La han­tise de la re­dou­tée panne sèche

La Montagne (Brive) - - Médias - Mi­chel Fillière mi­chel.filliere@cen­tre­france.com

Où trou­ver du car­bu­rant ? Un jeu de piste pour les au­to­mo­bi­listes faute d’ap­pro­vi­sion­ne­ment des sta­tions-ser­vices. Nos lec­teurs té­moignent. Et si la si­tua­tion s’amé­liore à la pompe, ils s’at­tendent à une hausse des prix.

Voeu de Jacques Chi­rac aux Fran­çais en 2006 : « Nous de­vons ap­prendre à nous pas­ser pro­gres­si­ve­ment du pé­trole. » Dix ans plus tard, c’est la han­tise de la panne sèche qui ali­mente les conver­sa­tions. Ré­ser­voirs à moi­tié pleins plu­tôt qu’à moi­tié vides. Queues dans les sta­tions­ser­vice. Nos lec­teurs ouvrent le ro­bi­net des idées.

Le blo­cage des raf­fi­ne­ries au coeur de la mo­bi­li­sa­tion contre le pro­jet de la loi Tra­vail a en­traî­né des pé­nu­ries dans cer­taines ré­gions. Louis nous rap­pelle qu’« en oc­tobre 2010, un phé­no­mène com­pa­rable de contes­ta­tion contre le pro­jet de ré­forme des

re­traites por­té par Éric Woerth mi­nistre du Tra­vail de Ni­co­las Sar­ko­zy, avait en­gen­dré des blo­cages beau­coup plus durs. »

Jacques dit que cette fois « la France n’a pas man­qué d’es­sence ni de ga­zole. C’est la ruée sur les sta­tions­ser­vice qui a en­traî­né la pé­nu­rie. » Paul (de Davayat) n’est pas d’ac­cord : « Ce sont les syn­di­cats qui bloquent dé­pôts et raf­fi­ne­ries. Les usa­gers ne de­mandent qu’à pou­voir tra­vailler. » Un autre Paul (de Cha­ma­lières) confirme : « C’est la CGT qui bloque les dé­pôts, pas les au­to­mo­bi­listes qui su­bissent la pé­nu­rie et sont même trop pa­tients. “Ar­rê­tez d’em… les Fran­çais” di­sait Pom­pi­dou. C’est tou­jours d’ac­tua­li­té. »

Ha­bi­tuel­le­ment les Fran­çais achètent 800.000 tonnes de car­bu­rant chaque se­maine (dont 80 % de ga­zole), avant le week­end der­nier, on en était quand même à 2,4 mil­lions avec dans cer­tains sec­teurs des aug­men­ta­tions de 500 % se­lon Alain Vi­da­lies, le se­cré­taire d’état aux Tran­sports. Qui monte au front alors que c’est si­lence ra­dio du cô­té de Sé­go­lène Royal, mi­nistre (entre autres) de l’éner­gie…

« Je ne crois pas que la France tom­be­ra en panne sèche », pense Lau­rence, es­ti­mant « que le gou­ver­ne­ment de­vrait faire preuve de fer­me­té et en cas de be­soin de­vrait al­ler jus­ qu’à des ré­qui­si­tions des raf­fi­ne­ries. » Et puis « la France, qui a des ré­serves stra­té­giques gé­rées par l’état d’un to­tal de 115 jours de stock, peut faire face aux dif­fi­cul­tés d’ap­pro­vi­sion­ne­ments », di­telle avec cer­ti­tude.

Pour Syl­vie, la pé­nu­rie ne s’ex­plique pas par le manque de pro­duits mais par les dif­fi­cul­tés de trans­port. Pour elle, cal­cu­lette en mains, « avec la psy­chose de la pé­nu­rie, on en pro­fite pour aug­men­ter les prix. » Sauf que le prix du car­bu­rant n’est pas ré­gle­men­té, et que les pom­pistes sont libres de le fixer. « Pra­tique pas illé­gale mais ir­res­pon­sable. Mais que fait l’état qui peut dé­ci­der de les pla­fon­ner ? », ques­tionne notre lec­trice.

Sans doute ne veut­il pas su­bir un autre coup de pompe. En se sou­ve­nant de Ch­ris­tine La­garde, mi­nisre de l’in­dus­trie de Fillon, qui a rem­por­té le Prix de l’hu­mour po­li­tique 2008 avec son cé­lèbre « Pour faire face à la hausse du prix du pé­trole, je conseille aux Fran­çais de faire du vé­lo. »

Et aus­si de cette maxime ori­gi­nale de Jo­sé Ar­thur : « Un pays, où le litre d’es­sence est de­ve­nu plus cher que le litre de rouge, est en dan­ger. » ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.