Ben Har­per au na­tu­rel

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Pa­trice Cam­po pa­trice.cam­po@cen­tre­france.com

Ben Har­per vient de sor­tir « Call it what it is », l’al­bum des re­trou­vailles avec les In­no­cent Cri­mi­nals. Lo­giques et na­tu­relles, af­firme-t-il à l’heure de lan­cer une tour­née mon­diale qui le mè­ne­ra en France en oc­tobre et à Cler­mont-fer­rand le 12.

Du brut, sans fio­ri­tures. Clair et pré­cis, gui­tares en tête. L’al­bum « Call it what it is » marque le re­tour de Ben Har­per, deux ans après son der­nier opus, « Chid­hood home », réa­li­sé et chan­té avec sa mère El­len. Cette fois, l’au­teur­com­po­si­teur ca­li­for­nien re­trouve les In­no­cent Cri­mi­nals, avec qui il avait sor­ti deux al­bums, dé­jà. Le pré­cé­dent, « Li­fe­line », re­mon­tait à 2007. Une éter­ni­té ? Le pro­chain n’at­ten­dra pas neuf ans, as­sure­t­il. « De grandes voies sont rou­vertes. »

En at­ten­dant, « Call it what it is » ras­semble quelques textes lé­gers mais aus­si du lourd, du Ben Har­per dans le texte, à com­men­cer par le titre épo­nyme. Pour l’au­teur­com­po­si­teur ca­li­for­nien, tou­jours en­ga­gé po­li­ti­que­ment, ap­pe­ler un chat un chat c’est rap­pe­ler par exemple qu’« il y a les flics gen­tils et les flics mé­chants, faut ap­pe­ler les choses par leur nom, c’est du meurtre », en évo­quant les vic­times de vio­lences po­li­cières aux États­unis.

« Je ne pense pas que je pour­rais vivre dans l’amé­rique de Do­nald Trump »

Mais Ben Har­per, c’est aus­si et sur­tout le plai­sir de la scène, du live, de­bout ou as­sis, sur sa « slide ». La tour­née qui s’ouvre outre­at­lan­tique le mè­ne­ra au Ja­pon, en Aus­tra­lie et Nou­vel­leZé­lande pour fi­nir en dé­cembre, et entre­temps en Eu­rope, avec dix dates dans l’hexa­gone en oc­tobre, dont un re­tour à Cler­mont, le 12, au Zé­nith.

« Moi aus­si, je suis de Clare­ mont, Ca­li­for­nie », sou­rit­il en ou­ver­ture de cet en­tre­tien par té­lé­phone, de­puis sa chambre d’hô­tel pa­ri­sienne. Il au­ra pas­sé une pe­tite se­maine dans la ca­pi­tale pour le lan­ce­ment de son al­bum et de la tour­née.

Que res­sen­tez-vous en re­ve­nant à Pa­ris quelques mois après les at­taques ter­ro­ristes ?

« J’étais à Los Angeles quand c’est ar­ri­vé, mais je suis re­ve­nu de­puis. C’est dif­fi­cile à dire. C’est pa­reil et dif­fé­rent à la fois. On va re­jouer ici pour la pre­mière fois de­puis des an­nées. Ce se­ra spé­cial. Mais à Cler­mont aus­si ce se­ra in­té­res­sant. Je me souviens d’un très bon show lors de notre der­nier concert là­bas. »

Ce nou­vel al­bum réa­li­sé avec les In­no­cent Cri­mi­nals, c’était comme une évi­dence ?

« Ce­la fai­sait neuf ans... Faire un al­bum avec ma mère juste avant, c’était comme un si­gnal. Il fal­lait réunir la fa­mille à nou­veau. C’est une pro­gres­sion na­tu­relle, une li­gnée. »

Est-ce une sorte de re­tour aux sources ?

« Cet al­bum ren­voie à nos ra­cines, à ce qu’on a dé­jà fait mu­si­ca­le­ment mais il nous em­mè­ ne aus­si où nous ne sommes ja­mais al­lés. Pour moi, il sonne frais, nou­veau. »

Vous l’avez en­re­gis­tré sur un an, en quatre ses­sions ?

« Oui, c’était la pre­mière fois. Nous avons pro­duit l’al­bum en­semble et c’était bien de prendre nos dis­tances avec le stu­dio, prendre le temps d’être ob­jec­tifs et clairs avec ce qu’on était en train de faire. Nous avons ado­ré cette mé­thode de tra­vail. »

Qu’est-ce que les fans ver­ront sur cette tour­née ?

« Pen­dant que nous étions sé­pa­rés, nous avons tous joué avec d’autres ar­tistes, très dif­fé­rents, et pro­gres­sé. Sur scène, nous avons un im­mense plai­sir à être là, de re­tour. Et moi, bien sûr, j’au­rai ma “slide gui­tare” au moins la moi­tié du show. »

Et la re­prise de Prince, Purple Rain, que vous avez faite lors d’un ré­cent concert ?

« Non, c’était juste un hom­mage ce soir­là. Après sa dis­pa­ri­tion, j’avais le coeur bri­sé. Il était trop jeune, si brillant. »

Sur l’al­bum, vous abor­dez en­core des su­jets po­li­tiques ou de so­cié­té. Ce­la va de soi ?

« Il est im­por­tant pour moi d’être vrai. Je ne me mets pas de pres­sion en es­sayant de trai­ter un su­jet en par­ti­cu­lier. Je veux juste écrire des chan­sons les plus mar­quantes pos­sibles. C’est na­tu­rel. Et de­puis le temps, vous sa­vez que j’ai tou­jours été pré­sent sur ces ques­tions quand il fal­lait l’être. »

Évo­quer la po­li­tique, c’est aus­si le pro­chain duel qui s’an­nonce pour la pré­si­den­tielle amé­ri­caine entre Hilla­ry Clin­ton et Do­nald Trump. Qu’en pen­sez-vous ?

« Ça va être étrange. Dans la vie po­li­tique fran­çaise, vous avez aus­si connu ça, dé­jà, quel­qu’un qui me­na­çait de ren­voyer le pays cent ans en ar­rière. Cette élec­tion amé­ri­caine se­ra très dif­fé­rente de toutes celles que j’ai connues. Pour le ( Trump, ndlr) stop­per, il fau­dra élire une pre­mière femme. C’est énorme. Dans 500 ans, nous re­gar­de­rons ça comme une sorte de tra­gé­die grecque. »

Avez-vous tou­jours confiance en votre pays ?

« C’est une ques­tion in­té­res­sante. Il ne s’agit pas de sa­voir si on se sent pris au piège. Mais de dé­fi­nir ce qui est im­por­tant pour soi, ce qu’on peut faire pour ar­ran­ger les choses entre les uns et les autres plu­tôt que s’en al­ler. C’est une équa­tion dif­fi­cile. Je ne pense pas, hon­

PHO­TO DA­NY CLINCH

LI­GNÉE. Ben Har­per re­trouve les In­no­cent Cri­mi­nals : « Il fal­lait réunir la fa­mille à nou­veau ».

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