Grève « illi­mi­tée » à la SNCF

Des re­ven­di­ca­tions ca­té­go­rielles à l’ori­gine du conflit

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Les né­go­cia­tions sur la nou­velle conven­tion col­lec­tive ap­pli­cable au sec­teur en vue de l’ou­ver­ture élar­gie à la concur­rence buttent sur le temps de tra­vail.

La si­tua­tion se com­plique en­core pour le gou­ver­ne­ment avec le conflit sur le temps de tra­vail des che­mi­nots et une nou­velle grève à la SNCF, cette fois illi­mi­tée, de­puis hier soir.

À dix jours de l’ou­ver­ture de l’eu­ro de foot­ball, dont la SNCF est trans­por­teur of­fi­ciel, le gou­ver­ne­ment a exer­cé des pres­sions ces der­niers jours pour que la SNCF cède à quelques re­ven­di­ca­tions syn­di­cales.

Mais l’ap­pel à la grève CGT­SUD­UNSA a été main­te­nu et seule­ment 40 % des Tran­si­liens, le tiers des In­ter­ci­tés et la moi­tié des TER cir­cu­le­ront au­jourd’hui, se­lon la SNCF. Les TGV ne se­ront pas épar­gnés, avec 60 % de trains pré­vus. Il s’agit de la hui­tième jour­née de grève de­puis dé­but mars au sein du groupe fer­ro­viaire.

Conven­tion col­lec­tive

En cause, les né­go­cia­tions so­ciales dans le rail, dont les bases ont été po­sées en fé­vrier par le gou­ver­ne­ment et qui sont en­trées dans leur phase fi­nale.

Elles visent à bâ­tir une conven­tion col­lec­tive unique au sec­teur (fret/voya­geurs, Sncf/pri­vé) en vue de l’ou­ver­ture élar­gie à la concur­rence à par­tir de 2020. L’UTP (qui re­groupe SNCF et en­tre­prises pri­vées) consi­dère dé­sor­mais la né­go­cia­tion ter­mi­née et a trans­mis aux syn­di­cats un pro­jet d’ac­cord, ou­vert à si­gna­ture jus­qu’au 8 juin.

Quant aux né­go­cia­tions avec la di­rec­tion de la SNCF, elles portent sur une ré­or­ga­ni­sa­tion du tra­vail plus flexible.

Valls « pré­oc­cu­pé »

Un nou­vel ac­cord sur le temps de tra­vail est « une né­ces­si­té », « j’ai sou­hai­té qu’on ac­cé­lère » les dis­cus­sions, a ex­pli­qué le se­cré­taire d’état aux Trans­ ports, Alain Vi­da­lies.

Lors de ces trac­ta­tions, le pré­sident de la SNCF, Guillaume Pe­py, « n’a pas me­na­cé de dé­mis­sion­ner », as­sure Alain Vi­da­lies et le Pre­mier mi­nistre s’est dit « pré­oc­cu­pé » par « l’ave­nir de la SNCF ».

Se­lon la CFDT, le gou­ver­ne­ment a vé­ri­ta­ble­ment « for­cé la main de l’en­tre­prise ». Très sa­tis­fait du « re­le­vé de dé­ci­sions », le syn­di­cat (qua­trième force) a le­vé son pré­avis.

L’unsa a main­te­nu son pré­avis. Le deuxième syn­di­cat, qui dit avoir re­çu plu­sieurs « lettres d’en­ga­ge­ment de la SNCF », s’est de nou­veau réuni.

La Cgt­che­mi­nots et SUD­RAIL ont été lais­sés à l’écart de ces né­go­cia­tions de der­nière mi­nute.

Le texte ar­ra­ché par le gou­ver­ne­ment à la SNCF pré­serve glo­ba­le­ment les règles ac­tuelles, no­tam­ment les re­pos heb­do­ma­daires des conduc­teurs. Il pré­voit aus­si la pos­si­bi­li­té, pour les seuls syn­di­cats si­gna­taires, de né­go­cier des ac­cords dé­ro­ga­toires lorsque les « condi­tions éco­no­miques lo­cales ou sec­to­rielles par­ti­cu­lières le jus­ti­fient ». ■

PHOTO AFP

CLAS­SIQUE. In­ci­dents, re­tards et grèves à ré­pé­ti­tion, de quoi las­ser les usa­gers du rail les plus en­dur­cis.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.