Cibles de choix pour les can­di­dats à la pri­maire

Les prin­ci­paux té­nors de la droite pro­fitent du congrès pour s’at­ti­rer les bonnes grâces de ces élus

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Les prin­ci­paux té­nors de la droite pro­fitent du congrès des maires de France à Pa­ris pour s’at­ti­rer les bonnes grâces de ces élus ap­pré­ciés des Fran­çais.

Alors que les édiles de France, toutes ten­dances confon­dues, s’in­quiètent de la baisse des do­ta­tions de l’état aux col­lec­ti­vi­tés, es­ti­mée par le pré­sident LR de l’as­so­cia­tion des maires de France (AMF) Fran­çois Ba­roin à 28 mil­liards d’eu­ros sur trois ans (2015­2017), Ni­co­las Sar­ko­zy a réuni hier à Pa­ris en­vi­ron 700 d’entre eux, ap­par­te­nant à sa fa­mille po­li­tique.

Mar­di, c’est Fran­çois Fillon qui s’était dé­pla­cé porte de Ver­sailles à la ren­contre des maires de droite, pour lui aus­si ten­ter de les ras­su­rer. Et hier dans la soi­rée, ce fut au tour d’alain Jup­pé de re­ce­voir ses col­lègues.

L’édile de Bor­deaux a d’ores et dé­jà an­non­cé qu’il vou­lait tra­vailler sur « un contrat d’en­ga­ge­ment entre l’état et les col­lec­ti­vi­tés », consis­tant à in­ci­ter les col­lec­ti­vi­tés à faire des éco­no­mies de fonc­tion­ne­ment en échange de la ga­ran­tie des do­ta­tions de l’état. Autre can­di­dat, Bru­no Le Maire or­ga­nise de son cô­té des réunions « apé­ro » avec des maires à son QG rue de Seine.

Leur but à tous : re­don­ner confiance à des élus dé­bous­so­lés par la baisse de leurs ren­trées d’ar­gent, mais aus­si de les ca­jo­ler, alors que l’un d’entre eux, Hu­bert Fal­co, maire de Tou­lon, a pré­ve­nu hier de­vant Ni­co­las Sar­ko­zy : « L’al­ter­nance vien­dra des ter­ri­toires. » Sur la ques­tion des fi­nances, « le sys­tème est hal­lu­ci­nant », a lan­cé aux maires le pré­sident du par­ti et fu­tur can­di­dat à la pri­maire. « Ima­gi­nez que ce soit nous qui fas­sions le quart de ce que font MM. Hol­lande et Valls. Ce se­rait la ré­vo­lu­tion ! »

« Je vais vous dire quelque chose qui va peut­être vous éton­ner : on peut même en­vi­sa­ger une telle ré­duc­tion de cré­dits mais à une condi­tion : c’est qu’on mette en face une ré­duc­tion des com­pé­tences et des charges », a ajou­té l’an­cien chef de l’état, alors que Fran­çois Ba­roin ve­nait d’af­fir­mer qu’« au­cun maire de France ne sou­haite as­su­rer l’im­po­pu­la­ri­té fis­cale », que pro­vo­que­rait toute aug­men­ta­tion d’im­pôts lo­caux des­ti­nés à com­pen­ser la baisse des do­ta­tions.

Droit pri­vé

Com­ment faire face à cette baisse, compte te­nu du fait que « na­tu­rel­le­ment, on va trou­ver une France où il n’y au­ra plus un cen­time ? » s’est de­man­dé Ni­co­las Sar­ko­zy, se pro­je­tant dans l’al­ter­nance qu’il sou­haite en 2017.

Se­lon lui, il faut « re­don­ner de la ma­tière fis­cale » aux col­lec­ti­vi­tés (no­tam­ment sur les ventes et lo­ca­tions de lo­ge­ments), leur « re­don­ner des marges de ma­noeuvres de ges­tion », leur « per­mettre de né­go­cier le temps de tra­vail » dans leurs ad­mi­nis­tra­tions.

Les col­lec­ti­vi­tés de­vraient éga­le­ment pou­voir « re­cru­ter sur des contrats de droit pri­vé, sur cinq ans par exemple, et se sé­pa­rer de col­la­bo­ra­teurs dont vous n’êtes pas sa­tis­faits », a­t­il ajou­té, sous les ap­plau­dis­se­ments. ■

PHO­TO AFP

AVER­TIS­SE­MENT. Hu­bert Fal­co (maire de Tou­lon) à Ni­co­las Sar­ko­zy : « L’al­ter­nance vien­dra des ter­ri­toires. »

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