une his­toire et une fin ori­gi­nales. Il n’y a pas de ré­pé­ti­tion et à la fin, un re­tour­ne­ment de si­tua­tion com­plet », pour­suit Bas­tien. « Ça me rap­pelle le film La jour­née de la jupe, avec Ad­ja­ni », re­lève Lu­cas, épa­tant sa prof au pas­sage.

Cé­line Buge jus­te­ment vou­lait les in­ci­ter à lire en les ins­cri­vant au fes­ti­val Nuits noires à Au­bus­son (2). Quatre po­lars à dé­cou­vrir donc et l’oc­ca­sion d’abor­der le pro­gramme sco­laire par un biais plus ac­tuel. « Je vou­lais leur faire lire des livres en plus de ceux du bac, autre chose que ce qui leur pa­raît en­nuyeux et qu’ils ne lisent pas for­cé­ment ».

Ré­sul­tat : un bon tiers des élèves achève le qua­trième titre de la sé­lec­tion. Fins prêts pour re­joindre, de­main, les autres jeunes en­ga­gés sur le fes­ti­val creu­sois (il se dé­roule jus­qu’à sa­me­di). « Une fois qu’ils sont par­tis, ils sont vrai­ment vo­lon­taires », ap­pré­cie leur prof. Sans doute parce que le pro­gramme du fes­ti­val ne manque pas d’in­té­rêt. De­main ma­tin, une ving­taine d’au­teurs du Poulpe, rom­pus au tra­vail avec les jeunes, ani­me­ront des ate­liers d’écri­ture au­tour d’une thé­ma­tique du po­lar. L’idée étant de ré­di­ger des nou­velles qui se­ront pré­sen­tées sur la scène du théâtre, par les élèves eux­mêmes et des co­mé­diens, le ven­dre­di soir.

Un exer­cice qui ne les im­pres­sionne pas outre me­sure. « L’écrit d’in­ven­tion semble le plus simple », avance Ra­ma­zan dans un sou­rire. De­main éga­le­ment, la soi­rée se­ra très ani­mée, avec un concert réunis­sant jeunes et au­teurs sur scène, sui­vi d’une bat­tle théâ­trale. Des say­nètes ont été écrites par deux au­teurs, à charge pour les élèves de les in­ves­tir et de créer, à leur guise, de nou­veaux rôles.

« C’est bon pour leur confiance en soi »

Le ven­dre­di, les uns pré­pa­re­ront la re­pré­sen­ta­tion du soir (avec, à la clé, une su­per pré­pa­ra­tion pour l’oral du bac !), pen­dant que les autres se concer­te­ront avec leurs ca­ma­rades ve­nus d’autres ly­cées de la ré­gion, pour dé­cer­ner le prix du po­lar ly­céen à l’un des quatre livres de la sé­lec­tion.

Là, chaque voix, chaque ar­gu­ment comp­te­ra… « Ce­lui qui se montre le plus in­ci­sif re­çoit un ou­vrage dé­di­ca­cé, ra­conte Cé­line Buge. L’an der­nier, tous ces livres sont re­ve­nus à des élèves de STIDD. Pour leur confiance en soi, c’est bon ! Ça leur montre qu’eux aus­si sont ca­pables de lire et de faire quelque chose de bien de leurs lec­tures. Et ils pour­ront tou­jours ré­in­ves­tir ce qu’ils ont lu, vu et en­ten­du pour leur bac ». ■

(1) Un été blanc et noir, de Fré­dé­ric Cou­derc (Poche) ; Ter­mi­nus Belz, d’em­ma­nuel Grand (Points po­li­cier) ; L’en­fant aux cailloux, de So­phie Lou­bières (Po­cket) ; Je tue les en­fants fran­çais dans les jar­dins, de Ma­rie Neu­ser (Po­cket).

(2) Une di­zaine de vo­lon­taires de 1re S y par­ti­cipent éga­le­ment.

PHO­TOS FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIERE

Avec leur pro­fes­seur, Syl­vie Buge, les élèves ont ex­plo­ré les po­lars des Nuits noires comme le théâtre, la poé­sie ou les clas­siques : avec un oeil mo­derne et cri­tique.

PHOTO FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIERE

PO­LAR. Pour Ra­ma­zan et ses co­pains, « c’est quand même sym­pa de lire ! ».

CLASSE.

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